- Madone oblate
- Magnan, Jean Joseph
- Maîtres des novices et noviciats en France
- Malbos, Alexandre
- Mante, Henri
- Marchal, Jean Joseph
- Marchetti, Mgr Giovanni, archevêque d'Ancyre
- Marchi, François
- Marcou, Jacques Joseph
- Marguerye, Mgr François de, évêque d'Autun
- Marie-Caroline, reine de Naples
- Marseille, campagne Saint-Just
- Marseille, campagne Saint-Louis
- Marseille, cathédrale
- Marseille, colonne de l'Immaculée Conception
- Marseille, diocèse, de 1823 à 1861
- Marseille, évêché
- Marseille, le Calvaire
- Marseille, le Grand séminaire (1827-1862)
- Marseille, Montolivet
- Marseille, Notre-Dame de la Garde
- Marseille, Å’uvre des Italiens
- Martel, Claude François
- Marthon, Emmanuel
- Martin, Joseph
- Martin, Joseph Alphonse
- Martinet, Aimé
- Martini, Jacques
- Maunier, Emmanuel Fréjus
- Maur, frère trappiste
- Mauran, Césaire
- Mauroit, Mansuet
- Maxé, Adolphe
- Mazade, Paul
- Mazenod, famille de
- Mazenod, Mgr Charles Joseph Eugène de
- Mazenod, Mgr Fortuné de
- Mazet, Jean Louis Stanislas
- Mazio, cardinal Raffaele
- Menjaud, Mgr Basile Alexis, évêque
- Merlin, Hector Louis
- Métifiot, Jean Pierre
- Michaelis, Jean Pierre
- Michaux, Donat
- Michel, Frédéric
- Michelier, François-Xavier
- Michels, Mathias
- Mie, Pierre Nolasque
- Milesi, Mgr Francesco (1744-1819)
- Mille, Jean-Baptiste Vincent
- Miollis, Mgr Bienvenu de, évêque de Digne
- Missionnaires de France
- Missionnaires de Provence
- Missions ad gentes
- Missions paroissiales
- Moiroud, Joseph
- Molinari, Jean-Baptiste
- Monarchie de Juillet
- Mondini, Frédéric
- Morandini, Ferdinand Louis Camille
- Mordrelle, Victor
- Moreau, Noël François
- Morlot, cardinal François
- Mouchette, Antoine
- Mounier, Jean François Régis
- Muraglia, François
|
Naissance à Aix le 27 avril 1749.
Grand séminaire à Aix, de 1766 à 1768, à Saint-Sulpice, à Paris et à la Sorbonne, de 1768 à 1776
Ordonné prêtre à Beauvais, le 6 avril 1776
Chanoine d'Aix et vicaire général, en 1776
Exil à Turin, Venise, Naples et Palerme, d'août 1792 à 1817
À la maison de la Mission à Aix, de 1817 à 1823
Ordonné évêque de Marseille, le 6 juillet 1823
Démissionne le 29 avril 1837
Décès à Marseille, le 22 février 1840.
 Mgr Fortuné de Mazenod (Hubenig). Charles Fortuné de Mazenod, oncle de Mgr Charles-Joseph-Eugène de Mazenod, naquit à Aix, le 27 avril 1749, de Charles-Alexandre de Mazenod et de Ursule-Félicité de Laugier.
Éducation et premières années de prêtrise
De 1758 à 1762, il étudia au collège Bourbon d'Aix, dirigé par les Jésuites. Lorsque le Parlement interdit l'enseignement aux membres de la Compagnie, Fortuné alla poursuivre ses études à l'école Chauvet, établissement privé de Marseille, de 1763 à 1765. C'est dans cette ville, à l'église collégiale des Accoules, détruite pendant la Révolution, qu'il fit sa première communion et fut confirmé par Mgr J.-B. de Belloy.
Après avoir terminé son cours classique, il décida de devenir prêtre. Il reçut la tonsure des mains de Mgr J.-B.-Antoine de Brancas, archevêque d'Aix et entra au séminaire de cette ville où il demeura pendant deux ans, sans doute jusqu'en 1768. Il continua pendant huit ans son cours de théologie à Paris au séminaire de Saint-Sulpice et à la Sorbonne où il obtint le grade de licencié.
