Extraits de cette conférence du Supérieur général, le
16 novembre 2011
Première Partie
Je suis très heureux d’être parmi vous au
Congrès OMI Lacombe Canada. Merci, Père John Malazdrewich, Provincial, et Madame Sandy Prather, Présidente
de l’Assemblée, de m’avoir invité. Je
viens dans une Province qui a comme origine plusieurs Provinces oblates
antérieures, dont chacune a contribué de façon significative à l’histoire et au
développement du Canada, à travers plus de 150 ans d’activité missionnaire
intense. C’est
un grand honneur pour moi d’être ici avec vous, je vous suis très reconnaissant
pour cette occasion que vous m’offrez.
On m’a demandé de parler sur le sens de la mission oblate et l’appel à la
conversion dans
le contexte de votre thème: Attiser la Flamme; Discerner de
nouvelles Orientations pour le Ministère. Je crois que nous grandissons
tous dans la compréhension et la participation à ce que l’Esprit demande de
nous dans cet Appel à la Conversion de notre dernier Chapitre.
J’aimerais parler de l’Appel à la Conversion comme du processus dynamique par
lequel nous participons à la mission de Dieu et qui rend possible le
discernement de la façon dont la Province OMI Lacombe va y participer, en tant
que communauté de gens consacrés et d’Associé/es dans la mission de Dieu.
Je comprends l’Appel à la Conversion, lancé par le Chapitre Général de 2010,
comme rien de moins que l’appel à embrasser l’Évangile lui-même et à devenir la
nouvelle création (2 Cor. 5 :17) que nous avons été appelés à être. Nous voyons
comment l’Évangile de Marc commence immédiatement avec Jean le Baptiste
prêchant le changement du cœur et puis Jésus lui-même nous appelant à nous
repentir et à croire à la Bonne Nouvelle (Marc 1 : 1-15). Le 35e Chapitre général nous a invités à
accepter la même invitation de l’Évangile à nous repentir, à ouvrir largement
les portes de nos vies pour recevoir la Bonne Nouvelle, Jésus Christ, à nous
recevoir les uns les autres et les pauvres et les marginaux. Cet appel est
prophétique (Mt. 16, 21-23) et nous réalisons qu’il peut nous mener là où nous
ne voudrions pas aller (Jn.21,15-19). Ce peut être l’appel de quitter un
domaine de péché pour nous ouvrir plus largement à la grâce. Cet Appel à la
Conversion peut aussi être l’appel de quitter une vie bonne pour une vie
sainte. En quelque sorte, nous sommes tous interpelés par l’Appel à la
Conversion. Si nous osons répondre à cet Appel et à l’Évangile lui-même que
Saint Eugène et le Chapitre nous demandent, notre participation à la mission de
Dieu sera puissante et nos vies seront vraiment au service de l’Évangile, de l’Eglise
et des pauvres.
Comment
l’Appel à la Conversion fait-il vraiment partie de nos vies au service de la
mission de Dieu? Il semble qu’il y ait un quadruple mouvement par lequel nous
allons de plus en plus profondément dans le mystère de la grâce. Ces quatre
mouvements sont (I) Se repentir, (II) Rencontrer Jésus, (III) Décider, et (IV)
passer les frontières.
I. En tout premier lieu, la conversion
implique le repentir. La Conversion, cette grâce de Dieu, nous amène à reconnaître là où nous
sommes paralysés par la faiblesse et le péché et qui nous stimule à désirer d’être
changés et renouvelés. La repentance nous amène à grandir en cette liberté
nécessaire pour suivre Jésus et vivre l’Évangile. Nous devons regarder
sérieusement notre façon de vivre et notre ministère, à la lumière de l’Évangile,
de nos CC& RR, et plus récemment, à l’Appel à la Conversion de notre
Chapitre général, dans les diverses dimensions de nos vies: mission, vie
communautaire, formation continue, leadership et utilisation des finances… Dans
ces domaines nous trouvons tant de points qui demandent à grandir, changements
et repentance.
