Extraits
d’une interview du P. Patrick MATSAU avec l’éditeur du Bulletin Aide à la Promotion Missionnaire (APM).
APM: Les Missionnaires
sont habitués à vivre avec des conditions défavorables et à travailler en des
lieux isolés et éloignés… comme le sont certains endroits au Canada. Un Oblat,
originaire du Lesotho, le P. Patrick Maboee Matsau est curé de Moosonee, sur la
Baie James, du côté Ontario. Un ministère ‘exotique’ dans lequel il s’enracine
peu à peu, afin d’annoncer la Parole.
APM: Tout d’abord, Père
Patrick, quels chemins vous ont donc conduit du Lesotho en Ontario…?
Patrick:
Je terminais ma théologie, à Rome, quand j’ai entendu que la Province de
Notre-Dame-du-Cap avait demandé des missionnaires, pour travailler auprès des Premières
Nations. J’ai donc commencé à envisager cette possibilité et quand je suis
revenu chez-moi, je me suis porté volontaire pour cette mission, avec l’un de
mes collègues.
APM: Et… le
froid?
Patrick:
Ce n’est pas aussi terrible que nous l’avions pensé, tout d’abord. Au Lesotho,
il peut aussi faire très froid, en hiver.
Ainsi un climat froid n’est pas, pour nous, une expérience toute nouvelle.
APM: L’adaptation
est-elle difficile pour vous?
Patrick:
Oui c’est difficile, et pour plusieurs raisons. L’environnement est tout
différent de ce que j’aurais pu m’imaginer. Mais en général, je pense que nous
nous sommes bien adaptés à ces nouvelles conditions.
APM: La communauté
catholique locale est-elle très vivante?
Patrick:
Selon ce que l’on m’a dit, le nombre des fidèles diminue ici, comme ailleurs ;
mais ceux qui viennent, sont vraiment convaincus. Le gros enjeu c’est comment
attirer les jeunes. Quelques uns s’adonnent à la drogue – et l’une des tristes
conséquences en est l’augmentation des suicides. Dans notre paroisse, nous
avons établi un comité qui se préoccupe spécialement de la jeunesse et cherche
comment établir un lien avec eux.
APM: Votre mission consiste
donc en partie, à construire la communauté ?
Patrick:
Oui c’est vrai! Nous essayons de construire une communauté chrétienne vivante.
APM: Quels éléments de
votre formation antérieure sont les plus utiles pour vous?
Patrick:
Tout est utile, en particulier, quand on se trouve dans un monde si différent. Le
message de l’Evangile est universel et notre première obligation est de le vivre,
nous-mêmes. Ensuite, les chrétiens ici, comme les autres peuples sur la planète,
vivent des transformations radicales. Beaucoup d’entre eux trouvent un réel réconfort
dans les orientations que donne la foi. Enfin, j’ai pris conscience que
beaucoup ici comprennent que nous avons quelque chose de précieux à partager
avec eux. Ainsi, avec patience et persévérance, les choses se mettent
progressivement en place. (Maoblata - April 2012)