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Ministère d’été d’un scolastique
Mexique

Le Frère Jason ROSSIGNOL commence sa deuxième année comme scolastique, à San Antonio, Texas, USA. Il a passé l’été à apprendre et à pratiquer l’espagnol dans l’Etat d’Oaxaca au Mexique. Il a envoyé régulièrement des nouvelles à ses formateurs, comme par exemple, cette lettre du 2 août.

Je viens de terminer mon temps de mission à Petatengo; ce fut une mission difficile, mais pas sans satisfactions. Il y a beaucoup de blessures dans le village à la suite de l’arrivée, il y a pas mal d’années, d’un groupe de Pentecôtistes évangéliques, qui a converti une partie de la population et a causé ainsi des divisions dans beaucoup de familles. Puis, quelques années plus tard, le groupe a vécu un schisme, avec de nouvelles difficultés pour les gens. Inutile de dire, beaucoup étaient désabusés en venant à l’église. Nous avons beaucoup invoqué Joseph Gérard! Et petit à petit, j’ai commencé à discuter avec les membres «exclus» du village. Nous avons beaucoup parlé de l’attitude aimante du Seigneur envers ses enfants bienaimés, et je pouvais à peine le croire, mais une maman célibataire (non baptisée) s’est sentie appelée à se convertir. Elle sera baptisée en octobre, quand la saison des pluies se termine. Ma première fille spirituelle!

J’ai aussi passé beaucoup de temps avec les fermiers; je les visitais dans leurs champs (beaucoup se trouvaient à une bonne heure à pied) et ils étaient reconnaissants que quelqu’un vienne leur rendre visite. Je dois dire que jusqu’alors, je me sentais un peu perdu par rapport à mes capacités, mais l’un des hommes, Felix, m’a donné du courage: «Frère, il est bon que tu sois ici; personne n’est jamais venu auparavant dans nos champs pour bénir notre travail. Je sais que tu es ennuyé avec ton espagnol, mais, rappelle-toi que beaucoup d’entre nous n’arrivons pas même à lire suffisamment pour écrire nos noms… patience, nous sommes heureux que tu sois ici»

J’ai aussi fait quelques sorties à la Sierra Alta pour rencontrer les communautés qui y vivent. Cela signifie de quatre à six heures de marche, à travers l’épaisse forêt tropicale; les véhicules n’y vont pas et les voies d’accès ne sont pas utilisables pendant la saison des pluies. Ce furent de longues journées, mais j’étais toujours encouragé, au moment d’arriver, par la générosité des gens. J’ai toujours été invité par la première famille que je rencontrais; ils m’offraient à manger et à me loger. Ceci me donne à réfléchir; ici j’étais parmi eux, un étranger fatigué, et non seulement ils m’ont invité chez eux, mais ils ont étalé devant moi toute la nourriture qu’ils avaient (tout ce qu’ils avaient afin que je puisse bien manger) et combien d’entre eux se sont-ils retrouvés dans des situations semblables aux Etats Unis et sont traités comme des déchets. D’y penser, cela me brise le cœur.

Aussi difficile que fut la mission, le dernier jour, tout le monde est venu à l’église! L’église était bondée et des gens se sont amassés dehors près des fenêtres et des portes! J’étais ému aux larmes!

Ensuite, j’ai eu quelques jours de repose avec la communauté à Huamelula. Le temps en communauté est un confort précieux ici au sud et nous avons apprécié d’avoir un moment que nous pouvions organiser à notre guise. Ariel MARTINEZ sait encourager tout le monde et a le cœur joyeux! Les deux Oblats polonais, Martin LACKI et Tomas SZAFRANSKI, sont bien et leur espagnol est étonnant… J’ai eu beaucoup de plaisir à parler espagnol avec des Polonais.

Cette expérience missionnaire m’a enseigné que le ministère ne va pas toujours selon ce qui est prévu (de fait mes expériences disent que rarement il le fait) mais Dieu est toujours secrètement à l’œuvre, en dépit de mes propres faiblesses et limites (de fait, bien des fois, il s’en est même servi!) La clé de tout ceci est, en définitive, la prière! J’ai prêché tous les jours aux services de communion et j’ai passé beaucoup de temps en préparation. J’ai donc passé beaucoup de temps avec les Evangiles du jour et ces rencontres, dans une autre langue, dans un autre cadre culturel ont approfondi ma compréhension de ces textes et ma foi en leurs possibilités régénératrices. Le Seigneur est définitivement au travail ici!