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Documentation 236 French
Lettre auxjeunes Oblats
Wilhelm StecklingO.M.I.
Supérieur général

DOCUMENTATION OMI -- N. 236 Octobre2000

Table des matières

1 Prise de conscience d’une mission qui change

2 L’appelreçu comme Oblats

3 En conclusion : des étapes à courtstermes

4 Un projet pour toute la Congrégation

Chers jeunes Oblats

Meilleurs vœux de Romeen cette année du Grand Jubilé ! Le Jubilé est untemps de renouveau. Tous les sept ou quarante-neuf ansou bien au choixune Année Sainte est promulguée. Le peuple de Dieu s’arrêtepour ainsi direpour faire le pointpour devenir plus conscient de sadépendance envers Dieude sa mission dans le monde et de ce dontil a besoin pour prendre un départ plus vigoureux. Le Grand Jubiléde l’an 2000 tire vers sa fin au moment où j’écriscette lettreet le 1er janvier 2001le Troisième Millénairecommencera vraiment. En tant qu’Oblats sommes-nous prêts àprendre un nouveau départ à partir de cette prise de consciencefaite aujourd’hui et du lieu où se trouve notre mission ?

Avant de terminer l’année2000j’ai pensé vous adresser quelques motsparticulièrementà vousles jeunes membres de la Congrégation. C’estvous qui êtes appelés à ouvrir les nouveaux sentiersque nous devons prendre. Si nous regardons les chiffresvous êtesenviron 900en comptant ceux qui se trouvent dans les cinq premièresannées de ministère et en formation première. Votrenombre s’est accru les trois ou quatre dernières années.Ainsi vous représentez une force missionnaire considérable.

Au moment où je memets à composer ces lignes je prends quelques jours de repos àl’endroit où j’ai fait mon noviciat. L’environnementévoque en moi l’idéalisme de mes propres commencementsen tant qu’Oblat et me fait prendre conscience des changements quidepuisont eu lieu. J’ai aussi participé récemmentà la réunion des Supérieurs générauxdes Instituts religieux masculins qui se tient deux fois par an. Dansplusieurs de nos dernières sessions nous avons voulu réfléchirsur ce qu’on pourrait appeler « une re-fondation ». Cemot nous indique la direction de ce qui nous est proposé par leJubilé : un départ renouvelérépondant àla question : « Que ferait le Fondateur lui-même aujourd’huimis en présence des paris et des provocations du monde actuel ?Le mot « re-fonder » ne signifie pas que nous sommes décidésà créer une Congrégation différente. Celaimpliquecependantque nous devons renouveler en nous-mêmes l’espritde nos commencements si nous voulons avoir un impact dans notre monde.Tout change si vite d’un jubilé à l’autreetsans renouveau sérieux nous ne serons pas capables de rester enphase avec son évolution.

1 Prise de conscience d’unemission qui change

Le sujet du dernier Chapitregénéral était la mission. Le message de conclusiondébute à partir d’un regard sur le monde actuel «aimé par Dieu » (EPM 1). Ceux que Dieu aime d’une manièretoute spéciale sont les pauvres aux multiples visages. Le nombrede ceux qui sont matériellement pauvres s’accroît dramatiquement.Pendant la période allant de 1999 à 2000 seulementle nombrede ceux qui ont dû survivre avec un dollar par jour s’est accrude 13 à 15 milliards de personnes. De nouvelles sortes de pauvretéprennent naissancepar exemple à travers l’émigration.Ainsi notre mission Oblatequi consiste à apporter la Bonne Nouvelleaux pauvres devient plus urgente que jamais. Ceci est un des changementsil demeure très frappant. Mais quelle forme devrait prendre notremission à l’époque actuelle ?

  • Changements dans l’Ouestl’Estet le Sud

Les défis sont variés en fonctiondes différentes parties du monde où la mission Oblate estprésente.

