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num. 524 - Juillet-Août 2012

CANADA--ÉTATS-UNIS

Omi Lacombe - Retour à l’Esprit

Il est bien clair pour le P. François PARADIS que son engagement dans le «Retour à l’Esprit» est bien la tâche d’un Oblat. Son engagement découle de quarante ans de ministère auprès des Premiers Peuples dans l’Ouest du Canada. Il y a un lien très naturel entre son ministère auprès des communautés des Premières Nations et sa formation, son travail d’éducation au sein du «Retour à l’Esprit».

«C’est là mon travail pour rejoindre les marginaux et les pauvres.» À l’intérieur du Canada, «les écoles résidentielles ont vraiment appauvri les gens.» Ce n’était pas l’intention originale de la mise sur pied des écoles mais «l’Évangile s’est fait dénaturer à travers le processus. Ce ministère est en train de réparer le dommage qui a été fait par des gens même très bien intentionnés.

«En tant que prêtre, je partage le ministère de Jésus Christ. Son ministère concerne entièrement la réconciliation. Je vois mon ministère comme apportant la foi au processus de guérison. Il consiste à aider les gens à voir la beauté de qui ils sont vraiment. Retourner à l’Esprit est tout un processus qui nous fait entrer dans la réconciliation. C’est là la guérison que veut Jésus. Certains de ces gens pourront retourner à l’Église, mais ce n’est pas là le premier but du Retour à l’Esprit. Son premier but est la guérison et la réconciliation. Par le biais de ce processus, quelques personnes ont redécouvert Dieu.»

Il y a un encadrement de son explication. «Quelques personnes sont toujours allées à l’Église mais elles sont pleines de blessures et de colère. Ce processus est tout à fait dans la ligne du P. de Mazenod. Il s’agit de les retourner à leur dignité. Ça consiste à les aider à vivre dans la dignité dans laquelle elles furent créées.»

François résume tout le ministère et le processus du Retour à l’Esprit. «Il s’agit de retourner à l’esprit de qui ils sont vraiment en tant qu’êtres humains.»

François s’est d’abord rendu familier avec le Retour à l’Esprit lorsqu’il en a fait un premier atelier en février 2004. En janvier 2006, il avait complété son entraînement pour être un formateur des autres dans ce processus. En juillet 2007, il s’est joint à plein temps à l’équipe du Retour à l’Esprit.

Le processus débute par un atelier de cinq jours qui cherche directement à donner du pouvoir à trois parties de la vie du participant: vous donner pleins pouvoirs sur vous-même, vous donner du pouvoir sur les autres, et à vous, sur votre propre vie. Les trois premiers jours cherchent à identifier ce qui, devant votre esprit, vous empêche d’être pleinement vivant. Qu’est-ce qui prévient cette autre personne d’embrasser sa propre vie? Qu’est-ce qui les garde enfermés au sein de leur propre passé? Comment les éléments négatifs de leur passé continuent-ils à surgir dans le présent?

Le processus de cet atelier de cinq jours se demande où ils ont laissé leur pouvoir personnel? Qu’est-ce qui les empêche d’avoir du pouvoir personnel? Comment peuvent-ils avoir du pouvoir personnel au sein de leur propre vie?

La semaine entière est très fondée sur l’expérience. Il y a des travaux à la maison pour chaque soir, qui demandent aux participants d’appliquer à leur propre situation personnelle ce qu’ils ont appris durant la journée. Le but est d’atteindre le point où ils n’auront plus aucun matériel gisant dans l’espace situé entre leurs relations. Quelles sont les colères, quels ressentiments bloquent leurs relations?

Chaque étape du processus s’édifie sur l’étape précédente. Le processus est tout à fait interrelié en une seule construction avec les autres pièces. La direction est d’apprendre comment se déplacer du fait de subir la vie et de seulement réagir aux situations, jusqu’à acquérir une force selon laquelle ils pourront créer leur propre vie. Cela signifie se mouvoir vers une appréciation de leur propre identité et vivre avec une authentique expression de soi. C’est à partir de l’intérieur de l’esprit de chaque personne que surgit la prise de pouvoir.

François dit clairement qu’il y a eu de merveilleux changements dans la vie de ces gens.

«Il y a eu des avènements de guérison physique. Certains expliquent cela comme de pures coïncidences, mais c’est tout à fait un don de Dieu. C’est Dieu qui amène la réconciliation dont on parle durant cette semaine. Il y a tant de ces gens qui atteignent une plénitude de vie qui était impensable avant que le processus ne commence.»

Son travail avec le Retour à l’Esprit comprend aussi de l’entraînement avec des gens qui ne sont pas autochtones (prêtres, sœurs, travailleurs religieux, laïcs, travailleurs sociaux et éducateurs). L’autre équipe au sein du Retour à l’Esprit se concentre sur les peuples autochtones. Une fois complété le premier atelier, les deux groupes (autochtones et gens d’Église) se joignent pour un cinq jours plus intense de travail en vue de la réconciliation.

