
C’est l’expression qu’employait ma
maman, quand, pour une raison ou une autre, sa maison, où à la fin elle vivait
seule, se remplissait de personnes ou de parents, à l’occasion de leurs
anniversaires, d’une fête ou parce que mes amis venaient me rencontrer quand je
revenais en vacances en Italie.
Cette expression m’est revenue à
l’esprit et au cœur quand l’expérience d’une maison de discernement s’est
remise en route en notre Uruguay. Trois jeunes sont arrivés et quelques heures
plus tard, des voix, des rires, les bagages, les paquets et des musiques de
toutes sortes ont animés les parois de la maison. On les entendait discuter
entre eux afin de se mettre d’accord sur la façon d’organiser la pièce où se trouvait
le lit de chacun; accepter aussi avec humour les difficultés résultant du
peu d’espace à leur disposition, alors que, jusqu’à présent, ils avaient toute
une chambre pour eux seuls … Il me semblait réentendre l’expérience des
premiers Oblats, ce 25 janvier de 1816, leurs rires et leur joie d’être
ensemble.
Depuis déjà quelques semaines, avec
le P. Marcos RIVAROLA, nous vivions ensemble en cette maison, qui dans ces dernières
années, a été un lieu où, à deux Oblats, nous revenions simplement pour dormir
la nuit ou en passant, durant la journée. Pour nous autres ici en Uruguay,
l’expérience d’une maison des vocations, où il est possible, à travers
l’expérience communautaire, de faire un processus de discernement, n’existe pas
en permanence. Notre société sécularisée n’encourage pas le discernement
vocationnel… mais en même temps, ce climat aide à faire un discernement
préalable des motivations de qui commence ce chemin de vie communautaire.
Fernando, Aníbal et Agustin sont les trois
jeunes gens qui ont commencé cette année ce chemin. Ensemble avec P. Marcos
(responsable de la maison) et moi-même, nous chercherons à être attentifs et à discerner
ce que Dieu veut dire au cœur de ces jeunes, de les aider à traduire dans la
réalité la phrase de St Eugène, qu’eux-mêmes ont choisie: «qu’ils
soient des lampes qui brûlent et non des mèches fumantes.» (P. Mingo DI MEO)