Il est bien clair pour le P. François PARADIS
que son engagement dans le «Retour à l’Esprit» est bien la tâche d’un
Oblat. Son engagement découle de quarante ans de ministère auprès des Premiers
Peuples dans l’Ouest du Canada. Il y a un lien très naturel entre son ministère
auprès des communautés des Premières Nations et sa formation, son travail d’éducation
au sein du «Retour à l’Esprit».
«C’est là mon travail pour rejoindre les
marginaux et les pauvres.» À l’intérieur du Canada, «les écoles
résidentielles ont vraiment appauvri les gens.» Ce n’était pas l’intention
originale de la mise sur pied des écoles mais «l’Évangile s’est fait
dénaturer à travers le processus. Ce ministère est en train de réparer le
dommage qui a été fait par des gens même très bien intentionnés.
«En tant que prêtre, je partage le
ministère de Jésus Christ. Son ministère concerne entièrement la
réconciliation. Je vois mon ministère comme apportant la foi au processus de
guérison. Il consiste à aider les gens à voir la beauté de qui ils sont
vraiment. Retourner à l’Esprit est tout un processus qui nous fait entrer dans
la réconciliation. C’est là la guérison que veut Jésus. Certains de ces gens
pourront retourner à l’Église, mais ce n’est pas là le premier but du Retour Ã
l’Esprit. Son premier but est la guérison et la réconciliation. Par le biais de
ce processus, quelques personnes ont redécouvert Dieu.»
Il y a un encadrement de son explication.
«Quelques personnes sont toujours allées à l’Église mais elles sont
pleines de blessures et de colère. Ce processus est tout à fait dans la ligne
du P. de Mazenod. Il s’agit de les retourner à leur dignité. Ça consiste à les
aider à vivre dans la dignité dans laquelle elles furent créées.»
François résume tout le ministère et le
processus du Retour à l’Esprit. «Il s’agit de retourner à l’esprit de qui
ils sont vraiment en tant qu’êtres humains.»
François s’est d’abord rendu familier avec le
Retour à l’Esprit lorsqu’il en a fait un premier atelier en février 2004. En
janvier 2006, il avait complété son entraînement pour être un formateur des
autres dans ce processus. En juillet 2007, il s’est joint à plein temps à l’équipe
du Retour à l’Esprit.
Le processus débute par un atelier de cinq
jours qui cherche directement à donner du pouvoir à trois parties de la vie du
participant: vous donner pleins pouvoirs sur vous-même, vous donner du
pouvoir sur les autres, et à vous, sur votre propre vie. Les trois premiers
jours cherchent à identifier ce qui, devant votre esprit, vous empêche d’être
pleinement vivant. Qu’est-ce qui prévient cette autre personne d’embrasser sa
propre vie? Qu’est-ce qui les garde enfermés au sein de leur propre passé?
Comment les éléments négatifs de leur passé continuent-ils à surgir dans le
présent?
Le processus de cet atelier de cinq jours se
demande où ils ont laissé leur pouvoir personnel? Qu’est-ce qui les empêche d’avoir
du pouvoir personnel? Comment peuvent-ils avoir du pouvoir personnel au sein de
leur propre vie?
La semaine entière est très fondée sur l’expérience.
Il y a des travaux à la maison pour chaque soir, qui demandent aux participants
d’appliquer à leur propre situation personnelle ce qu’ils ont appris durant la
journée. Le but est d’atteindre le point où ils n’auront plus aucun matériel
gisant dans l’espace situé entre leurs relations. Quelles sont les colères,
quels ressentiments bloquent leurs relations?
Chaque étape du processus s’édifie sur l’étape
précédente. Le processus est tout à fait interrelié en une seule construction
avec les autres pièces. La direction est d’apprendre comment se déplacer du
fait de subir la vie et de seulement réagir aux situations, jusqu’à acquérir
une force selon laquelle ils pourront créer leur propre vie. Cela signifie se
mouvoir vers une appréciation de leur propre identité et vivre avec une
authentique expression de soi. C’est à partir de l’intérieur de l’esprit de
chaque personne que surgit la prise de pouvoir.
François dit clairement qu’il y a eu de
merveilleux changements dans la vie de ces gens.
«Il y a eu des avènements de guérison
physique. Certains expliquent cela comme de pures coïncidences, mais c’est tout
à fait un don de Dieu. C’est Dieu qui amène la réconciliation dont on parle
durant cette semaine. Il y a tant de ces gens qui atteignent une plénitude de
vie qui était impensable avant que le processus ne commence.»
Son travail avec le Retour à l’Esprit comprend
aussi de l’entraînement avec des gens qui ne sont pas autochtones (prêtres,
sœurs, travailleurs religieux, laïcs, travailleurs sociaux et éducateurs). L’autre
équipe au sein du Retour à l’Esprit se concentre sur les peuples autochtones.
Une fois complété le premier atelier, les deux groupes (autochtones et gens d’Église)
se joignent pour un cinq jours plus intense de travail en vue de la
réconciliation.
À mesure qu’il se meut vers l’avenir, François
planifie d’être impliqué dans ce ministère: «Aussi longtemps que
durera le Retour à l’Esprit.» Il en parlait avec un ton affirmatif. (Par
Nestor GREGOIRE ; Traduction: Léonce PAQUET dans www.omilacombe.ca)