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DOCUMENTATION OMI
No. 261 - novembre 2004

« Témoins de l'espérance »
Recommandations du 34ème Chapitre Général

Introduction

1. Mission et Évangélisation

2. Communauté oblate et Vie religieuse

3. Formation pour la mission

4. Mission auprès des jeunes

5. Vocation à la vie oblate missionnaire

6. Autorité et Gouvernance

Conclusion

Appendices

Ce texte contient seulement les recommandations liées aux six thèmes principaux étudiés par le Chapitre. Les recommandations et les décisions sur les autres questions, y compris quelques changements aux Constitutions et Règles, seront publiés prochainement dans les Actes officiels du Chapitre.


INTRODUCTION

La liturgie de l’un des derniers jours du Chapitre nous a fait lire un texte de l’Ecclésiaste. Voilà la citation: « Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel… Tout ce que Dieu fait convient en son temps. » (Qo,3). Ce fut l’expérience du 34e Chapitre; en fait, c’est l’expérience de la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée toute entière.

Le Chapitre a travaillé longuement en commissions, lesquelles ont étudié les six thèmes suivants : Mission et Évangélisation; Communauté Oblate et Vie Religieuse; Formation pour la Mission; Mission auprès des jeunes; Vocations à la vie missionnaire oblate; Autorité et Gouvernance.

Les commissions et autres comités ont présenté plusieurs recommandations qui ont été approuvées par le Chapitre pour être mises en application, dans les années à venir, aux divers niveaux de la Congrégation. C’est à travers ces engagements concrets que nous, les Oblats serons « témoins et prophètes du Dieu amour … hommes d’espérance » (EPM 8).[1]


1. Mission et Évangélisation


Sensibles aux urgences de la mission,
nous sommes en priorité attentifs
à ceux que la société tient sur ses marges,
à ceux dont l’Église est la plus éloignée
(EPM 18).

La Mission et l’évangélisation telles que pratiquées aujourd’hui par les Missionnaires Oblats dans l’Église et le monde, mettent en relief le besoin sans cesse présent d’une proclamation explicite de Jésus Christ et du Règne de Dieu qui soit une Bonne Nouvelle pour les pauvres et les plus abandonnés. Un message imprégné d’espérance, au moment d’engager la partie avec un monde sans cesse en changement.

Nous nous trouvons dans des situations de mission ad gentes et de nouvelle évangélisation. Nous sommes confrontés à la montée des sectes, des groupes fondamentalistes et des mouvements spirituels qui indiquent une profonde faim ressentie par un grand nombre de personnes aujourd’hui. Le dialogue avec les autres cultures et religions est une exigence de notre époque, et nous sommes appelés à développer une attitude d’écoute envers ce monde toujours marqué par la violence et les injustices en tout genre qu’il nous faut dénoncer avec fermeté.. En même temps, « nous sommes appelés à être des agents de transformation et des porteurs d’espérance là où les pauvres vivent et luttent ». C’est un fait que l’Eglise perd du terrain, particulièrement dans les cultures de la sécularité, et cela appelle une présence missionnaire plus créative et plus audacieuse de notre part.

Dans ces conditions, et soucieux de l’espérance que nous portons, le Chapitre général recommande :


Prédication missionnaire

1. Que nos Unités oblates déclarent la prédication des missions paroissiales et autres formes de prédication missionnaire comme ministère important, appartenant à l’héritage de la Congrégation. Il faut revitaliser ce ministère en lui trouvant de nouvelles approches et de nouvelles stratégies. A souligner aussi que ce ministère doit être exercé en communauté, en collaboration avec les laïcs et les religieuses. Vu l’importance de ce ministère dans notre tradition, des efforts devront être faits pour l’intégrer dans nos programmes de formation première et continue.


Revitalisation

2. Que les Unités oblates développent un programme de revitalisation de notre mission, de notre catéchèse, de nos pratiques pastorales et de nos liturgies, en harmonie avec les églises locales.

Cela implique de former des communautés chrétiennes ferventes où la foi et la vie quotidienne sont intégrées, où la foi est vécue et célébrée de façon significative, et où la communauté se préoccupe vraiment de la vie de ses membres, en particulier en cas de grands besoins.


Mission et sécularité

3. Que toutes les Unités oblates développent une réflexion continue sur la mission et la sécularité en vue d’entrer en dialogue avec cette réalité complexe et omniprésente, sachant en même temps accueillir ses énergies morales et critiquer ses faiblesses.

