| Témoins devant le monde Témoins devant le mondePère Wilhelm Steckling, OMI
Lors d’événements sportifs importants, la télévision transmet souvent l’interview d’un athlète, tout de suite après le match. Pourquoi les médias aiment-ils cela ? Le champion est en transpiration, la championne reprend son souffle… pourquoi ne pas attendre qu’ils aient pris leur douche ? Les reporters n’ont pas l’air de s’en préoccuper, ce que les médias cherchent à montrer c’est l’excitation du jeu et la passion. En d’autres mots, ils ne cherchent pas à faire un rapport distant et objectif, ils veulent recueillir les impressions toutes fraîches d’un témoin.Supérieur Général RENCONTRE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE OBLATE 2008 Discours d’ouverture du Festival sur le Charisme Le thème de cette rencontre internationale de la jeunesse oblate 2008 traite du témoignage. Plus précisément, il s’agit de “Témoins devant le monde”. À la vérité, le monde entier est représenté ici, dans ce groupe-ci, et d’avantage encore dans le grand événement des Journées Mondiales de la Jeunesse. C’est un fait, le monde entier veut nous regarder, mais il ne veut pas voir des gens distants et réservés, il veut voir des témoins. Sommes enthousiastes de quelque chose ? Quelque chose nous passionne-t-il? C’est le bon moment pour le montrer! Le Pape Jean-Paul disait dans son encyclique sur la mission: “ les gens d’aujourd’hui font davantage confiance aux témoins qu’aux maîtres, à l’expérience plus qu’à l’enseignement, à la vie et l’action plus qu’aux théories. Le témoignage d’une vie chrétienne est la première et irremplaçable forme de la mission »[1] Une question peut maintenant se poser: Comment devient-on témoin ? Je suis déjà chrétien et j’ai mes convictions, mais suis-je un témoin ? Est-ce même possible que j’en devienne un ? Je crois que la réponse est « oui » parce que le thème des Journées Mondiales de la Jeunesse de Sydney contient une promesse : « Vous recevrez une force quand le Saint Esprit sera venu sur vous ; et vous serez mes témoins » (Ac1,8). Arrêtons-nous là-dessus comme premier point de ce discours d’ouverture. Dans un deuxième point nous nous tournerons vers le monde qui nous entoure. Témoins devant le monde – mais à quoi le monde ressemble-t-il, surtout si nous le regardons sous l’angle du charisme oblat ? Ensuite dans un troisième et dernier point, nous pourrons nous poser une question supplémentaire : de quoi serai-je témoin ? Qu’est-ce que je suis supposé transmettre au monde sous l’angle du contenu ? Je traiterai ces points à partir d’une perspective oblate, en considérant l’ensemble de la Congrégation, présente en 67 pays, puisque telle est la rencontre internationale 2008 de la Jeunesse oblate et que nous participons au Festival du Charisme oblat. I. Est-ce que je pourrai devenir témoin ?Un chrétien sera témoin seulement s’il a vécu une expérience du Christ dans sa vie. Un témoin parle de choses qui lui sont arrivées réellement et desquelles il/elle est convaincu(e). Par exemple : les apôtres et Marie ont vu le Christ ressuscité, ils ne pouvaient donc pas rester tranquilles à ce propos. Voilà la première étape pour devenir témoin: faire l’expérience de Dieu dans le Christ. Notre charisme oblat a commencé à exister quand St Eugène, à 25 ans, a fait l’expérience du Christ, le Vendredi Saint. Il a pleuré amèrement ses péchés et en même temps a versé des larmes de joie à cause de l’amour qu’il a ressenti. Avant cela, il avait déjà vécu bien des choses : la condition de réfugié comme enfant, l’ennui de l’exil et la solitude de l’adolescent, les réjouissances qui s’organisaient en Sicile, les projets de mariage, une fois revenu en France, le divorce de ses parents, la difficulté de trouver un sens dans cet embrouillamini. Tout cela St Eugène l’a vécu. Il y a une différence entre ce qui simplement arrive et une vraie expérience. Pour certains, les choses