C'est le 6 avril 1776 qu'il fut ordonné prêtre, à Beauvais, par Mgr F.-Joseph de La Rochefoucauld, tué pendant la Révolution dans l'église des Carmes à Paris et béatifié le 17 octobre 1926. Le jour même de son ordination, il devenait vicaire général de Mgr Hachette des Portes, dernier évêque de Glandève, dans les Basses-Alpes; il fixa cependant son domicile à Aix, où il fut nommé chanoine. Il se distingua par la régularité de sa présence à l'office capitulaire et par son zèle auprès des communautés religieuses, en particulier les Carmélites. Le jeune chanoine devint en peu de temps vicaire général d'Aix et collaborateur intime et estimé de l'Archevêque, Mgr Raymond de Boisgelin. L'Archevêque et les autres vicaires généraux quittèrent Aix dès les débuts de la Révolution. Le chanoine Fortuné administra seul le diocèse jusqu'au mois d'août 1792. Sa vie était alors sérieusement en danger. Il quitta la France en compagnie de son oncle Charles-André de Mazenod, vicaire général de Marseille. Par la Suisse, il gagna Turin où se trouvaient déjà les autres membres de la famille qu'il suivit dans leur exil à Venise, Naples et Palerme.
Exil
Le chanoine Fortuné connut alors vingt-cinq ans de vie cachée et de pauvreté, surtout pendant les dernières années au cours desquelles, pour survivre, il se fit professeur de français. Au cours de l'été 1795, Mme de Mazenod, mère du Fondateur, et Charlotte-Eugénie, sa sœur, étaient rentrées en France pour tenter de sauver du naufrage quelques biens de famille; c'est Fortuné qui les avait accompagnées jusqu'à Lausanne. Au début de l'automne de l'année 1797, un assouplissement des lois de déportation lui avait permis de retourner en France. Mais à peine deux mois plus tard, un nouveau durcissement des lois contre les prêtres l'avait obligé à fuir. Il s'était de nouveau dirigé vers l'Italie, passant par Livourne et Florence pour rejoindre ses frères à Naples au début de février 1798.
Après le concordat de 1801, avec le concours du cardinal de Boisgelin, ex-archevêque d'Aix devenu archevêque de Tours, et du Ministre des cultes Portalis, ancien ami de la famille, Fortuné fut désigné pour occuper le siège d'Avignon; il refusa pour ne pas être obligé de prêter serment de fidélité à Napoléon.
Ce fut à Palerme qu'il apprit, en 1817, que le roi Louis XVIII l'avait désigné pour le siège épiscopal de Marseille. Il fallut plusieurs lettres très pressantes de son neveu pour le décider à rentrer en France et à accepter l'épiscopat. Il avoua alors que, après tant d'années sans activités pastorales, il appréhendait plus les responsabilités qu'il n'aspirait aux honneurs qu'il avait ardemment désirés dans sa jeunesse. Eugène dut lui promettre qu'il resterait toujours à ses côtés comme collaborateur actif.
Le concordat de 1817, en vertu duquel le siège de Marseille était rétabli, rencontra des difficultés d'application et la nomination fut ajournée jusqu'en 1823. Fortuné se retira à Aix dans la maison des Missionnaires de Provence. Il connut donc intimement tous les premiers missionnaires et partagea leur vie et leur apostolat à l'église de la Mission. Toujours levé le premier, il donnait lui-même le signal du réveil de la communauté, ouvrait les portes de l'église, sonnait les cloches, passait ensuite une partie de la journée au confessionnal, aidant surtout le père Henry Tempier, souvent laissé seul à Aix pour s'occuper de l'église, de la Congrégation de la jeunesse, des novices et des scolastiques. Pendant son séjour dans la maison des Missionnaires de Provence, il rendit surtout un grand service au Fondateur dont la santé laissait alors beaucoup à désirer. Avec beaucoup d'énergie, Fortuné l'obligea à modérer ses activités et à prendre le temps de se nourrir et de se reposer.
Il fut enfin nommé évêque de Marseille le 13 janvier 1823, préconisé par Pie VII dans le consistoire du 16 mai, sacré à Issy par le cardinal de Latil, le 6 juillet 1823, en même temps que Mgr Arbaud, évêque de Gap, diocèse où se trouvait la seconde maison oblate de Notre-Dame du Laus.