À mesure qu’il se meut vers l’avenir, François planifie d’être impliqué dans ce ministère: «Aussi longtemps que durera le Retour à l’Esprit.» Il en parlait avec un ton affirmatif. (Par Nestor GREGOIRE ; Traduction: Léonce PAQUET dans www.omilacombe.ca)



États Unis - Une stratégie oblate à l’œuvre

Dans le passé, quand le monde était bien moins organisé, les perspectives, les valeurs et les attitudes ne pouvaient être communiquées qu’individuellement, ou face à face, en de très petits groupes. Aujourd’hui, les valeurs sont communiquées davantage par le système de l’éducation universelle et les médias. Ceci met en question les valeurs traditionnelles de la communauté locale. Ce n’est pas par hasard que le roman le plus connu d’Afrique ait pour titre: «Things fall Apart» (Les choses tombent en morceaux), le centre ne tient plus. Ceci est évidemment, un appel à trouver une toute nouvelle stratégie pour communiquer les valeurs.

C’est pourquoi, le Conseil pour la Recherche sur les Valeurs et la Philosophie (RVP), fondé par le P. George MCLEAN, a développé une nouvelle stratégie, qui fait écho à celle du missionnaire Jésuite Matteo Ricci. Il s’agit de travailler avec les penseurs autour des centres de la pensée-clé des diverses cultures, afin d’explorer l’horizon de leurs valeurs, et de voir comment elles peuvent être enrichies et adaptées à la vie présente de leurs peuples. Quinze conférences de ce type vont se tenir dans les six prochains mois, le long de la côte Est d’Afrique et de Chine, à travers l’Inde et la Russie, à Moscou, en Pologne, Roumanie, etc. A chacune d’elles se joindront un nombre de savants RVP d’autres nations, comme l’a fait le P. James LOIACONO, l’an dernier en Chine.

Par ailleurs, alors que les centres mettent au point l’horizon du système éducatif de leur pays tout entier, ce qui est développé dans ces conférences est diffusé, à travers chaque ville et village, par les écoles de l’éducation publique et les structures administratives. De plus, quand RVP publie ces délibérations (270 volumes jusqu’à présent) qu’elles soient imprimées ou sur le web, de nombreux peuples et leurs cultures s’enrichissent mutuellement, à l’échelle globale. (voir www.crvp.org).



Omi Lacombe - Un Oblat, missionnaire au Pérou, Docteur Honoris Causa

L’Université de Waterloo, Ontario, a avalisé la décision de l’Université St Jérôme de conférer au P. Maurice SCHROEDER le doctorat Honoris Causa en Droit. La collation de ce diplôme s’est faite au cours d’une Assemblée de la Faculté des Lettres, le 14 juin 2012. L’Université St Jérôme est l’un des membres fondateurs de l’Université de Waterloo. Son président est le P. David PERRIN, un Oblat.

Le Dr. Schroeder est prêtre, Oblat et Supérieur de la Délégation du Pérou. Ce doctorat est donné en reconnaissance de son travail au Centro de Salud Santa Clotilde, tel qu’indiqué dans les considérants de sa nomination:

Le Centro de Salud Santa Clotilde est un hôpital de mission du Bassin de l’Amazone, au Nord-Est du Pérou. L’hôpital a 30 lits, une clinique pour patients externes, une pharmacie et des programmes de santé publique. Depuis 1986, il a est dirigé par deux médecins qui sont aussi prêtres catholiques. Le Père Maurice Schroeder est l’un d’eux. Sous la direction active de Maurice Schroeder, l’hôpital a soigné plus de 20,000 personnes autochtones qui ont peu ou pratiquement aucun accès à des soins médicaux. L’hôpital dessert une région de 100 villages, le long de la Rivière Napo, où les gens sont très pauvres. Le budget annuel de fonctionnement de l’hôpital est d’environ $ 180,000 US, dont le tiers est fourni par le gouvernement péruvien, et les deux-tiers par l’Église et des donateurs privés. Durant l’hiver 2008, on a demandé au Père Maurice Schroeder de devenir Supérieur de la délégation du Pérou, à laquelle il a apporté la richesse de son expérience et de ses talents.

Le docteur Schroeder donne l’exemple d’un engagement citoyen global, propre à l’Université St Jérôme et au Centre universitaire pour une Citoyenneté Responsable (Par delà les Frontières). Il serait difficile de quantifier la contribution du Dr Schroeder au programme «Par delà les Frontières» (nombre d’étudiants touchés, potentiel de relation continue). Comme indiqué dans la lettre d’appui du Directeur du programme Beyond Borders qui accompagne la demande originale, le Dr Schroeder a été le correspondant indispensable pour établir des partenariats au Pérou, dont on s’attend à ce qu’ils se poursuivent et, peut-être, s’étendent. Même sans les liens avec le Beyond Borders, les efforts significatifs et suivis d’aide humanitaire, apportés par le Dr Schroeder, ont fait de lui un candidat idéal. Son travail pour attirer des internes, aptes à apporter de l’aide médicale, dans des circonstances très difficiles, fait de lui un merveilleux exemple d’accompagnateur, non seulement pour les étudiants de la SJU et de la UW, mais aussi pour les autres médecins canadiens et la société en général. Le Dr Schroeder est un exemple éclatant d’une vie citoyenne assumée et un modèle de leadership que nous sommes fiers de reconnaître. (www.omilacombe.ca)