3.1 Que le Conseil général[2] et les Unités oblates continuent d’explorer la possibilité de nouvelles communautés internationales pilotes, préparées à affronter les défis de la sécularité, le phénomène des sectes et des groupes fondamentalistes et qu’ils en favorisent l’établissement.

3.2 Le réseau d’Oblats qui oeuvre dans nos Instituts d’études supérieures, fournira aux Unités des ressources et organisera des sessions sur les enjeux de la sécularité, dans le cadre de la formation première et continue.


Solidarité

4. Qu’aux différents niveaux de la Congrégation, on favorise l’aide mutuelle des Unités plus jeunes et plus âgées afin de revitaliser réciproquement leur présence missionnaire.


Justice, Paix et Intégrité de la Création

5. Que les Unités oblates élaborent et révisent régulièrement leurs programmes de vie communautaire et de formation, ainsi que leurs plans d’action concernant le ministère pour la Justice, la Paix et l’Intégrité de la Création (JPIC) afin de promouvoir particulièrement ce qui suit :

5.1 La cohérence de nos vies personnelles et communautaires avec les valeurs de JPIC, et la volonté de contribuer efficacement par l’ensemble de nos diverses activités à la construction d’une société plus juste ;

5.2 Reconnaissant que les Frères Oblats s’insèrent mieux dans la vie séculière, comme témoins du Règne de Dieu, nous les encourageons et apportons notre soutien à leur présence dans l’Eglise et dans la société, en particulier dans leurs efforts pour promouvoir un monde plus juste. (cf. Appendice 1)
                       
5.3 L’intégration de l’étude et de la pratique de JPIC dans toutes nos maisons de formation ;

5.4 La formation d’animateurs laïcs dans les domaines de la politique, de la vie publique et de la prise de décisions ;

5.5 Inviter le Service général de Justice, Paix et Intégrité de la Création (SG-JPIC) afin de revitaliser et de renforcer les équipes d’animation JPIC dans les Régions et les Unités, en soulignant l’importance du travail fait à la base, et en collaborant plus efficacement avec les autres groupes, afin d’influencer de façon déterminante les lieux où se prennent les décisions qui affectent les pauvres.

5.6 Que le Comité général des Finances cherche, de concert avec les Directeurs de projets, des sources alternatives de financement, en dehors des instances Oblates, pour les activités au service de la justice et de la promotion humaine.


Dialogue

6. Que le Conseil général et les Unités oblates favorisent et soutiennent l’établissement et l’existence et de communautés et de groupes de soutien pour les Oblats engagés dans le dialogue inter-religieux et interculturel, en particulier dans les milieux musulmans, bouddhistes et hindous, ainsi qu’auprès des autochtones.


Mass médias

7. Que les unités Oblates encouragent l’apprentissage et l’usage approprié des mass médias, ainsi que leur évangélisation. (cf. Appendice 2)


2. Communauté oblate et Vie religieuse

Nous choisissons la communauté comme un moyen
pour nous laisser évangéliser sans cesse
et être témoins de la Bonne Nouvelle dans
l’Aujourd’hui du Monde
(TCA 7).

Il s’agit également pour nous, Oblats,
de nous convertir, pensée, cœur et action,
et de manifester plus de confiance et d’ouverture,
d’être disposés à partager le pouvoir et les responsabilités avec le laïcat
(MAM 74).

Nous ne sommes pas propriétaires
de notre charisme: il appartient à l’Église
(TCA 40).

Vu l’importance de la vie consacrée pour la vie de l’Église et la mission dans le monde d’aujourd’hui ; vu l’importance des effets de la sécularité et des autres réalités culturelles ; et vu que le Projet Immense Espérance nous a fait don d’une vie nouvelle et nous a permis d’approfondir l’espérance en la mission oblate, le 34ième Chapitre recommande :


« Ministre de l’espérance »

8. Que le Conseil général développe, à l’échelle de la Congrégation, un processus d’animation, centré sur les besoins personnels de chaque Oblat, afin qu’il soit « ministre d’espérance ».

Cet effort, qui ferait partie de la formation continue, comporterait deux dimensions principales :

a) Nourrir la vie communautaire et religieuse oblate ;

b)
Assurer la formation d’animateurs au niveau local et dans les Unités.