simplement arrivent et ils n’apprennent rien, ils n’approfondissent pas. Cela peut briser une personne. Les expériences ont besoin d’être réfléchies, digérées et enfin, exposées au regard de Dieu. Ce que les autres m’ont fait peut sembler blessant et je peux ne pas faire bonne figure dans ma façon de réagir. Cependant, je puis en tirer quelque chose de valable et même en faire une expérience de Dieu, si je l’expose à son regard. Voilà ce avec quoi Eugène de Mazenod s’est débattu bien des fois avant ce Vendredi Saint. Et puis, soudain, la liturgie lui a parlé et la brèche s’est faite. Il a confessé ses péchés et les événements de sa vie passée ont débouché sur une rencontre encore plus forte avec le Christ Sauveur. Sur ce fondement, il a pu devenir témoin de ce qu’il a vu et entendu. Nous lisons de même dans la Bible, dans la première Lettre de Jean : « … ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché… car la vie s’est manifestée et nous avons vu et nous rendons témoignage… ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi… » (1Jn1,1-3) Après l’expérience de Dieu dans le Christ, il y a une deuxième étape. Les apôtres et Marie et les autres disciples ont vu le Christ ressuscité, le dimanche de Pâques, mais ils ne sont pas devenus témoins actifs immédiatement. Il a fallu d’abord un temps d’apprentissage, et ils ont eu besoin de 50 jours bien remplis pour y arriver. « vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins » voilà le thème des JMJ. Nous avons besoin d’un don spécial du Saint Esprit pour devenir témoins. Ce don spécial est aussi appelé « charisme » ; il y a beaucoup de charismes du Saint Esprit. Vous vous trouvez ici comme Jeunesse oblate, attirés par l’un des dons de l’Esprit qui est le charisme oblat. Une réalité qui a pris forme progressivement après l’expérience de Dieu que St Eugène a faite ce Vendredi Saint ; il a fallu du temps pour qu’il se développe. De plus en plus il s’est senti apte à travailler avec les pauvres, les domestiques, les prisonniers. Il a fondé un mouvement de jeunesse qui a compté des centaines de membres, des gens très engagés. Finalement il s’est senti capable de transmettre ce pouvoir, ce charisme à un groupe de compagnons quand, en 1816, il a fondé la Congrégation des Oblats. Et moi, est-ce que cela pourrait m’arriver à moi aussi ? Evidemment ! Dans notre vie chrétienne, cela nous arrive par le Sacrement de la Confirmation. Oui, c’est possible ! Le Saint Esprit existe aussi pour moi, et chacun doit entendre son appel, chacun a vocation à être témoin à sa manière. Au cœur de la Congrégation oblate, nous trouvons un troisième élément pour devenir témoin et c’est une belle surprise : comme témoin, je ne serai jamais seul. Tout seul, je ne durerais pas très longtemps, mais l’Esprit crée une communauté pour me soutenir et me réveiller. Le Pape Benoît dit dans son message à ces JMJ : « la fécondité apostolique et missionnaire n’est pas due principalement aux programmes et aux méthodes pastorales, mises au point pour être efficaces, mais elle est le résultat de la prière constante de la communauté ». C’était le cas dans la Chambre haute à la Pentecôte ; cela arriva aussi quand le charisme oblat est venu à l’existence et qu’il se répète chaque fois que l’Eglise célèbre l’Eucharistie. La promesse du Christ ne dit pas : tu seras mon témoin, mais : « vous serez mes témoins », au pluriel. Personnellement, moi Wilhelm Steckling, je serais difficilement devenu missionnaire sans le soutien et le stimulus de la communauté, et parlant des Oblats, cette communauté agit comme une bonne famille qui m’encourage et quelques fois me pousse. Ainsi, nous savons déjà comment devenir témoin : en faisant l’expérience de Dieu dans nos vies, et nous laissant fortifier par le Saint Esprit et en trouvant le soutien d’un groupe, une communauté. Mais ce n’est que le stade initial du voyage mais qui déjà offre