Évêque de Marseille
Mgr Fortuné de Mazenod fut pasteur du diocèse de Marseille de 1823 à 1837; quatre vicaires généraux dont les pères Eugène de Mazenod et Henry Tempier travaillèrent en étroite collaboration avec lui.
Il porta surtout son attention sur la formation et la réforme du clergé. Pour les besoins spirituels d'une population qui passa de cent cinquante mille à deux cent mille habitants, le diocèse n'avait plus de grand séminaire et ne disposait que de cent soixante-dix prêtres plutôt âgés. Un petit séminaire-collège existait cependant depuis 1816. Le grand séminaire fut tout de suite ouvert dans deux maisons de la rue Rouge. En présence des difficultés qui se présentèrent pour trouver des maîtres dans le clergé diocésain ou parmi les religieux, Mgr Fortuné en confia la direction aux Oblats de Marie Immaculée à partir de 1827.
La réforme du clergé s'avéra plus longue et plus difficile. Le diocèse était resté sans évêque résident pendant plus de vingt ans et le clergé avait pris des habitudes d'indépendance. De plus, Marseille était le refuge de nombreux prêtres, souvent peu édifiants, venus d'autres diocèses français, voire d'Espagne et d'Italie. Mgr Fortuné, aidé surtout de son neveu, à qui on attribua la fermeté de l'Évêque, chercha à tout ramener aux lois de la discipline ecclésiastique d'avant la Révolution et procéda à une pénible mais nécessaire épuration du clergé. Dans la correspondance des années 1827-1836, on compte plus de cent cas de prêtres qui furent réprimandés ou interdits.
Une des œuvres les plus méritoires de l'Évêque fut la péréquation du casuel, c'est-à -dire des revenus provenant des offrandes et des honoraires de messes, jusque-là fort disproportionnés entre les paroisses riches et les paroisses pauvres.
L'équipement pastoral de Marseille datait de 1803, alors que la ville comptait environ cent mille habitants. Plus de vingt églises avaient, de plus, été détruites ou vendues pendant la Révolution. Certains quartiers étaient assez bien fournis pendant que d'autres n'avaient pas de lieu de culte. Mgr Fortuné s'attacha avec ténacité à résoudre ces problèmes. Il ouvrit d'abord au public plusieurs chapelles appartenant à des communautés religieuses ou à des associations. Afin de permettre aux fidèles de participer aux messes dominicales, il multiplia les messes de binage. Enfin, avec ou sans le consentement obligatoire et l'aide du Gouvernement, il fit construire trois nouvelles églises.
Les associations furent revigorées et quelques congrégations religieuses, admises dans le diocèse; mais c'est surtout après 1837 que seront fondées de nouvelles associations et que les congrégations religieuses viendront plus nombreuses et se développeront beaucoup.
Dans cet effort pour redonner vie et mouvement au diocèse, Mgr Fortuné compta surtout sur ses vicaires généraux. Il présidait les conseils, visitait les paroisses lors des cérémonies de confirmation, ne refusait pas les invitations faites par les curés ou les religieux et religieuses à l'occasion des fêtes spéciales, mais il fut surtout un homme de bureau. On conserve de lui des centaines de sermons et causeries, toujours en deux exemplaires (brouillon et copie définitive) écrits avec une calligraphie fort soignée, aussi lisible que les textes dactylographiés d'aujourd'hui.
Dernières années
Le 2 avril 1837, le Gouvernement accepta la démission de Mgr Fortuné et désigna Eugène de Mazenod comme nouvel évêque du diocèse. Le Saint-Siège fit de même le 29 avril et publia le bref de nomination du successeur le 2 octobre suivant.