Les changements en Occidentsont évidents. La religion chrétienne a perdu la plupartde ses pouvoirs en tant qu’institution publique. L’Égliseest devenue un groupe minoritaire. Le clergé et les religieux sontmoins respectés par le public et même parmi les chrétiens.Les vocations pour ce mode vie sont en diminution. D’autre partdes événements tels que les Journées Mondiales dela Jeunesse à Paris et à Romeavec un ou deux millionsde jeunes qui y ont respectivement participésmontrent qu’ily a une ouverture visant la découverte de l’Évangile.Nous exprimons cela en nous servant de différentes appellationsà propos de ces réalités qui changent : laïcitépostmodernismela fin de la « Chrétienté ». A partir de ces changementsabordons avec courage la question : àquoi va ressembler le modèle futur de l’Église àl’Ouest ? Je suis heureux d’annoncer que courant 2002les Oblatstiendront un congrès sur la missionspécialement dans l’Amériquedu Nordavec le titre de « Missionnaires affrontés àla laïcité ». Le congrès se centrera surla réalité du premier monde. Quelques Oblats expertsvenantd’autres parties du mondeseront invités car les changementsqui commencent à l’Ouest nous affectent tous.

L’Est a vécusous le signe du martyr pendant l’hégémonie du communismepresque dans le silence total. Beaucoup d’épisodes demanderaientà être racontésmaintenant que le rideau de fer estouvert. Un livreécrit par un jeune écrivain oblat d’Ukrainerelate la persécution religieuse dans la région oùil se trouvait. Ce livre est devenu un best-seller dans son pays. Étanten contact avec des Oblats dans les pays de l’Estje réaliseles possibilités remarquables qui se sont ouvertes maintenant pourl’Évangilepar exemple dans l’est de l’Ukraineou au Turkménistan. En même tempsles gens de l’Esteux aussiont à faire face aux défis de la sécularisationet de la mondialisation. Ce serait bien si les petits groupes oblats del’Est ne restaient pas plus longtemps inconnus. Actuellementcesderniers envoient à l’extérieur du pays de nombreuxmissionnairesmais quelques pays de l’Est pourraient aussi recevoirun petit nombre d’Oblats venant d’autres parties du monde. C’estce qui a commencé à se produire avec la récente fondationen Roumanie.

Depuis quelque temps maintenantnous avons entendu dire quedans le Sudune nouvelle approche missionnaireétait mise en route. Elle s’exprime à travers les communautéschrétiennes de basela théologie de la libération.La piété populairel’inculturationle dialogue inter-religieuxet des liturgies très vivantes sont un élément decette pastorale. Dans beaucoup d’endroits les communautésde croyants sont vitales et s’accroissent. Les vocations àla vie religieuse et au sacerdoce sont nombreuses. Le mystère pascalest présent dans nos missions du Sudlà où les Oblatssouffrent de violence d’origine politique ou criminelleet mêmede guerre ouverte. Depuis peules modes d’expression chrétiennedans le Sud ont une influence croissante sur l’Église universelle.Dans quelques années les catholiques de l’Amériquelatine constitueront 50% de tous les catholiques dans le monde. Notreliturgie sera de plus en plus transformée par des réalisationsmulticulturelles. Nous devrons discuter de ce qui devient la naissanced’un pluricentrisme dans l’Église. Nous aurons àdialoguernettement plus en profondeuravec les religions auxquellesappartiennent deux tiers de l’humanité.

  • Deux conséquencesdu changement

Les missionnaires ont toujoursapporté avec eux un certain modèle d’Égliseet de la mission dans les pays qui se trouvaient en dehors des vieilleschrétientés. A l’époque qui a suivi la fondationdes Oblatsles différentes Églisesdans beaucoup de payset culturesont été façonnées selon les modèlesde l’Ouest. Que le Nord soit celui qui donne tout et le Sud celuiqui reçoit tout n’est plus actuellement le cas.1