La première dimension inclurait des éléments tels que :

* L’intégrité personnelle et communautaire ;

* La viabilité et la taille des communautés locales (tant maisons que districts) ;

* L’option pour la transparence et la volonté de rendre des comptes à tous les niveaux ;

*
Reconnaître et faire sien les ministères de chacun des membres de la communauté ;

* Inclure éventuellement des laïcs et autres associés dans la communauté et sa mission ;

* Réfléchir ensemble avec des gens en dehors de la communauté ;

* L’examen des structures porteuses de vie pour la vie communautaire ;

* La question des Oblats vivant seuls ;

* Le soutien mutuel en cas d’épreuves qui menacent l’espérance.


La seconde dimension de ce processus serait la formation des supérieurs et de qui participe à l’autorité. Ce programme proposerait différents modèles d’autorité ainsi que les moyens d’acquérir les compétences pratiques, nécessaires à son exercice à tous les niveaux.

Étant donné que « nous serons toujours proches des gens auprès de qui nous travaillons, en tenant compte de leurs valeurs et de leurs aspirations » (C. 8), et étant donné l’esprit et les directives des Règles 37a et 37 b, le Chapitre général propose que :


Les Associés renforcent notre vie oblate

9. Afin que tous les Oblats découvrent le riche potentiel de la présence des Associés qui nous renforcent dans la vocation et la mission oblates, nous recommandons que :

9.1 Le Conseil général invite chaque Unité oblate à réviser et à évaluer sa propre expérience et ses engagements face à la demande d’Association dans tous les domaines : ministère, formation, vie communautaire, charisme, ainsi que les façons de partager le leadership, tout en respectant le Droit Canon et les Constitutions et Règles.

9.2 Le Conseil général établit une commission d’Oblats et d’Associés pour explorer les types de structures qui vont promouvoir les multiples aspects du phénomène de l’Association, sous ses diverses formes.

9.3 Le Conseil général, convoque un rassemblement d’Associés et d’Oblats (un « Congrès Aix 2 »), pouvant coïncider avec la rencontre intercapitulaire, qui prévoirait alors un temps de rencontre avec les participants.


3. Formation pour la mission


La rencontre avec le Christ
et l’intériorisation des valeurs
sont au cœur même de ce processus
qui dure toute la vie
(TCA 25).

… apprendre à aimer notre propre culture,
sans la rendre exclusive,
à s’ouvrir aux autres cultures, langues
(EPM 34).

Nous appuyant sur l’héritage de notre Congrégation comme corps apostolique multiculturel, nous reconnaissons la nécessité de dépasser les barrières culturelles et les frontières nationales et choisissons l’internationalité comme l’une des composantes essentielles de la formation missionnaire. Une telle formation requiert un certain niveau de maturité personnelle et d’identité culturelle.

Le Chapitre général recommande ce qui suit au Conseil général en collaboration avec les Régions et Unités :


Sessions de formation

10. Que le Conseil général et les Unités oblates facilitent la tenue de sessions pour la formation des Oblats et autres personnes qui partagent le charisme de saint Eugène, afin de les aider à :

10.1 Approfondir le vécu du charisme oblat ;

10.2 Comprendre et vivre l’ecclésiologie missionnaire de solidarité et de communion ;

10.3 Etre en mission à l’intérieur et de l’intérieur des cultures locales, en particulier de celles marquées par la sécularité.

Pour ces sessions, nous utiliserons au maximum notre Centre de Mazenod à Aix.


Former à l’internationalité

11. Le renforcement de la formation à l’internationalité. Au post-noviciat, inventer des moyens pour accentuer la formation à l’internationalité, en collaboration avec d’autres Unités. De plus, il convient de considérer sérieusement la possibilité que des Oblats fassent une partie de leur formation première dans une culture et une Province autres que les leurs.


Consolider les maisons de formation

12. Consolider et regrouper les maisons de formation existantes. Confiées à la responsabilité des Unités concernées, ces maisons de formation multiculturelles conviendront mieux à la formation missionnaire et seront situées dans des lieux que la Région juge importants et stratégiques pour la formation et la mission.


Maisons internationales de formation

13. La création de maisons de formation internationales qui rassemblent des jeunes Oblats de différents pays du monde, est un objectif privilégié pour toutes les Régions de la Congrégation,. Ce projet nécessitera la collaboration des Unités d’une Région donnée, travaillant en accord avec l’Administration générale. Il faudra aussi évaluer le Scolasticat international de Rome et sa contribution à la formation pour la mission internationale.