Mgr Fortuné vécut encore trois ans. Sa nomination au titre de chanoine du chapitre de Saint-Denis lui fournissait de bons revenus qui lui permettaient de s'occuper des pauvres qu'il avait toujours aimés. Il put également se livrer avec plus de rigueur à la vie de prière et de régularité qu'il avait surtout connue en Sicile. Dans son journal du 15 mai 1838, Eugène écrit: «Je ne crois pas qu'il puisse exister un homme plus heureux sur la terre. Parvenu à l'âge de quatre-vingt-dix ans sans aucune infirmité; jouissant d'une sérénité d'esprit d'un homme de trente ans, avec un caractère gai et jovial, ne s'affectant de rien de façon à troubler le repos de son âme; entouré d'une famille qui le chérit et le vénère, d'amis qui partagent ses sentiments [...] jouissant aux yeux des hommes du rare avantage de se voir attribuer tout le bien qui s'est fait sous son épiscopat, dont la partie pénible, celle qui froisse et qui contrarie, tout l'odieux en un mot inséparable des mesures les plus sages, m'était dévolu; enfin rendu indépendant des secours même que mon attachement lui réservait par l'honorable retraite que je lui ai obtenue, qui le mettra à même de se livrer sans gêne aux penchants généreux de son cœur, voilà la récompense que le bon Dieu réservait en ce monde à notre saint patriarche, sans détriment de celle qu'il lui accordera dans le ciel après cent ans, j'espère, d'une douce et sainte vie.»
Cette situation précéleste ne dura pas. Au début de 1840, un refroidissement détermina bien vite une grave maladie. Mgr Fortuné mourut le 22 février après avoir reçu des mains de son neveu le sacrement des malades. Les obsèques, présidées par Mgr Eugène de Mazenod, eurent lieu le 23 février au milieu d'une grande foule. «Le temps qui, seul, consacre les renommées, écrit le chanoine Jean Leflon, n'a fait que confirmer depuis l'estime universelle dont jouissait Mgr Fortuné de Mazenod. Sans posséder le dynamisme de son neveu, encore moins son envergure, ce survivant d'Ancien Régime gardait de l'ancien clergé de France la culture, la tenue toujours digne, un sens sacerdotal qu'après les épreuves de l'exil son ministère à Aix avait manifestement réveillé, et un si grand esprit de charité que ses aumônes jusqu'à la fin épuisèrent ses revenus [...] Sa piété, son zèle très réels manquaient sans doute un peu d'éclat. De son état canonial le ci-devant sacriste du chapitre d'Aix retenait une sage lenteur, une prudence feutrée, mêlée d'adresse et de procédés industrieux. La malice ne lui manquait point, ni les petites astuces, mais sa sérénité, sa bienveillance, son amabilité souriante le rendaient sympathique et cet homme de devoir, qui s'appliquait généralement à ménager tout le monde pour ne mécontenter personne, savait au besoin se montrer courageux, prendre nettement position, s'affirmer et trancher [...]» (Leflon III, p. 39-40).
Le tombeau de Mgr Fortuné de Mazenod se trouve dans la crypte de la cathédrale de Marseille.
Yvon Beaudoin, o.m.i.
Sources et bibliographie
Archives de la Postulation, Rome, fonds Boisgelin, en particulier:
- FB I, V, VI, VII: correspondance;
- FB VIII: notes de théologie, causeries et sermons (quelques milliers de pages.
Hôtel Boisgelin, Aix-en-Provence,
- Série MJ (Mazenod-Joannis) 1 bis: mandements et discours; MJ III, 3 varia.
Bibliothèque de Méjanes, Aix-en-Provence, fonds Boisgelin, B 74, B 75: de très nombreux papiers: correspondance, notes, titres, charges au chapitre d'Aix, etc.
Saint-Martin-des-Pallières (Var), série M (Mazenod) II, 1, 2: mandements et discours; M III, 1: oraison funèbre, varia.
Jeancard, Jacques, Oraison funèbre de Mgr Charles-Fortuné de Mazenod... prononcée le 31 mars 1840, Marseille, M. Olive, 1840, 64 p.
Ricard, Antoine, « Mgr Charles-Fortuné de Mazenod, évêque de Marseille, (1748-1840)», dans Supplément au no 273 de La Semaine liturgique de Marseille, Marseille, P. Chauffard, 1867, p. 117-124; dans Souvenirs du clergé marseillais au XIXe siècle, Marseille, 1881, p. 198-202.
Sacra Rituum Congregatio, sectio historica, no 147, Caroli-J. Eugenii de Mazenod [...] Inquisitio historica de quibusdam animadversionibus in Servi Dei vitam et operositatem ex officio concinnata, Rome, 1968, 988 p. On y trouve de nombreux détails sur l'activité épiscopale de Mgr Fortuné; voir Index des noms propres, p. 961.
Dans toutes les biographies de Mgr Eugène de Mazenod (Rey, Rambert, Leflon, etc.) le nom de Fortuné apparaît très souvent.
|