  • Le besoin de trouver de nouvelles ressources

Parmi les Oblatsde moinsen moins de personnel est transféré des pays occidentauxvers d’autres Églises. L’Est envoie des missionnairesà l’extérieur en grand nombrede même que lesprovinces oblates dans le Sud. C’est pourquoi de moins en moins deressources matérielles et financières seront envoyéesen provenance des anciennes chrétientéset nos économesnous avertissent qu’il pourrait y avoir un glissement radical danscinq ou dix ans. Aussi bien dans les domaines du personnel que des financesles changements dans la mission vont affecter nos vies en tant qu’Oblats.Je suis toujours heureux si je trouve en vousles jeunes Oblatsuneattitude de simplicité et de modestie pour faire face àla nouvelle situation missionnaire. Même en ce qui concerne notrevie matérielle nous aurons à nous appuyer de plus en plussur la coopération avec la population localeavec les laïcs.Dans le Christils sont nos frèresnos sœurset nos mères(Mc 334) et ils ne nous abandonneront pas. Je veux aussi dire que jeserais plein d’appréhension sidans les manières defaire que je découvraisune « chrétienté »puissante restait notre modèle pour le futur.

  • « L’appel à «inverser la mission »

Les jeunes Oblats dans leSud me demandent bien souvent : mais que se passe-t-il dans l’Ouest? Pourquoi y a-t-il si peu de vocations religieuses ? La discussion quis’en suit leur fait réaliser la plupart du temps que l’Ouestpeut avoir besoin d’aide. Dans ce casc’est vraile déclinde la «chrétienté» nous affecte tous. Les forcesvitales des jeunes Églises auront à redonner confiance aunombre faiblissant des plus vieilles. Elles savent déjàce que signifie avoir peu de prêtrespeu de moyensde vivre dansune situation minoritaire et ainsi elles peuvent apporter leur contributionen utilisant leurs expériences. De plusdans l’Est et leSudde nouveaux modèles d’être disciple et de construirel’Église sont en train de se mettre en place. Elles peuventdevenir un moyen d’enrichissement pour tous. L’Ouest est-ilprêt à recevoir des missionnaires Oblats venant d’ailleurs? Quand le Conseil général a tenu sa session conjointe enmai avec les Supérieurs majeurs européensnous avons entendules besoins majeurs de l’Europe tels qu’ils étaient exprimés.Quelques participants de l’hémisphère sud ont soulevéla question : ne nous avez-vous jamais demandé de l’aide ?Que chacun de nous écoute ce nouvel appel qui nous vient du changementdes modèles missionnaires.

  • Quelle sorted’Église allons-nous bâtir ?

Chaque continentchaquepaysest tellement différentet nous Oblatsdevons répondreaux besoins locaux des pauvres. En même tempslorsque je voyageun peu partoutje réalise qu’existent quelques réalitésque nous possédons en commun. Le Chapitre a mis l’accent surquelques-uns de ces points qui nous concernent tous. Celui-ci a parlépar exemplede l’interdépendance et de la mondialisationdu dialogue et d’une évangélisation intégraled’audace pour l’Evangile et le dialogue inter-religieux. Ainsinous avons abordé ensemble les questions suivantes : comment proclamerle Royaume et sa Justice ? Quel langage utiliser dans une sociétééduquée et transformée par les médias ? QuelleÉglise doit être créée pour faire face àl’époque actuelleau service du Royaume et comme un signede sa présence ?

Le nouveau modèlede l’Église doit être encore mis sur pied. Quelquesfondations visant la construction de cette nouvelle Église sontdéjà visibleset nous pouvons construire en nous appuyantsur elles. Le Synode africain de 1992 déclare que l’Égliseque nous devons construire sera comme une grande famille. De récentsdocuments issus du Vatican parlent de la communion et de la variétédes charismes qui doivent caractériser l’Église dufutur. Ce sera une grande communauté où les différentsdons de l’Esprit sont reconnus et où vivre selon les différentscharismes est encouragé par les pasteurs. Cette attitude soutiendrale laïcat dans sa mission auprès du monde du 21èmesièclelequel est aimé de Dieu.