Implications et conséquences

14. Parmi les implications et les conséquences d’une formation à l’internationalité on trouve :

14.1 L’apprentissage, au cours de la formation première, d’une langue internationale de la Congrégation, autre que la sienne;

14.2 La formation de formateurs, en collaboration avec le Comité général et les Comités régionaux pour la formation.

14.3 Poursuivre la mise sur pied d’un réseau international de formateurs disponibles qui aideraient les équipes de formation à devenir plus multiculturelles et internationales.

14.4 Ceux qui ont reçu une telle formation devront s’investir pour un minimum de cinq ans dans le ministère de la formation première.


Institutions universitaires et centres de formation

15. Que l’Administration générale et les Régions portent une attention plus grande aux centres de formation et aux institutions universitaires. (cf. Appendice 3)


Comité général de la formation

16. Charger le Comité général de la Formation de coordonner la mise en pratique des directives ci-dessus. Cela suppose de faire un rapport à la prochaine session inter-capitulaire sur l’avancée de la consolidation des maisons de formation existantes. Cela suppose aussi de faire un rapport au prochain Chapitre général sur l’état de la mise en place des maisons de formation internationales.


Responsabilité financière

17. Explorer d’autres manières de partager la responsabilité financière de la formation entre les Unités.


4. Mission auprès des jeunes

Une mention spéciale doit être faite des problèmes
d’innombrables jeunes… sans points de repère et sans avenir…
(pourtant) les jeunes ont un rôle spécial à jouer,
surtout vis-à-vis de leur propre génération
(EPM 5, 13).

Selon notre Fondateur, notre présence parmi la jeunesse est cruciale pour l’évangélisation. La pauvreté de la jeunesse d’aujourd’hui n’est pas qu’une question de privation matérielle, mais elle est aussi systémique (chômage, drogues et dépendances, manipulation, exploitation sexuelle, travail des enfants, absence d’espérance pour l’avenir, famille brisées, VIH et SIDA, etc.). En dépit de tout cela, nous croyons que les jeunes ont une énorme capacité de transformer la situation grâce aux vertus évangéliques incarnées dans leur générosité, leur engagement face aux défis, leur ouverture à l’internationalité, leur soif de spiritualité, leur disponibilité au changement, leur sens de la justice, et bien d’autres valeurs.

En tant qu’Oblats, nous sommes touchés par la situation de la jeunesse et nous, comme le Fondateur, voulons répondre à ces appels, en affirmant que la mission auprès des jeunes est un ministère pleinement oblat. C’est pour cette raison que le 34e Chapitre général a introduit « la mission auprès de la jeunesse » dans nos Constitutions et Règles (cf. R. 7b). De plus, le Chapitre général invite et recommande :

18. Que les Oblats développent une pastorale missionnaire des jeunes comprenant les éléments suivants :

* Une relation authentique avec les jeunes, pour les respecter dans leur identité propre ;

* Ouverture, respect et sensibilité par rapport à leur identité et leur immersion dans une culture de communication et de technologie ;

* Promouvoir les valeurs qui les aident à grandir ;

* Les interpeller afin d’ élargir leurs horizons limités ;

* Gagner leur confiance et celle de leurs familles ;

* Inventer de nouvelles façons de les rejoindre là où ils sont ;

* Etre créatifs dans la liturgie et les célébrations.


19. Que chaque communauté apostolique:

19.1 s’assure que le ministère auprès des jeunes soit un effort communautaire plutôt qu’une initiative individuelle ;

19.2 développe un projet missionnaire orienté vers la jeunesse, confié à une personne précise pour l’animer.


20. Que chaque Unité oblate :

20.1 établisse un plan de mission auprès des jeunes ;

20.2 mette l’accent sur l’accompagnement personnel des jeunes comme étant un ministère important pour lequel elle veut sensibiliser et former des Oblats;

20.3 inclue le ministère auprès des jeunes dans les stages, au cours de la formation première ;

20.4 collabore avec d’autres, oeuvrant auprès de la jeunesse.


21. Que chaque Région oblate :

21.1 coordonne les initiatives locales pour le ministère auprès des jeunes et

21.2 crée et soutienne des communautés internationales d’Oblats en des lieux stratégiques (comme Lourdes).


22. Que le Conseil général :

22.1 organise en collaboration avec les Régions, un congrès international sur la Mission auprès des jeunes, pour être une occasion de partage d’information et de dialogue avec eux, spécialement avec ces jeunes qui collaborent avec nous ;

22.2 se dote d’un portefeuille ou d’un service pour la Mission auprès des jeunes.