suffisamment d’argument pour faire partie de la Jeunesse oblate. Nous ne pouvons quand-même pas nous arrêter ici, le Saint Esprit, Esprit de force et de témoignage nous pousse plus loin. Le Pape Benoît nous dit dans son message au JMJ: « N’oubliez jamais que l’Eglise, de fait l’humanité elle-même, tous les peuples autour de vous maintenant et ceux qui vous attendront à l’avenir, attendent beaucoup de vous, jeunes gens, parce que vous avez à l’intérieur de vous-mêmes le don suprême du Père, l’Esprit de Jésus. » Le monde peut-il espérer autre chose de nous ? Le monde d’aujourd’hui est très critique et exigeant. Notre témoignage devra prendre telle ou telle forme selon le contexte dans lequel nous vivons. Comme prochaine étape, réfléchissons à cela maintenant. II. “Témoins devant le monde” – quel monde?Après avoir été éveillés à devenir témoins, nous regardons maintenant, avec des yeux nouveaux, le monde qui nous entoure. Tout d’abord nous admirons sa beauté, sa richesse énorme et son potentiel. Plusieurs parmi vous, vous avez fait un long, long voyage pour arriver ici ; vous avez survolé des pays que vous ne connaissiez que par ouïe dire. Dans cette rencontre de jeunes, nous avons beaucoup de pays représentés. Apprécions donc les différentes cultures, jouissons-en et rendons grâces à Dieu pour tout. Nous sommes différents sur tant de points, par exemple lorsque nous nous saluons certains se serrent les mains, d’autres font juste une inclination, d’autres formulent un souhait. Nous sommes différents sous tant d’autres aspects : une famille africaine ne ressemble pas à une famille nord américaine ou européenne et dans les cuisines de l’Asie cuisent d’autres aliments qu’en Amérique latine. La musique également, les chants et les danses de ce groupe sont sûrement très variés. Il y a beaucoup de bien en tout cela, des réserves de beauté et d’énergies pour un brillant avenir de cette planète.
Que faisons-nous de tout cela ? Ma réaction est de me rendre compte que je vis sur une petite île de prospérité. Je suis chanceux, mais je sens fortement que je me dois aux gens autour de moi qui ne vivent pas sur cette île. Nous nous devons aux pauvres ; « ils sont nos maîtres ! » Cet axiome est attribué au P. James Forbes, le pasteur protestant de l’église de Riverside à New York City. III. Témoins devant le monde – à travers la foi, l’espérance et la charitéNous arrivons à la troisième question : dans mon témoignage au monde, de quoi serai-je témoin ? Que vais-je dire ? Qu’est-ce que l’on attend que je transmette aux gens ? Pour simplifier, je propose d’utiliser les trois vertus chrétiennes : la foi, l’espérance et la charité. Cependant nous en inverserons l’ordre. Dans notre cheminement personnel, nous commençons probablement par la foi puis nous passons à l’espérance pour finir par être des personnes qui aiment. Pour témoigner au monde il nous faudra commencer par l’amour, parce que c’est le langage que tout le monde comprend ; nous essaierons ensuite d’amener l’espérance pour, à la fin, partager la foi qui nous inspire. En tout cela, la tradition chrétienne nous dit que la foi, l’espérance et la charité viennent directement de Dieu ; si elles sont présentes en nous, cela signifie que le Saint Esprit de Dieu habite en nous. ![]() 1. Témoin de l’amourL’amour et l’amitié sont des langages universels ; ce témoignage, comme je viens de le dire, est facilement accepté et compris. Il a deux aspects : que nous soyons bons amis dans notre groupe, je veux dire entre chrétiens, et que nous ayons du cœur pour les autres au dehors. Dans les deux aspects, le charisme oblat semble contenir quelque chose de spécial ; parmi nous il exprime un esprit de famille, une simplicité que nous avons héritée de St Eugène – c’était son style. Et envers ceux du dehors, une tendance claire nous est donnée : préférer les plus abandonnés et les pauvres. Parlons maintenant de cet amour pour les