CONCLUSION
Avant de quitter la terre, Jésus Christ a laissé à ses disciples son commandement: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés» (Jn 15, 12), et a manifesté sa dernière volonté: «Allez par le monde entier, proclamez l’Évangile à toutes les créatures» (Mc 16, 15). Il était normal que Mgr de Mazenod, avant de mourir, laisse à ses fils le même mot d’ordre ou testament: «Parmi vous la charité, la charité, la charité et, au dehors, le zèle pour le salut des âmes». Ne doivent-ils pas tâcher de devenir d’autres Jésus Christ [67] et marcher sur les traces des Apôtres qu’ils considèrent comme leurs premiers pères [68]?
Les Constitutions de 1982 s’expriment encore de la même façon: «Mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu (Rm 1, 1) les Oblats abandonnent tout à la suite de Jésus Christ. Pour être ses coopérateurs, ils se doivent de le connaître plus intimement, de s’identifier à lui, de le laisser vivre en eux. S’efforçant de le reproduire dans leur vie [...]» (C 2).
«Jésus a formé personnellement les disciples qu’il avait choisis et les a initiés au mystère du Royaume (cf. Mc 4, 11). Pour les préparer à leur mission, il les associa à son ministère; pour affermir leur zèle, il leur envoya son Esprit.
«Ce même Esprit forme le Christ en ceux qui s’engagent sur les traces des Apôtres. Plus il leur fait pénétrer le mystère du Sauveur et de son Église, plus il les incite à se vouer à l’évangélisation des pauvres» (C 45).
Ce testament spirituel de Mgr de Mazenod, dernier écho d’une voix mourante, écrit le père Eugène Baffie en 1894, est «la révélation complète des nobles aspirations qui firent toujours battre le cœur du vénérable Fondateur des Oblats. Il est, en outre, tout un programme de perfection» [69]. Il est, pourrions-nous ajouter, la deion de ce que doit être un fils de Mgr de Mazenod; c’est en s’y confrontant qu’il découvre s’il est fidèle ou non à sa vocation d’Oblat de Marie Immaculée [70].
Yvon Beaudoin
BIBLIOGRAPHIE
GILBERT, Maurice, «Les Novissima verba du Fondateur», dans Études oblates, 28 (1969), p. 45-49.
BEAUDOIN, Yvon, «The Founder’s Testament», dans «The Spiritual Journey of Blessed Eugene de Mazenod as Related to the Oblate Congregation’s Life and Development», dans Vie Oblate Life, 47 (1988), p. 266-275
[67] Constitutions et Règles de 1818, dans Missions, 78 (1951), p. 55, lignes 377-379; p. 61, lignes 570-575; p. 87, lignes 174-175. Le caractère apostolique de notre vie oblate provient du désir d’imiter le Sauveur, voir LESAGE, Germain, «Thèmes fondamentaux de notre spiritualité», dans Études oblates, 4 (1945), p. 26; GRATTON, Henri, «La dévotion salvatorienne du Fondateur aux premières années de son sacerdoce», dans Études oblates, 1 (1942), p. 170. La racine de ce dévouement est l’amour de Dieu, voir LAMIRANDE, Émilien, «Esprit d’oblation», dans Études oblates, 15 (1956), p. 353-355
[68] Constitutions et Règles de 1818, dans Missions, 78 (1951), p. 54-55, lignes 355-370; Nota bene du chapitre premier, p. 15, lignes 70-75
[69] BAFFIE, Eugène, Esprit et vertus ..., p. 440
[70] Le 8 novembre 1861, Mgr Étienne Semeria écrivait au père Joseph Fabre: «Je puis attester que les sublimes enseignements donnés par notre bien-aimé et vénérable Fondateur, de son lit de mort, sur la charité fraternelle et sur le zèle pour le salut des âmes, ont été entendus, compris, médités et, ce qui est encore mieux, généralement pratiqués par nos chers pères et frères de Ceylan», Missions, 1 (1862), p. 192. Au début de décembre de la même année, dans son discours d’ouverture au Chapitre, le père Tempier constatait également que cet esprit était bien vivant; il faisait le vœu qu’il le soit toujours: «Cet esprit de foi, de zèle et de dévouement, surtout de charité et d’union fraternelle, dont il nous a laissé le précieux héritage, [… cet] esprit vit encore et doit toujours vivre dans le cœur de ses enfants», Missions, 25 (1887), p. 8.