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Vivre près de violence
Kenya

Le P. Alfred GROLEAU donne une mise à jour sur la mission oblate du Kenya.

Comme je suis en mesure de suivre les nouvelles internationales depuis que nous avons installé une antenne à Meru, le mois dernier, je vois moins de mention au sujet de la famine en Somalie, qui fait rage dans les camps de réfugiés kenyans. Même si la chaleur de l’été est passée, cette situation tragique demeure. L’enlèvement de deux ‘médecins sans frontières’ ce mois-ci a reçu beaucoup d’attention. Ce n’est pas un évènement isolé puisqu’il a été précédé par un crime analogue dans la région de Lamu, sur la côte du Kenya. Cet enlèvement a été expliqué, semble-t-il, par le détournement des pirates somaliens vers des objectifs plus faciles depuis que leur trafic sur les eaux est devenu plus périlleux.

Ces évènements, en plus des atrocités horribles commises à Mogadishu, ont mené à l’invasion de troupes kenyanes à l’intérieur du Soudan. Hier, le président du gouvernement de transition en Somalie niait que l’assistance du Kenya était requise. Il y a de la confusion au sujet de ce qui était arrivé. Mais le fait est que les forces armées du Kenya ont envahi le territoire, se réclamant de quelques victoires, et les forces armées défendent leur droit à être là à la lumière de tous les troubles qui débordent au travers de leurs frontières.

L’invasion a été une cause d’insécurité à Nairobi avec l’occurrence répétée de grenades manuelles jetées au milieu des foules de gens. Les réfugiés somaliens au Kenya sont nombreux et ils sont, bien sûr, les premiers agents suspectés de ces actes terroristes.

Je vis à présent à une bonne distance loin de ces évènements. Le camp notoire des réfugiés est situé à la frontière nord-est du pays. Ma demeure actuelle à Meru est dans la partie nord et centrale du pays. Je suis maintenant à 120 kilomètres de Nairobi, ce qui représente un parcours de quatre heures

Pendant que je vis dans un refuge paisible à l’intérieur de l’ensemble de trois acres de la Maison oblate de Formation de Meru, il y a de l’agitation pas loin de nous. Le désert commence juste au nord du Mont Kenya, à la distance d’une demi-heure de route. J’ai été informé cette semaine de l’agitation dans cette région, lorsque j’ai roulé durant quelque quarante minutes directement au nord de Meru vers Isiolo, pour aller visiter Normand Péladeau et Sheila Sullivan. Ce couple d’Associés oblats ont offert leurs services aux Oblats entre 2006 et 2010. Normand en tant qu’entrepreneur en construction et Sheila comme enseignante dans nos programmes de formation.

Après son retour au Canada, Normand est revenu au Kenya pour aider dans la construction d’un hôpital. Il a été de retour depuis un an complet et son engagement a compris la supervision de la construction d’une clinique à Merti, une petite ville plus au nord et au fond du désert et de la chaleur. Sheila l’a rejoint à Isiolo durant le mois courant et maintenant ils vont rentrer au Canada au début de novembre.

Ils m’ont parlé des tueries qui ont affecté une demi-douzaine d’hommes ici et là. La région est sous haute surveillance, compte tenu de la mobilisation des troupes qui peut être fournie en raison de l’investissement de l’armée au Soudan. L’ordre du jour ici ne semble pas être relié à l’affaire somalienne. Des ambitions politiques seraient plutôt la cause du maquignonnage des populations nomades cherchant à gagner des votes dans l’élection de 2012. Normand poursuit son travail mais il doit se tenir sur ses gardes.

Une observation intéressante durant ma visite: la queue en ligne pour la distribution de nourriture à Isiolo par une organisation européenne sans but lucratif qui aidait 400 personnes une journée et un autre 350 le jour suivant (un projet de 50,000 KES, me dit-on, ou $ 5,000canadiens). C’est là un signe qu’un certain effort a été fait pour remédier à la famine.

Tandis que des poches de violence ne sont pas loin de nous, la Maison oblate de Formation mène une vie quasi-monastique, nos soucis sont surtout agraires, préoccupés que nous sommes de domestiquer des chèvres turbulentes tout en prenant soin des moutons, la nouvelle litière de porcs, quelques vaches, les poules et le shamba (jardin). Le nombre de nos postulants est revenu à quatre depuis qu’un nouveau membre s’est joint à nous. (www.omilacombe.ca)