Le second Concile du Vatican a porté davantage
sur les changements dans le monde que sur les changements dans l’Eglise, telle
est l’opinion du Cardinal Francis GEORGE.
“Ce fut un Concile missionnaire», au dire du Cardinal de Chicago – un Missionnaire oblat – qui s’adressait à plus
de 100 Directeurs et membres des Bureaux des Sociétés missionnaires
pontificales, réunies pour leur assemblée annuelle, à Miami, Floride, du 17 au
19 avril.
La rencontre avait pour orateurs de marque, en
plus du Cardinal George, qui assure la liaison entre les évêques et les
Sociétés missionnaires, le P. Ron ROLHEISER, auteur réputé et Président de l’Ecole
Oblate de Théologie à San Antonio, au Texas,Mark Shea, bloggeur, membre du
mouvement «Catholique et heureux de l’être», Mgr. Bejoy D’CRUZE,
missionnaire oblat, évêque de Sylhet, au Bangladesh. Mgr. l’Archevêque Thomas
Wensi de Miami a célébré la Messe d’ouverture. Le P. Andrew SMALL, Oblat,
Directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires, aux Etats Unis, s’est
aussi adressé aux participants, pendant la rencontre.
Dans sa conférence, le Cardinal George a abordé
plusieurs sujets missionnaires: l’évangélisation, la nouvelle
évangélisation et le sécularisme. Il a cité la définition de l’Eglise qui se
trouve dans le premier paragraphe de Lumen Gentium, un document du Concile:
«le sacrement de l’unité de l’espèce humaine.»
Card. Francis GEORGE et P. Ron ROLHEISER
Il a dit qu’après les expériences de la montée
des nationalismes, du fascisme, du nazisme et du communisme, le Pape Jean XXIII
«n’avait aucune illusion sur ce monde, comme lieu des libertés.» De
fait il a su que «le monde moderne est une place terrible» et il a vu le
rôle de l’Eglise comme un rappel de l’humanité à sa fraternité commune, sa
vraie liberté, dans la dépendance de Dieu.
«Tous les ministères qui découlent du
Concile sont fondés sur le dialogue, non plus seulement entre l’Eglise et les
Etats-nations, mais entre la foi et la culture, pour conduire le monde à son
Sauveur, de telle manière que le monde change.»
«Si, il y a cinquante ans, les divisions
existant dans l’humanité étaient les défis missionnaires majeurs, l’enjeu d’aujourd’hui
est le sécularisme. Il y a un nouvel appel à interroger les cultures, fermées
sur elles-mêmes, fermées à la transcendance.»
Voilà la raison qui a poussé le Bienheureux
Pape Jean Paul II à lancer la «nouvelle évangélisation», en 1992,
lors du 500e Anniversaire de l’arrivée du Christianisme, dans le
Nouveau Monde. Le Pape Benoît XVI a poursuivi dans la ligne de cet appel, et a ordonné
une Année de la Foi, qui commencera le 11 octobre et au cours de laquelle il y
aura un Synode des évêques sur l’évangélisation. L’année de la Foi coïncide
avec le 50e Anniversaire de l’ouverture du Second Concile du Vatican
et avec le 20e anniversaire de la publication du nouveau Catéchisme
de l’Eglise catholique – des événements qui rappellent aux Catholiques l’importance
de la mission et de la catéchèse.
“Si l’élan missionnaire meurt, c’est un mauvais
signe pour la vitalité de la foi, dit encore le Cardinal George.
La nouvelle évangélisation signifie de
«revenir vers des sociétés qui ont été chrétiennes, pour leur rappeler la
responsabilité que ce fait comporte. Cette nouvelle évangélisation est
nécessaire en Europe aussi bien qu’aux Etats Unis, où la culture de l’individualisme
a conduit une majorité de gens à se décrire eux-mêmes comme spirituels, mais
non pas religieux.
Nous sommes bloqués dans nos expériences
spirituelles, c’est toujours le Cardinal qui parle. Il les a comparées au
domaine économique où le même accent est mis sur l’individualisme, qui veut que
«l’égoïsme puisse continuer – et le bien commun, beaucoup moins.»
Mais dans la tradition catholique «le
Christ ne vient jamais seul, les catholiques sont sauvés, comme les Protestants
diraient, mais à l’intérieur d’un système sacramentel qui enseigne que l’intimité
avec le Christ passe par les autres, dans une Eglise visible. Il s’agit donc de
faire exister ces ‘relations ecclésiales’ en partageant le Christ les uns
avec les autres, afin que tous apprennent qu’ils sont vraiment – et non pas de
façon métaphorique – frères et sœurs en Christ.»
L’Eglise “n’est donc pas seulement un club
privé de croyants”; c’est pourquoi elle doit parler en public mais sans faire
de la politique. Nous devons faire de notre mieux afin de ne pas être annexés
par aucun parti politique.»
Il a ajouté que, alors que l’Eglise a cessé de
penser l’activité missionnaire comme une sortie pour rejoindre les lieux
éloignés – puisque le travail missionnaire doit être fait partout – il est encore
important de rappeler qu’en Asie, le continent où habite la grande majorité du
genre humain, seulement 2% de la population est chrétien.
Comme un confrère oblat l’a dit dans le
Chapitre général de 1972, “la plus grande pauvreté est de ne pas connaître
Jésus-Christ» (Ana Rodriguez Soto, www.miamiarch.org)