pauvres. Eugène était un homme de compassion. Par exemple à la prison d’Aix, il passait parfois la nuit avec les condamnés à mort. Il a aussi risqué sa vie pour les soldats autrichiens, malades dans le camp d’Aix où il a contracté le typhus et a failli mourir. Son groupe de jeunes a prié pour lui intensément et il a été guéri. Il y a beaucoup d’exemples de cette préférence des plus abandonnés dans l’histoire de la mission oblate, un exemple et non des moindres est l’aventure du Nord Canada. Quelques missionnaires ont donné leur vie entière pour quelques centaines de personnes des premières nations, ou des Indiens et Eskimos comme on les appelait alors. Il y a une petite histoire qui décrit bien les préférences du charisme oblat même s’il parle de quelqu’un qui n’est pas oblat. Je l’ai reçue du P. Ron Rolheiser et il s’agit du fondateur de l’Armée du Salut, William Booth. Pendant la guerre, beaucoup de gens n’avaient pas assez de nourriture et un groupe de ministres d’églises, affamés eux-mêmes, se sont réunis pour savoir comment distribuer le petit peu de nourriture qu’ils avaient. Il était admis que chaque Eglise devrait prendre soin des siens. Le recteur épiscopalien du lieu se leva et dit : « Que mon église me suive ! » Le ministre presbytérien se leva et dit: “Que les miens me suivent ! » Et les autres dénominations firent de même. Mais il restait encore beaucoup qui n’étaient pas servi, alors William Booth se leva et dit : « Vous tous qui n’appartenez à personne, suivez-moi ! ». Ce dernier aurait bien pu être Saint Eugène. Nous pouvons avoir un doute concernant la compassion pour les pauvres et les plus abandonnés. On dit, et justement, que c’est n’est pas assez de donner un poisson à un pauvre, et qu’il serait mieux de lui apprendre à pêcher et même de l’aider à récupérer la propriété de la rivière. Il sera important de reconnaître que la charité chrétienne s’occupe aussi de changer le monde et ses structures injustes. Nous parlerons de cela quand il sera question de l’espérance. Mais afin que le changement de structures arrive, au départ il faut qu’il y ait une compassion et un amour authentiques. Il y a une autre expression qui dit: Pense globalement et agis localement. Oui, pensons globalement à partir des 50% de l’humanité qui vivent avec 2$ par jour et agissons aussi localement avec les gens dans le besoin et qui ne peuvent pas attendre que nous ayons changé les structures. L’amour des gens semble ne pas être capable de changer le vaste monde – mais qui sait ? La charité chrétienne témoigne du respect que Dieu a pour nous et du pardon et de la miséricorde que nous avons vécus en Christ – et ce respect et cette compassion aident les gens à reconnaître leur propre dignité et les remet sur pied. Un manque d’estime de soi, la haine de soi est souvent la raison du pourquoi les pauvres ne relèvent pas la tête. Les autres les appellent les exclus et les traitent comme des esclaves et les pauvres eux-mêmes finissent par ressembler exactement à ce portrait de gens indignes. Ils ont besoin de l’encouragement que notre amour leur apporte. Cela ne fait-il pas tinter à vos oreilles le sermon que St Eugène a prêché un jour aux pauvres ? « Pauvres de Jésus Christ, affligés, malheureux, souffrants, infirmes, couverts d’ulcères, etc., vous tous que la misère accable, mes frères, mes chers frères, mes respectables frères, écoutez-moi. Vous êtes les enfants de Dieu, les frères de Jésus-Christ, les cohéritiers de son Royaume… » Vous saurez mieux que moi comment cela peut s’appliquer à votre travail de jeunesse dans lequel vous êtes engagés ; comment on peut montrer de l’amitié surtout à ceux qui en ont le plus besoin. Il y aura du temps pour y réfléchir en groupes. Je suis fermement convaincu que ce premier type de témoignage au monde, un témoignage d’un amour de compassion est très efficace même si, dans un premier temps, il ne change quelque chose