5. Vocation à la vie oblate missionnaire

Nous croyons en notre vocation religieuse et missionnaire
et, confiants dans la générosité des jeunes d’aujourd’hui,
nous affirmons qu’ils ont le droit d’entendre
l’appel à devenir missionnaires Oblats
(TCA 29).

Puisque c’est normalement parmi la jeunesse auprès de laquelle nous oeuvrons que nous identifierons les jeunes gens qui se joindront à notre mission en tant qu’Oblats de Marie Immaculée, notre travail d’éveil vocationnel est naturellement en relation avec notre mission auprès des jeunes.

Nous sommes conscients de l’augmentation des vocations dans certaines régions, alors que d’autres vivent une crise de la vie religieuse. Mais tout comme au temps du Fondateur, les cris des pauvres s’élèvent de partout. Notre charisme, à la suite de saint Eugène, est d’entendre ces cris et d’inviter les jeunes gens, avec leur générosité et leur idéalisme naturels, à se joindre à nous pour répondre aux besoins du monde, dans la mission confiée à l’Église d’évangéliser les pauvres (Constitutions 52-53).

A cette fin, le Chapitre général recommande :

23. Que les Unités oblates :

* développent des communautés de qualité et encouragent la prière régulière pour les vocations ;

* fassent effort pour être présentes dans les écoles, les universités, les juniorats, dans les groupes et les mouvements de jeunes, les lieux de pèlerinages, les paroisses et les endroits riches en vocations ; et les lieux où se rencontrent les jeunes ;

* invitent les jeunes à des célébrations significatives, comme celles des ordinations, des professions, et des semaines spéciales dont le but est d’attirer des vocations.


24. Que les Oblats, les Associés et ceux qui partagent notre ministère dans les paroisses osent appeler les jeunes gens à se joindre à la Congrégation.

25. Que les responsables de chaque Unité nomment des directeurs de vocations (Oblats et/ou laïcs) qui ont cette charge comme ministère principal.

26. Que les Unités se rencontrent pour planifier et offrir à la pastorale des vocations des plans d’action concrets, adaptables à chaque réalité culturelle et ecclésiale.

27. Que les individus et les communautés de la Congrégation facilitent la mise sur pied de rassemblements de jeunes gens ayant les mêmes intérêts et la même attirance envers le style de vie oblat, afin qu’ils se soutiennent les uns les autres dans leur cheminement de discernement.

28. Que les Unités oblates forment des Oblats à l’accompagnement spirituel et au discernement des vocations.

29. Que les unités oblates reconnaissent que les jeunes attirent les jeunes, et qu’il faut donc faire en sorte que les maisons de formation soient visibles aux jeunes ; que la restructuration de ces maisons soit pensée en fonction des exigences de la pastorale des vocations.

30. Que les Oblats reconnaissent que la pastorale familiale est essentiel pour le ministère des vocations.


6. Autorité et Gouvernance

… Le fait d’être une Congrégation internationale est une chance…
Cependant, nous n’avons pas encore pris
la mesure exacte de cette réalité
(EPM 33, 34).

Afin de rester éveillés et de progresser dans la communion
et l’interdépendance il nous faut mettre en jeu
concrètement et réellement notre vie dans le groupe
(TCA 22).

Le Chapitre général reconnaît que la gouvernance n’est pas une fin en soi, mais un service pour donner vie et orientation à la communauté. Une autorité efficace implique d’être un signe vivant d’espérance dans un monde en changement. La fidélité au charisme oblat et au Projet Immense Espérance contribue à la dimension prophétique de la Congrégation.

Le Chapitre général affirme en outre que la Congrégation oblate exerce une gouvernance responsable et réaliste à travers le choix des supérieurs et autres responsables (C.82) :

* qui dialoguent et collaborent avec les communautés qu’ils servent ;

* qui définissent les projets de la communauté et en précisent clairement les objectifs ;

* qui identifient et fournissent la documentation et les références nécessaires ;

* qui allient vision et ressources dans l’élaboration des stratégies ;

* qui sont proactifs et répondent en temps opportun, sans précipitation indue ;

* qui établissent et maintiennent une relation juste et équitable avec l’Église et l’État (politiques et lois, contrats, possession de propriétés, problèmes personnels, etc.).

