En avril, le P. Héctor LUJÁN a participé au programme:
«Bethléem, auberge du migrant» que dirige le P. Pedro Pantoja à Saltillo,
Coahuila. L’expérience s’est déroulée en trois étapes.
La première étape consistait à connaître le travail et le personnel qui s’occupe
de cet apostolat. Les participants se sont spécialisés en divers domaines
pastoraux tels que la psychologie, les questions juridiques, la communication,
etc. L’apostolat qui se réalise à “Bethléem, auberge du migrant” s’appuie sur
des jeunes des universités jésuites (volontariat jésuite). Ils font équipe avec
des jeunes venant d’Allemagne, qui s’engagent pour une année dans ce service
pastoral. Le ministère de la mobilité humaine comprend tout un travail d’équipe,
à partir d’un réseau national et international.
La deuxième étape de l’expérience consistait à dialoguer en permanence
avec les personnes migrantes qui font appel à l’appui de cette maison. Les
migrants proviennent d’Amérique Centrale et du sud du Mexique. Dans leurs
dialogues ils racontent les expériences douloureuses du voyage, soulignent les
attaques venant du crime organisé: séquestres, extorsions, maltraitances et
viols.
Dans les échanges personnels, ils font référence au voyage avec la
«bête sauvage»: c’est ainsi qu’ils appellent le train. Ce moyen de
transport les a traumatisés, quand on les a poussés sur le toit du train, ou
dans des wagons puants; ajouter à cela la faim, la soif et la fatigue d’un long
voyage. Les souvenirs des coups reçus au moment de monter dans le train restent
marqués dans leurs corps, blessures aussi, les sinistres images de chute ou de
mort de leurs compagnons. Ici j’ai pu apprécier la valeur de chaque personne et
son droit à être écoutée et encouragée dans son processus de foi.
La troisième étape de cette expérience a été l’expérience de la Semaine
Sainte avec la communauté locale et la maison des migrants. Les célébrations
liturgiques ont pris une orientation pleine d’espérance dans l’invitation à
reconnaître le ressuscité dans leur vie. L’émotion fut grande à cause de la
présence de la maman d’un jeune hondurien, emprisonné injustement. Un autre aspect
qui a marqué la Semaine Sainte fut l’insécurité dans laquelle vit la colonie qui
a subi 20 séquestres et disparitions. Les réflexions, les manifestations et les
actes de religiosité populaire se sont inscrits dans le contexte de ces
expériences, véritables fléaux de cette région du pays. Cette réalité pastorale
comporte un grand défi quand il s’agit d’exprimer la vie de foi au cœur de la
liturgie et des sacrements et de continuer à marcher avec notre peuple en
fidélité à notre ministère.
Le séjour à la maison du migrant m’a permis de me conscientiser aux
besoins du ministère de la mobilité humaine. Le migrant recherche une meilleure
condition de vie, conscient des risques et danger auxquels il s’expose afin d’obtenir
ce qu’il ne peut pas avoir en son pays d’origine ou dans notre société
mexicaine.
L’apostolat de la mobilité humaine me fait penser à notre Fondateur,
Saint Eugène de Mazenod, ce qu’il a vécu dans son enfance: le désir de se
sentir écouté et appuyé dans ses besoins. Dans le contact avec la culture
italienne, loin des siens, encore à l’âge tendre, il a rencontré des personnes
pleines de foi qui l’ont encouragé et soutenu. Ainsi, partant de notre
charisme, je puis me sentir encouragé par cette expérience.