qu’au niveau du microcosme, au niveau des voisins, comme dans l’histoire du bon Samaritain. C’est la qualité qui compte d’abord et non pas la quantité des réalisations – la quantité vient ensuite. De plus, le témoignage de l’amour doit passer un test et c’est la communauté. La compassion pour ceux du dehors ne sera authentique que si nous sommes aussi capables d’être de bons amis entre nous. Les apôtres du Christ d’aujourd’hui doivent subir ce test tout comme les premiers apôtres qui ont dû souvent surmonter leurs mésententes. Ici le microcosme devient même plus petit encore puisqu’il s’agit d’un petit nombre de gens que nous ne connaissons que trop bien. Dans ses lettres, St Eugène insiste souvent sur la qualité des relations dans les groupes, dans les communautés. La charité si elle est vécue aussi en communauté parle fortement aux gens. Les gens diront de nous comme ce fut le cas pour les premiers chrétiens : voyez comme ils s’aiment. Etre témoins au monde commence en ces deux points : l’amour de compassion pour ceux qui sont dans le besoin et l’amitié parmi les compagnons du Christ. 2. Témoins de l’EspéranceL’espérance donne à la charité une dimension supplémentaire à notre témoignage au monde, elle nous transporte, pourrait-on dire, du microcosme au niveau macro. La charité avec le temps allume de nouveaux espoirs dans les gens – ils commencent à croire que les choses peuvent être différentes. D’où nous vient l’espérance? Le grand horizon de l’espérance dont les premiers chrétiens n’hésitaient pas à parler ce sont les nouveaux cieux et la nouvelle terre, c’est le Royaume à venir. Il viendra non plus de façon cachée comme lors de la naissance de Jésus, mais ouvertement, comme l’éclair qui brille d’un coin du ciel à l’autre. Les Chrétiens vivent dans l’espérance de la deuxième venue du Christ et c’est pourquoi ils n’ont pas de problèmes à attendre des changements, même maintenant, sur une petite échelle. Ils travaillent donc, par exemple pour remplir les objectifs du Millenium du Développement des Nations Unies : réduire la pauvreté, apporter l’éducation, appeler les femmes au pouvoir, vaincre la malaria et le Sida, etc. Notre témoignage d’espérance devrait donner aux autres l’impression que nous chrétiens, en quelque sorte, nous savons déjà et sommes sûrs que les choses changeront. Les objectifs ![]()
Rien d’étonnant alors que nous ne trouvions pas si aisé de devenir témoins de l’espérance par la solidarité. Croyons-nous vraiment dans les changements, même si la pauvreté augmente et la violence se répand. Sommes-nous prêts à un engagement à long terme? Sommes-nous prêts à vivre la pauvreté volontaire comme le Christ et de risquer nos vies ? N’oublions pas que le mot témoin est un mot grec du Nouveau Testament qui signifie « martyr ». Nous avons devant les yeux les exemples de beaucoup d’Oblats qui sont morts de mort violente dans l’exercice de leur mission : le Bienheureux Jozef Cebula de Pologne, Mgr Benjamin de Jesus et les Pères Benjamin Inocencio et Rey Roda des Philippines, Mauricio Lefebvre en Bolivie, Mario Borzaga au Laos, Mgr Yves Plumey et P. Allard Mmako en Afrique et il y en a d’autres, environ 65 en tout. 3. Témoins de la FoiLe témoignage de foi peut être bien difficile à rendre, du moins en certaines circonstances. L’amour est compris par tous, l’espérance est également facilement acceptée par beaucoup, mais le témoignage de foi ? Pensez à ceux qui parmi vous vivent en des pays où la conversion à vie chrétienne est considérée comme crime. Pensez aux cultures sécularisées où l’Eglise n’a pas bonne presse du tout. Alors, il y en a beaucoup qui disent que nous ne devons pas imposer nos convictions aux autres. Le Pape Benoît cite dans son message en préparation aux JMJ 2008 : « Il y a ceux qui pensent que présenter le trésor précieux de la foi aux gens qui ne le partagent pas, signifie être intolérants à leur égard, mais ce n’est