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Confesseur confident
France

Missionnaire Oblat de Marie Immaculée au Tchad pendant 45 ans, le père Joseph SERGENT, est devenu un «écoutant» à Fourvière (Diocèse de Lyon).

Après tant d’années, il a compris qu’il était temps de laisser la place aux Africains. Au séminaire, le père Joseph avait appris la théologie; en Afrique, il a appris l’Évangile! «Lorsqu’on parle une langue locale on est obligé d’arriver à l’essentiel, et cela, on le trouve dans l’Évangile.»

Revenu en France, il s’installe à la maison des Oblats de Sainte-Foy. Pas toujours facile de trouver sa place lorsque l’on revient d’Afrique.

Un de ses confrères le dirige vers Fourvière où il découvre un monde nouveau. Il s’étonne du passage de tant de personnes, beaucoup de touristes, mais aussi ceux qui viennent pour prier et pour rencontrer un prêtre!

Et à Fourvière ils sont sûrs d’en trouver un qui va les écouter! Comme lui a dit une personne: «Pour une fois, le prêtre est obligé d’écouter avant de commencer à parler!»

Les cas sont très différents: des personnes en instance de divorce et qui se retrouvent dans la solitude; d’autres en recherche de Dieu dans leur vie; d’autres qui n’arrivent pas à pardonner...

Il en rencontre aussi qui commencent par dire: «Je ne me suis jamais confessé, je ne sais pas ce qu’il faut dire!» Le père Joseph répond: «Dites-moi qui vous aimez et qui vous n’aimez pas». «À partir de cela on peut aider la personne à réfléchir sur sa vie», confie-t-il.

Les écoutants sont obligés de s’adapter à chacun. À celui qui reconnaît être irascible on peut dire: «Demain, souriez à toutes les personnes rencontrées»; à un autre il recommande: «Dites à votre femme que vous l’aimez!»; et à un autre muré dans sa solitude il conseille: «Voyez les personnes autour de vous».

Il a parfois affaire à des personnes qui veulent raconter toute leur vie. Donc, au bout d’un moment, il faut couper! «Mais je n’ai pas fini!» «De toute façon Dieu connaît la suite, le principal c’est de se reconnaître pécheur devant Dieu et de lui demander son aide.»

Beaucoup ne connaissent pas encore le Dieu de Jésus Christ, ce Dieu plein de tendresse et de miséricorde.

«La parabole de l’enfant prodigue permet de découvrir un autre visage de Dieu, ce Dieu qui est d’abord un Père. Lorsque le fils veut demander pardon, le père l’arrête et dit: ‘Viens, on va faire la fête!’Plusieurs fois j’ai eu la réponse: Je n’avais jamais pensé à cela!» Voilà ce que le père Joseph Sergent a découvert à Fourvière, et ce n’est encore que le début! (La Rédaction de Église à Lyon, février 2012).