Dans cette Égliserenouveléequelle peut bien être notre contribution spécifiqueen tant qu’Oblats ? Le dernier Chapitre général a bienmontré un chemin qui apporterait une réponse. Le Chapitreexprime ceciaprès sa réflexion sur notre mission : «Voilà la tâche missionnaire qui se présente ànous au moment où nous franchissons avec confiance le seuil d’unnouveau millénaire. Elle nous renvoie à nous-mêmesà ce que nous sommes… Puissions-nous comprendre ce quenous sommes » écrit Eugène de Mazenod (EPM23). Ainsi réfléchissonsnon seulement sur leschangements dans le champ de la mission. Peut-être y a-t-il un défiurgent auquel il faut répondre : celui de devenir vraiment «ce que nous sommes ». Notre impact missionnaire dépend ducomment nous sommes conscients de notre appelde notre identité.

2 L’appel reçucomme Oblats

Ainsicommentpouvons-nousOblatsnous définir à l’intérieurd’un cadre qui est communion des forces et des groupes spirituels quivont élaborer l’Église de ce nouveau siècle ?A l’intérieur d’une Église conçue comme communionnous avons besoin de saisir notre identité spécifiquecharismatiqueen tant que religieux et missionnaires. Chaque groupe particulier doit suivreson appel spécial à rencontrer le Christ et à contribuerà la construction de l’Église. Si chaque élémentétait exactement le mêmela construction de cette nouvelleÉglise tomberait à platou bienen utilisant une autre imagele Corps du Christ manquerait de certains organes vitaux.
  • Appelés comme missionnaires etreligieux

En tant qu’Oblats nousavons été fondés dans un but spécifique pourlequel un besoin impérieux existait jadis en 1816 dans le midide la France. Le Fondateur perçut cet appel comme venant de l’Espritet nous conduisit d’une manière déterminée afinde remplir cette mission. L’Église approuva cette nouvellefamille dotée d’une Règle particulière. L’année2001 sera la 175ème année depuis que les Constitutionset Règles des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée furentadoptées pour la première fois. Nous avons un droit d’existeruniquement sous cette Règleselon l’appel reçu entant que missionnaires et religieux. Je suis toujours un peu bouleversélorsque demandant à un jeune Oblat : pourquoi voulez-vous devenirOblat ? Je reçois cette réponse : parce que je veux devenirprêtre. Probablement il ne veut pas dire cela littéralementmais il doit y avoir quelque chose de plus que de vouloir devenir prêtre.Est-il conscient qu’il sera envoyé sur les frangesdans lesmissions difficileset même en dehors de son propre pays ? Reconnaît-ilaussi que nous sommes comme l’exige notre mission (C 12)une société de religieux ? A-t-il vraiment considéréla vocation de Frère ? Un groupe d’Oblatsqui nous fait prendreconscience de notre condition de religieuxest celui des Frères.Le Chapitre a consacré une attention spéciale à cesderniers. Faisons en sorte de devenir conscients d’une nouvelle manièrede notre identité comme missionnaires et religieux. Mêmeles sociologues nous disent que les minorités (comme notre Congrégationou l’Église) agissent beaucoup mieux si elles montrent clairementleur identitérefusant d’être simplement intégréesdans la culture dominante. Pourquoi de nouvelles fondations comme cellede mère Thérèse de Calcutta sont-elles si prospères? Parce que tout un chacun comprends qu’il doit y avoir une réponsefaite aux gens mourant dans les rues. La société implorepour avoir de l’aide sur ce point. Ne soyons pas effrayésd’être spécifiquement Oblatscomme Eugène àAix. Acceptons de refondre son groupe de missionnaires religieux dansle contexte du village global d’aujourd’huiécoutantles pauvres et répondant à leurs gémissements.

  • Vivre en communauté et travailleren équipe

« Puissions-nouspouvions comprendre ce que nous sommes ». Une part importantede notre identité est de vivre en communauté et de travailleren équipe. Je désire réellement que les jeunes Oblatsnous poussent dans cette direction et je perçois qu’il y alà une attente pour une vie de communauté. Je cite quelquesphrases à partir de ce que les jeunes Oblats ont dit avant le dernierChapitre : « Il est nécessaire que la communauté soitun corps vraiment apostolique : notre vie et notre travail en équipepeuvent devenir un signe prophétique qui secoue l’individualismerégnant dans le monde d’aujourd’hui ».2Je cite aussi à partir d’une lettre que le Conseil générala reçue et étudiée au commencement de cette année.Elle venait de trois Oblatsdeux d’entre eux engagés dansdes études doctorales. «Nous envisageons des communautésinternationales constituées en ‘Maisons’. Environ cinqhommes consacrés à l’accomplissement d’une actionmissionnaire ordinaire et intense auprès des pauvresmatériellementparlantdans un secteur déterminé…. Comme notre ministèreapostolique est participation à la mission du Christnous voudrionsnous consacrer à une vie de prière intense et régulière…Nousvoudrions nous engager dans une oraison prolongée chaque jour….Un jour par semaine serait réservé pour la prièreet la réflexionaussi bien que pour une récréationcommunautaire. ».

