Le P. Roberto DURETTE a travaillé de nombreuses années dans la radio, sur
les hauts plateaux de Bolivie. Dans ses vœux de Nouvel An à ses amis, il les
tient au courant de sa situation:
Pour ce qui est
de ma vie, je passe toujours une bonne partie de mon temps dans les hauts
plateaux (4.000 mètres) dans les célèbres mines d’étain. De temps en temps je
me rends à Cochabamba pour recharger les batteries, c'est-à-dire, pour respirer
un peu plus d’oxygène et donner un peu de repos à mon cœur raccommodé.
Cochabamba est à 2500m, le climat y est
excellent et le soleil abondant.
Je suis toujours engagé à la radio Pio XII que
les Oblats ont fondée, il y a bien des années, en 1959 (53 ans déjà!). Nous
avons commencé à mettre en réseau la radio que nous avons à Siglo XX (mines
d’étain) avec celle de Cochabamba et d’Oruro, un réseau connu comme le Réseau
Pio XII. Nous travaillons sur une nouvelle expérience. Nous avons installé une
petite station FM en deux villages indiens de notre région (l’une des plus
pauvres du pays) qui vont servir à développer la participation et le contrôle
social du développement de leurs municipalités.
Nous faisons aussi partie d’un réseau national
appelé ERBOL, que Radio Pie XII a aidé à fonder en 1967. Ce réseau rassemble
plus de 100 stations à travers la Bolivie et nous produisons chaque jour des
bulletins de nouvelles, des programmes culturels en espagnol, quechua, aymara
et guarani. Cette dernière langue est la langue parlée par la majorité des
peuples indigènes de Bolivie. Radio Pio XII a été pionnière dans la lutte pour
de meilleures conditions de vie pour les mineurs d’étain et la promotion des
droits humains des peuples indigènes. Et pour cela, dans le passé, cette
station a subi plusieurs interventions militaires et des fermetures.
Comme vous le savez probablement, la Bolivie
est le premier pays en Amérique latine à avoir élu un indigène comme président.
Pour la première fois en cinq cents ans, on peut voir des indigènes entrer et
sortir du palais présidentiel à La Paz. C’est très symbolique et prometteur.
Une nouvelle constitution a été approuvée; elle reconnaît pour la
première fois les droits des populations indigènes. La Bolivie est à 60%
indigène, mais elle a été gouvernée par la minorité blanche depuis son
indépendance en 1825. Cette même minorité résiste aux changements. Comme pour
chaque processus politique, il y a des hauts et des bas. Mais, tout compte
fait, la Bolivie est en marche vers une société plus juste. Et les gens disent
que notre contribution (de la Radio Pio XII) a été petite mais très importante,
dans ce processus politique. (Gus’ News Notes,
janvier 2012)