pas le cas, car présenter le Christ ce n’est pas l’imposer. » Cette remarque du Pape est très importante : présenter le Christ ce n’est pas l’imposer. Nous pouvons être sûrs que le Christ appelle et envoie encore des apôtres aujourd’hui parce qu’il veut que tout le monde sache qu’il est vivant et non pas mort. Notre témoignage au monde est en définitive rendu à une personne vivante et non seulement à une doctrine ou à un ensemble de nobles mais impersonnelles valeurs. Qu’il soit clair pour nous : quelques fois nous devons expliquer les raisons de notre espérance et de notre charité et montrer la contenance de Dieu telle que révélée en Jésus-Christ. Cependant, le moment doit être le bon. C’est une question de temps. Quand est-ce que nous sommes appelés au témoignage de foi ? Le temps sera venu chaque fois que les gens nous demandent : « pourquoi faites-vous tout cela ? » En certains cas, nous devrons attendre presque toute notre vie avant que quelqu’un nous pose cette question et nous permette de parler. St Pierre dit : « Soyez toujours prêts à justifier votre espérance devant ceux qui vous en demandent compte. » (1P 3,15) Lorsque la question nous sera posée, nous répondrons : nous pouvons nous aimer les uns les autres et nous faire les amis de tous parce que nous savons que Dieu nous a aimés le premier ; nous pouvons exulter dans l’espérance parce que nous attendons déjà le moment du retour du Christ lorsqu’il renouvellera toute chose. A travers notre témoignage d’amour et d’espérance, le moment viendra aussi du témoignage de foi. Ce sera le sommet de notre mission. Nous avons reçu la puissance du Saint Esprit, l’Esprit de Force et de témoignage. Commençant à témoigner de la foi, les dons de l’Esprit se multiplieront. Nous ne voulons pas garder la puissance de Dieu jalousement pour nous-mêmes ; nous voulons la transmettre aux gens et leur transmettre même la clé qui donne accès à la centrale de cette énergie. IV. ConclusionTémoins devant le monde – au début nous nous sommes demandé si nous serons capables un jour de devenir des Chrétiens qui témoignent, et nous avons répondu oui. Nous le devenons étape par étape : tout d’abord Dieu parle à chacun personnellement et de façon unique ; il nous suffit alors d’écouter. Ensuite Dieu nous rend capables de le faire en nous donnant le Saint Esprit et troisièmement naît un groupe d’autres témoins autour de nous. Nous nous sommes alors demandé en quoi consiste notre témoignage. Et nous avons trouvé qu’il porte sur la foi, l’espérance et la charité. La charité, parce que notre témoignage doit partir d’un cœur compatissant envers ceux qui sont dans le besoin et doit s’accompagner de l’harmonie dans le groupe de nos amis ; l’espérance est en lien avec un esprit audacieux et déterminé et tend vers une solidarité à long terme comme le Christ qui est resté solidaire avec nous jusqu’au bout ; et enfin, la foi, car idéalement, le témoignage devrait se terminer en abandonnant aux autres, y compris la clé de la « centrale », source de notre foi. Vous m’avez demandé de considérer le thème « Témoins devant le monde » d’une perspective de la Congrégation des Oblats. Vous allez maintenant écouter cinq jeunes gens qui parleront du Témoignage au monde, dans leur Région, dans leur continent, et finalement vous réfléchirez en groupes sur votre vue personnelle, ce sera la partie la plus importante. Tout ceci sera repris par le Congrès sur la pastorale oblate de la jeunesse qui suivra immédiatement les JMJ, ici en Australie. Ce sera la première expérience de ce type, nous comptons donc beaucoup sur vous pour que vous nous montriez comment conduire les jeunes à la plénitude de la vie. Plus tard, quand nous serons rentrés à la maison, commencera vraiment notre vie de Témoins devant le monde. Merci. P. Wilhelm Steckling, OMI Document final du Congrès International oblat
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