Vita Consecrata nousrappelle que comme religieux nous sommes experts en communion (VC46) et le Saint Père continue pour dire dans le même documentque « l’Église confie aux communautés de vieconsacréele devoir particulier de développer la spiritualitéde la communion d’abord à l’intérieur d’elles-mêmespuis dans la communauté ecclésiale et au-delà deses limites. » (VC 51) Iciles différentes associationsde laïcs associés entrent dans le tableau. Ils partagent notrecharisme et quelque fois nous réveillent en nous demandant quinous sommes. Ils peuvent aussi étendre cet esprit oblat de famillecet esprit de communion « dans la communauté ecclésialeet au delà de ses limites». Comme fils et filles de St Eugènenous avons hérité d’un amour spécial pour l’Église.Comment pouvons-nous comme communauté devenir davantage ensembledes experts confirmés en communion pour l’Église etle monde ?

  • Internationalité

Vousles 900 jeunes Oblatsà qui cette lettre s’adresse en premiervenez d’environ50 pays. Deux tiers d’entre vous appartiennent aux Régionsd’Afriqued’Asie et d’Amérique Latine ; le tiersrestant est divisé également entre l’Est et l’Ouest.Ces informations signifient que la Congrégation a subi un grandchangementétant donné que la partie la plus âgée70%soit 3 770vient de l’Ouest. Dans le futur ce sera àl’hémisphère sud et à l’Est d’envoyerla plus grande partie des missionnaires. Etes-vous prêts àêtre envoyés ad extraad gentes ? C’est ce quebeaucoup de jeunes Oblats sont maintenant en train de demander pour leurpremière obédienceet je considère cela normal pournous. Parmi la vieille génération environ 30% travaillentdans un pays autre que le leur ; parmi vousles jeunes membresnousavons seulement atteint 20% à ce jour. Je considéreraiscomme normal pour une Congrégation comme la nôtresi chaquescolastique ou Frère passait au moins une année àl’étranger pendant sa période de formationune pratiqueque quelques Provinces ont maintenant introduite. Cela pourrait nous rendreconscients queen tant que missionnairesnous devons nous rendre prochesaller dans les maisons où habitent ceux qui sont culturellementdifférentspour nous enrichirpour les écouter et pourpartager notre foi avec eux dans leur langue.

En conclusion : des étapesà courts termes

Regardant notre missiondans un monde qui changeprenant conscience de notre propre identitécomment pouvons-nous amorcer un nouveau départ au débutde ce nouveau millénairecomme le suggère le Jubilé? Je propose à votre attention deux domaines et un projet.

  • Réalisons la mission ensemble

Un moyen de renouveler notremission est de prendre sans arrêt des initiatives spécifiquementmissionnairesmême très humbles. Selon l’esprit denotre Fondateur nous devons réaliser cela ensemble.3Dans la formation premièreefforçons-nous de connaîtreles pauvres en étant proches d’euxde partager nos vies etnotre foi avec euxet ainsil’apport de cette expériencedans nos prières et nos études devient un excellent moyend’étudier la théologie (cf. EPM 38). Pour ceux quise trouvent dans les premières années de ministèrecertains efforts missionnairespar exemple avec la jeunessepourraientnous aider à découvrir de nouveaux chemins. Si les jeunesOblatspendant leurs cinq premières années de ministèrese rencontrent régulièrementils seront capables de sedonner un support humain et spirituel (cf. C 69).4 Si ensembleet en dialogue avec leurs supérieurs ils développent quelquesinitiatives missionnairesmême si elles sont temporaires ilsseront bientôt à même de créer une nouvelledynamique dans leur Province et même au-delà.