Par conséquent, il est fermement reconnu que la mission et la communauté oblates obtiendront leur efficacité maximum quand le leadership et la gestion seront valorisés et de grande qualité.

Ceci étant, le Chapitre général recommande :


Appel à une pratique efficace de l’autorité

31. Que le Conseil général ainsi que toutes les Régions et les Unités fournissent une documentation utile et efficace concernant le leadership et la gouvernance ; on devrait y trouver :

31.1 Une formation de base au leadership et à la gestion, destinée aux Oblats, à tous les niveaux, et cela, dès la formation première.

31.2 L’élaboration de politiques administratives et de procédures périodiquement remises à jour afin d’être pertinentes et de correspondre aux besoins courants. Le matériel ou les manuels suivants sont une aide indispensable à la bonne gouvernance et doivent être adaptés à chaque niveau de gouvernance :


a)
Vision et planification ou le document de stratégie qui

* décrit le futur possible qui peut être atteint ensemble ;
* montre comment grâce à une vision commune, certains intérêts trouvent leur réalisation;
* communique clairement les objectifs positifs, les perspectives prometteuses et un plan d’action.
* Affirme que la vision et l’animation spirituelle sont fondamentales

b) Des Directoires :
Administration, Biens temporels, Formation, Code d’éthique et normes professionnelles, Politiques de l’emploi et du personnel.


31.3 Des structures de soutien pour maintenir une animation efficace, en utilisant, par exemple, des services professionnels, des animateurs, des directeurs spirituels, des chercheurs, des superviseurs. La rencontre régulière et le travail en réseau des Oblats qui sont dans des ministères semblables ou qui ont des intérêts communs peuvent :
aider à créer et à renforcer une ambiance de respect mutuel et de soutien ;

* aider à clarifier les valeurs et les convictions ;

* permettre à ces valeurs et convictions d’être pratiquées et vécues.


31.4 Un processus d’évaluation régulière comme partie intégrante de la structure de chaque Unité.


Un regard vers l’avenir

Étant donné qu’au cours des 30 dernières années, la Congrégation est passée d’une croissance exponentielle à un déclin de l’ensemble, avec des régions en croissance et d’autres en rapide diminution ; étant donné que les tâches et les buts du gouvernement dans le Congrégation ont changé, et appellent à de meilleures structures organisationnelles pour faciliter la vie et la mission des Oblats, le Chapitre général recommande :

32. Que soit mise sur pied une Commission post-capitulaire sur le Gouvernement, (cf.. Appendice 4) représentative des différentes sensibilités présentes au Chapitre, qui :

32.1 reverrait les structures et le fonctionnement du gouvernement dans la Congrégation à tous les niveaux et

32.2 examinerait les possibilités d’établir des structures et un fonctionnement de gouvernement au niveau régional.


33. Que l’Administration générale continue le Projet Immense Espérance en garantissant une révision périodique de la vie et du ministère des Oblats dans les Régions et les Unités, en commençant par celles qui changent d’administration et poursuivant ensuite de mouvement de manière à couvrir toutes les Unités, sur une période de cinq ans. Cette révision concerne principalement la Visée Missionnaire et le Document de Stratégie, en utilisant la Visite de Pairs comme ressource principale.


CONCLUSION

Les recommandations du 34e Chapitre général sont la résultante des efforts combinés de l’ensemble de la Congrégation, de la Commission pré-capitulaire et du Chapitre lui-même.

Le monde a changé de façon dramatique depuis le dernier Chapitre de 1998. La peur est omniprésente. Les divisions entre riches et pauvres s’aggravent. Les religions, trop souvent, semblent avoir une part de responsabilité dans ces peurs et ces divisions. Nous sommes tentés de nous demander en quoi nos quelques actions, bien souvent imparfaites et inachevées contribueront-elles à l’espérance du monde? De façon réaliste, quelle espérance effective un Chapitre peut-il offrir aujourd’hui, à ses frères Oblats? à l’ Église? et au monde ?

Ancrés dans l’espérance évangélique qui est sans doute le don de l’Esprit pour ce 34ème Chapitre général, les paroles de Jésus nous parlent avec assurance et puissance, et nous poussent à approfondir encore plus notre espérance. “Celui qui est fidèle en très peu de choses, est fidèle aussi en beaucoup ” (Luc 16,10).

C’est notre espérance que la mise en pratique des résolutions du 34ème Chapitre général, nous aidera, nous et tous ceux qui partagent notre charisme, à être “fidèles en ce peu de chose” pour être fidèles aussi en beaucoup.

