Le
P. Robert DE VALICOURT vient de suivre une formation de trois semaines pour
travailler de façon plus compétente auprès des Indiens du Brésil.
Pendant ce cours j’ai bavardé
longuement avec un chef indien qui se soignait d’une grave maladie. Il m’a
raconté comment vivait son peuple, les Surui, il y a une quarantaine d’années.
Ils vivaient á l’état primitif, nus, nomades, chassant et pêchant pour
survivre.
Le contact avec les «blancs»
(c’est ainsi qu’ils appellent les non-indiens) a été cruel. Ils ont été décimés
par une simple grippe, car leur organisme n’était pas préparé à ces maladies de
blancs. Maintenant ils sont plus nombreux et pratiquent l’agriculture: manioc,
maïs, riz, haricots noirs…et un peu d’élevage. Ils possèdent 250 000 hectares,
et vivent en 25 villages.
Les enfants et les adolescents
étudient dans les deux langues, dans les écoles publiques construites dans les
villages. Les jeunes poursuivent leurs études dans la ville voisine. Certains
sont à l’université. Si vous rencontrez des difficultés avec votre ordinateur
ils vous dépanneront. En quarante ans ils passent progressivement de l’arc et
des flèches à des connaissances modernes.
Dans leur réserve existent encore
des Indiens isolés, qui n’ont jamais eu de contact avec des blancs. La Fondation
Nationale pour les Indiens, qui sait que les contacts sont mortels, a adopté
une autre politique: on crée des réserves pour les protéger. Il y a encore 69
petits groupes ainsi isolés dans tout le Brésil. Malheureusement les chercheurs
d’or ou les marchands de bois ne respectent pas ces réserves, pénètrent dans la
forêt et tuent ces indiens sans défense.
Les Indiens du Brésil sont une
toute petite minorité: environ 350 000 sur 190 millions. Mais ils font partie
de ces minorités qui souffrent de discrimination. Ce sont des pauvres pour
lesquels Jésus a des préférences. Moi aussi!
Je suis passionné par toutes ces
découvertes et j’aimerais avoir 30 ans de moins, mais… (Audacieux pour l’Évangile, avril 2011)