* Récent
Lettres circulaires
Autres textes
Homélies
Méditation Missionnaire
Janvier 2008


Méditation Missionnaire - Janvier 2008

Les O.M.I. - Quelle contribution ?

Alors que je visitais une Province oblate, il y a deux mois, on m’a demandé de préparer une causerie pour le public. Le thème m’était fourni : « La contribution des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée à l’Eglise. » Un sujet bien passionnant ! Je suis évidemment fier des Oblats ; vous pouvez donc imaginer que j’ai parlé, de la façon la plus vivante possible, de nos débuts en France, en Irlande et en Grande Bretagne, en continuant par notre travail en Amérique du Nord, en Afrique, en Asie et en Amérique latine, travail qui souvent comportait la fondation même de l’Eglise locale. J’ai mentionné également notre contribution à la science en missiologie, ethnologie et dans le dialogue interreligieux. J’ai signalé que nous étions des prêtres et des Frères et que nous avions des Associés laïcs, et qu’existent aussi diverses Congrégations liées à St. Eugène. Je n’ai pas oublié non plus d’honorer au passage les nombreux Oblats qui ont versé leur sang dans la poursuite de la mission reçue de Dieu. Dans la conclusion je disais que vraiment nous les Oblats, nous avons contribué à la vie de l’Eglise et au Royaume de Dieu et que nous poursuivons dans ce même effort !

Cependant, avec du recul, ma causerie sur notre contribution m’a fait réfléchir. Avais-je répondu correctement ? Etant fier des Oblats, n’ai-je pas été trop fier ? Je ferais bien d’examiner ma conscience !

Je ne pense pas à nos nombreux échecs qui existent également. Mon doute porte plutôt sur ce que nous pouvons considérer comme vraiment nôtre dans ces réalisations. Je m’interroge : s’il est vrai que nous sommes les collaborateurs de Dieu, comment est-il possible de faire une distinction entre notre contribution et l’œuvre de Dieu ?

Une telle réflexion semble bien à sa place, précisément en ce moment où nous venons de terminer une année et nous nous apprêtons à en commencer une nouvelle. Nous nous demandons qu’est-ce qui en 2007 a été significatif ? Quelle nouvelle page de l’histoire allons- nous écrire dans la nouvelle année, quelle sera notre contribution ?

Depuis la dernière réforme liturgique, le premier janvier nous célébrons la fête de la Maternité de Marie. Et si, pour résoudre nos doutes, nous demandions à Marie comment elle comprend notre contribution personnelle, ou la contribution des Oblats, à la Mission de l’Eglise ? Si nous le faisions, la première chose que nous apprendrions ce serait à voir les choses dans leur vraie perspective. Nous ne pouvons même pas essayer de comparer notre contribution à ce qu’Elle a donné au monde ! Et deuxièmement, pouvons-nous même imaginer qu’elle se vanterait de quoique ce soit : du nombre de pèlerins qui année après année viennent dans les sanctuaires mariaux, ou bien de la vénération qu’elle reçoit des gens étranger à l’Eglise ou de la part de croyants d’autres religions? Et pour ce qui est des contributions humaines, nous apprendrions d’elle la vérité de l’attitude exprimée dans le Magnificat : « Le Seigneur a fait en moi de grandes choses, saint est son nom ! »

Marie nous aide à mettre les choses en perspective et à comprendre comment se passe toute collaboration humaine avec l’œuvre de Dieu; il en va toujours comme de sa maternité, tout est le résultat de la présence de l’Esprit Saint, avec en plus notre réponse plus ou moins généreuse à sa grâce. La contribution personnelle de Marie n’était rien de plus qu’un « oui » à la grâce de Dieu, à vrai dire, un « oui » très profond, vécu à travers toute son existence

A la fin, ce qui compte ce n’est pas tant de savoir si, comme Oblats, nous avons joué les premiers rôles ici ou là ; l’important c’est de voir si nous avons répondu aux injonctions de l’Esprit, chacun en son propre temps et tous ensemble dans l’histoire, comme Marie l’a fait au début.