La préoccupation du 34ème Chapitre général a été de traduire nos paroles d’espérance en actions concrètes. Le résultat réel du Chapitre est entre les mains des Oblats et de ceux qui en partagent le charisme. Grâce à leurs efforts conjoints, nous pouvons passer des « espérances » à l’Espérance. Puisse Marie notre Patronne et Modèle d’Espérance, puisse St. Eugène, notre Père et Fondateur, nous accompagner en ce ministère d’espérance!


Appendices

Appendice N° 1
Mandat au Supérieur général en Conseil
d’établir un comité permanent pour favoriser la vocation des Frères

Le Chapitre général de 2004 des Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée donne le mandat au Supérieur général en Conseil d’établir un comité permanent d’Oblats (R149f), pour favoriser la vocation des Frères dans la Congrégation.

Ce comité fonctionnerait selon des statuts approuvés par le Supérieur général en Conseil. Les éléments suivants se retrouveraient dans les statuts, même si la terminologie utilisée est différente.

NOM:

1. Le comité, connu sous le nom de “Comité permanent pour les Frères”, est composé d’Oblats choisis par les Régions et par le Supérieur général en Conseil.

Son patron est le Serviteur de Dieu, le Frère Antoine Kowalczyk, O.M.I., 1866-1947.


MEMBRES
:

2. Chaque Région, selon les procédures approuvées par la Région, choisit un Frère pour être membre du comité.

Le Supérieur général en Conseil choisit jusqu’à trois Oblats additionnels – Frères ou prêtres – pour être membres de ce comité.

3. Les membres sont désignés pour un mandat de trois ans, renouvelable. Si possible, pour assurer la continuité, deux des Frères et un des membres nommés seraient désignés pour un premier mandat de deux ans, selon les procédures confirmées par le Supérieur général en Conseil.


BUTS
:

4. Le “Comité permanent pour les Frères” a pour fin première de permettre à tous les Frères Oblats d’apporter une contribution significative à la vie et à la mission de la Congrégation, leur permettant de donner un visage concret à la fraternité au cœur même du charisme oblat.

5. D’autres fins, en rapport avec l’animation de la vie et de la mission des Frères, seraient::

* poursuivre la réflexion théologique concernant l’apport spirituel, ecclésiologique et missionnaire des Frères;

* la pastorale des vocations pour les Frères;

* faire des recommandations au sujet de la formation première et continue des Frères dans la Congrégation;

* l’animation des Frères, en particulier dans les unités où il y a peu de Frères.

6. De plus, certaines questions en rapport avec la vie et le ministère des Frères feraient l’objet d’études et de recommandations, selon les circonstances. Parmi ces questions:

* établir un processus pour la représentation des Frères au Chapitres généraux;

* la valorisation et la mise en relief de la tradition oblate à propos des Frères remarquables pour leur sainteté et exemplaires dans leur apostolat missionnaire;

* l’utilisation des moyens de communication sociale pour mieux faire connaître les Frères et leurs diverses missions dans la Congrégation.


RENCONTRES
:

7. Le comité se réunirait au moins une fois par année, dans un lieu déterminé par les membres.


OFFICIERS DU COMITÉ
:

8. Le comité élit son Président, pour un mandat de deux ans, renouvelable.

9. Le secrétariat est situé au sein de l’Administration générale, et fonctionnerait selon un budget approuvé par le Supérieur général en Conseil.


RAPPORTS:

10. Le comité relève directement au Supérieur général et le Président lui rendra compte des activités.

11. À l’occasion du Chapitre général, un rapport écrit sur ses activités sera préparé et soumis aux capitulants, selon les procédures déterminées par la Commission pré-capitulaire.


FINANCES
:

12. Selon les circonstances, les dépenses encourues en rapport avec les activités du comité relèveraient de l’Administration générale. Les Régions contribueraient selon leurs possibilités à couvrir les frais de voyage et les autres dépenses occasionnées par les rencontres.


STATUTS
:

13. Le comité a des statuts, préparés après une consultation convenable. Une fois approuvés par le Supérieur général en Conseil, ces statuts ne peuvent être changés qu’avec le même consentement.

14. Le comité peut établir et approuver des politiques pour son bon fonctionnement, à condition que ces politiques soient conformes aux statuts approuvés. Ces politiques aideront le comité à atteindre ses fins.