Je mentionnerai trois domaines particuliers qu’il nous faut considérer comme
domaines de repentance: premièrement, nous avons besoin de liberté intérieure pour accomplir la volonté de Dieu; en second
lieu nous devons vivre seulement pour
Dieu; troisièmement nous sommes appelés à créer, nourrir et approfondir la communion entre nous.
A. LA LIBERTÉ
Nous sommes ensemble
en tant que missionnaires pour parler de la mission de Dieu et de notre place
dans cette mission. Pour moi, la question est : sommes-nous ou ne sommes-nous
pas libres pour la mission de Dieu. Un théologien, au Brésil, réfléchissait un jour,
avec des personnes en formation, sur le vœu d’obéissance et la liberté. Il
disait que nous sommes capables de faire la volonté de Dieu, seulement quand
nous sommes intérieurement libres. Seule une personne libre peut être
pleinement obéissante. Les religieux qui manquent de liberté intérieure ne
peuvent pas être obéissantes parce que leur obéissance n’est que pure
conformité à des directives.
Dans son enseignement, Jésus vise à une liberté intérieure radicale. Il
enseigne qu’il nous faut perdre notre vie pour la sauver. Puis-je laisser aller
ma vie? Il nous a dit que si nous sommes forcés de marcher un kilomètre,
librement faisons-en davantage: deux par exemple! Si l’on nous
frappe sur une joue, nous devrions présenter l’autre. Si l’on nous prend le
manteau, nous devrions généreusement laisser aussi notre, la veste, le gilet,
etc. La liberté radicale de Jésus est exprimée le plus fortement quand il
dit: «Le Père m’aime pour cela: parce que je me dessaisi de
ma vie, pour la reprendre. Personne ne me l’enlève; je la donne
librement» (Jean 10,17-18). Rappelez-vous le geste de l’évêque dans ‘Les
Misérables’ quand la police lui amène l’homme qui a volé les chandeliers.
Nous nous sommes rassemblés comme Province, afin de discerner comment
participer le mieux possible à la mission de Dieu. C’est essentiel que nous
marchions sur la route de la liberté afin d’être capables d’entrer dans cette
conversation. Nous voici rassemblés comme communauté apostolique, et nous
demandons à l’Esprit Saint comment être au service de la mission de Dieu. Voilà
comment rechercher la volonté de Dieu: prier, écouter la Parole de Dieu,
les uns chez les autres, dans les Ecritures, dans l’Eglise et les pauvres, et
décider enfin; tout cela demande une grande liberté intérieure, l’intégrité
et l’honnêteté avec soi-même et avec les autres.
Je crois que nous avons ici un domaine de repentance que nous devons
considérer. Notre manque de liberté intérieure et surtout si nous n’en sommes
pas conscients, peut amoindrir sérieusement notre discernement. Nous sommes
appelés à convertir notre individualisme en communion entre Oblats qui
cherchent la Volonté de Dieu. Venir ensemble et demander à Dieu: “ quelles
devraient être nos priorités?” discerner en toute liberté comment nous devrions
répondre à l’invitation de Dieu à la mission, c’est une grâce redoutable de l’Esprit.
Vous avez bien fait de choisir de faire ainsi.
Questions:
- Dans quelle mesure suis-je? sommes-nous libres?
- Suis-je venu avec mes plans, mes attachements, et mes a priori non négociables?
- Suis-je libre pour écouter la voix de Dieu, parlant de différentes manières?
- Suis-je capable de communion, dans le respect, l’écoute et l’acceptation de l’autre?
Certainement nous arrivons avec passion et convictions sur où et comment nous,
les Oblats devrions servir les pauvres aujourd’hui. C’est important d’échanger
nos convictions et nos passions avec le groupe, comme moment du discernement.
Il y a des différences entre le partage ouvert et franc de nos convictions et
passions et l’insistance têtue pour faire passer notre opinion.
La liberté de l’Évangile est nécessaire pour participer au discernement, avec
confiance et ouverture et quand une décision est prise, pour abandonner ma vie
et me rendre disponible à ce qui a été décidé.
À suivre...