  • Construisons la communauté

Une question trèsconcrète est celle de la vie de communauté aprèsla formation première. Au cours d’une visite récentefaite à plusieurs Provincesj’ai eu l’impression queles communautés de district fonctionnaient tout à fait bien.Mais je ne pourrais pas dire la même chose des petites communautésou « Maisons » que j’ai visitées. Le style pourraitse résumer en ceci : deux ou trois Oblats vivant dans une maisonprient Laudes ensemble et prennent leur repas en commun. Le reste estune accumulation d’activités. Je constate des manièresde faire analogues dans des endroits où de grandes communautéssont établies. Les jeunes Oblats particulièrementsemblentavoir besoin d’autre chose et attendent plus qu’un minimum.Ils attendent par exemple un partage de foiune prière silencieuseune réflexion permanente sur la mission et une planification communeaussi bien que plus de loisirs pris ensemble. Mais les jeunes ne sontpas toujours aussi ouverts sur ce sujet que ceux dont nous avons citéla lettre plus haut. En regardant la Congrégationje trouve quela vie quotidienne dans les communautés en « Maisons »est le plus important défi auquel nous avons à faire faceaujourd’hui. J’ai partagé cette manière de voiren plusieurs occasions et personne ne m’a encore contredit. Afind’apporter plus de vie à nos communautés chacun denous doit devenir un constructeur actify incluset même d’unemanière toute spécialeles plus jeunes Oblats.

Un projet pour la toute laCongrégation

Je vous écris cettelettre à un moment où le Gouvernement central est en trainde lancer un projet d’importance qui a pour but d’impliquerla totalité de la Congrégation et devrait nous conduireau prochain Chapitre en 2004. Ce projet nous a été suggérépar la lettre du Chapitre qui nous dit en ces termes : « Evangéliserexige une évaluation constante de nos pratiques missionnaires…prenonsle temps d’évaluer et de discerner… » (EPM 19).« Nous nous engageons… à poursuivre la révisionde nos engagements missionnaires à la lumière de notre charisme» (EPM 41). Le Conseil général a senti que ceci décrittout à fait le nouveau départ que le millénaire noussuggère. Lorsque nous avons parlé de ce projet avec lesProvinciaux et travaillé sur celui-ciun titre a étéproposé : DISCERNER LA MISSION OBLATE – FAIRE NAITRE UNE IMMENSEESPÉRANCE. Nous avons l’intention de proposer plus ou moinsla même esquisse à nos 75 ProvincesDélégationset Missionsavec beaucoup de libertépour prendre en compte lasituation locale. Confions cette entreprise si importante à l’EspritSaintet à vouschers jeunes Oblats. Que notre mission oblatecorresponde à l’appel de Dieu au moment où nous entronsdans le 21ème siècle ! Ensemblesous sommesenvoyés pour évangéliser les pauvres.

Romele 8 septembre 2000
Wilhelm Stecklingo.m.i.
Supérieur général

1 D’après les statistiques concernantle monde entierplus de missionnaires issus d’Églises quin’appartiennent pas à l’Ouestsont maintenant envoyésà l’étrangerque ceux issus des lieux traditionnelsd’envoi dans l’Ouest ( Mission FrontiersJune 2000p. 23)

(/I<2> Jeunes Oblats dans le ministèreet en formation. (Document de travail du Chapitre) 1998DocumentationOMIn· 223n· 3.

3 Voir l’article de B. Dullier «La communauté pour saint Eugène de Mazenod » dansDocumentation OMI n· 230 et n· 231

4 C 69 La formation continue englobetous les aspects de la vie personnelle de l’Oblat. Elle renouvelleet développe sa vie spirituelle et ses ressources intérieureselle favorise la croissance de sa maturité émotionnelleet affectiveelle perfectionne son savoir-faire pastoral. A toutes lesétapes de son développementelle l’aide à vérifiercomment se réalise l’unité entre sa vie et sa mission.




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