DISSOLUTION
:

15. Si, avec le temps, il devient évident qu’une autre structure servirait mieux les fins envisagées pour le comité, le Supérieur général en Conseil peut, après consultation avec les membres, dissoudre le comité et le remplacer par une autre structure appropriée.


Appendice N° 2
Recommandation sur les Médias et l’Evangélisation

Le Chapitre général recommande à l’Administration générale de prendre l’initiative et de trouver les moyens pour mettre en relation les Oblats intéressés et engagés dans les Médias, ceux qui s’y connaissent et savent les utiliser et qu’elle rassemble des gens pour planifier leur futur développement et pour raviver et favoriser ce ministère dans la Congrégation.


Appendice N° 3
Recommandation sur les « Études supérieures » dans la Congrégation

Le Chapitre général recommande au nouveau Gouvernement central qu'il réfléchisse sur ces questions intimement liées :

i) la place des Études supérieures (c'est-à-dire la formation académique au-delà au minimum requis par la formation initiale) dans le charisme oblat.

ii) la place de nos institutions d'études supérieures dans le charisme oblat et, plus concrètement, dans notre vie et notre apostolat à ce moment-ci.

iii) comment le Gouvernement central pourrait jouer un rôle pour faciliter une plus grande collaboration entre nos diverses institutions d'éducation supérieure.


Appendice N° 4
Mandat du Comité post-capitulaire sur la gouvernance

Le Chapitre général des Oblats de 2004 donne mandat au Supérieur général et le Conseil, agissant en corps collégial, pour établir un Comité post-capitulaire sur le Gouvernement avec les attributions suivantes:

1. Le Comité devrait être relativement restreint. Il répondrait directement au Supérieur général et au Conseil, avec le droit de consulter d'autres Oblats ou personnes-
ressource. Il devrait représenter les diverses sensibilités de la Congrégation.
Un membre du Gouvernement central assurerait le lien avec le Supérieur général et le Conseil, et les services d'un secrétaire seraient fournis par l'Administration générale.


2.
Les tâches du Comité incluraient:

* Un examen des structures et du fonctionnement de la gouvernance dans la Congrégation au niveau du Gouvernement central:

- le Chapitre général (composition, nombre de participants, représentation, durée, Directoire du Chapitre, etc.)
- le Gouvernement central (attentes des Unités, nombre de membres au Conseil, composition, descriptions des postes, l'Administration générale, le lieu, la langue, etc.)

* Un examen des possibilités d'établir des structures du gouvernement ou d'autres mécanismes d'opération appropriés au niveau régional

- Secrétariat, réunions régulières
- Pouvoirs de gouvernement possibles à délégués

* Là où cela est approprié, un examen des structures et du fonctionnement des différentes Unités (Provinces, Délégations, Missions), surtout là où il y aurait un impact sur le Gouvernement général

- taille appropriée des Provinces, vision et planification, révision périodique, évaluation de la performance, les bureaux, portefeuilles et services, etc.
- façon de désigner les Supérieur majeur et conseillers (élection, nomination) et longueur du mandat.
- La préparation d'un texte pour présentation et étude au Chapitre général de 2010.


3. La méthode de travail serait établie par le Comité lui-même, mais cette méthode devrait inclure les éléments suivants:

* une analyse des structures actuelles;

* la consultation appropriée;

* un examen des propositions de changement déjà soumises;

* la prévision d'échanges réguliers avec le Supérieur et son Conseil;
* la préparation d'une ébauche de texte, qui serait soumise à la Congrégation pour consultation et révision, avant la présentation au Chapitre de 2010 pour échanges et approbation;

* si nécessaire, l'assurance que des démarches convenables soient entamées au préalable avec le Saint Siège en ce qui concerne l'approbation en principe des questions qui exigent son intervention.

4. Le financement de ce projet est la responsabilité du Gouvernement central et le budget du comité devrait inclure, entre autres choses, des réserves pour voyages et réunions, honoraires pour consultations d'experts si nécessaire, services d'un secrétaire, traduction des textes, l'imprimerie, l'expédition et les frais de poste.



[1] On trouvera les références aux documents des Chapitres précédents sous les sigles suivantes : EPM pour « Evangéliser les pauvres à l’aube du troisième millénaire » ; TAC pour « Témoins en communauté apostolique »; MAM pour « Missionnaires dans l’Aujourd’hui du monde. »

[2] Dans ce document on entend par « Conseil général » le Supérieur général et son Conseil.




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