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DOCUMENTATION OMI
No. 260 - juin 2004
XXXIV Chapitre général
Les jeunes Oblats nous parlent

Héritier et visionnaire!
P. Pierre-Olivier Tremblay, o.m.i. (Canada)

« Nous sommes appelés à être Imago Dei »
Sc. Peter Czerwinski, o.m.i. (États-Unis)

Témoigner de l’espérance : un appel, notre mission
Sc. Gregory Arokiasamy, o.m.i. (Inde)

Les Oblats, signes d’Espérance
Sc. Joseph DUMÉ, o.m.i. (Haïti)


Au service des pauvres comme avocat
Sc. Pawel Ratajczak, o.m.i. (Canada)

Pour que vive le charisme oblat :
mes espoirs, mes attentes

Sc. Márcio Soares dos Santos, o.m.i. (Brésil)

Immigrés… Mes vénérables frères !
Sc. Quilin Bouzi, o.m.i. (États-Unis)

Charisme Oblat, Formation et Immense Espérance
Sc. L. Mosemedi, C. Nabwenje, S. Rossouw, o.m.i. (Afrique du Sud)

Espérance, désirs… et charisme Oblat
Sc. C.Rambola, M.Ratelolahy, E.Ramiadamanana, o.m.i. (Madagascar)

Comment actualiser le charisme oblat
dans notre vie et celle de la Congrégation?

Par les scolastiques d’Ukraine et de Biélorussie

La Commission précapitulaire a demandé à quelques jeunes Oblats, en formation première ou dans leurs cinq premières années de ministère, de partager leurs espoirs et leurs désirs pour les années à venir. Le lecteur voudra bien tenir compte que ces jeunes ont parfois écrit dans des langues qui ne sont pas leur langue maternelle. L'éditeur a cependant veillé à préserver les images et la saveur culturelle de chacun des pays d'origine des auteurs.


Héritier et visionnaire!
Pierre-Olivier Tremblay OMI (Québec, Canada)

Quels sont mes espoirs et désirs pour les prochaines années pour que s’actualise le charisme oblat? Je les placerais dans deux catégories: l’héritage et la vision, mais bien dans ces deux mots: « héritier et visionnaire ».

Je pense que nous devons raffermir le sens de notre identité oblate. Par identité, je ne veux pas dire des choses comme le costume religieux, ce qui serait bien trop simpliste et accessoire, non, mais je veux dire plutôt affirmer à nouveau avec clarté quelles sont nos valeurs fondamentales et notre énoncé de mission. On croit souvent à tort que ce sont nos œuvres qui fait notre identité. Or ce n’est pas ce que nous faisons qui nous distingue des autres communautés (tant d’autres évangélisent, enseignent, prêchent, sont pasteurs de communautés, etc.), mais bien la façon dont nous le faisons. En d’autres termes, quelles valeurs orientent, qualifient, colorent notre vie et notre apostolat? Le défi est ici de retrouver ou bien de redire encore mieux ce qu’est l’essence de notre héritage. Nous aurons alors une bien plus grande liberté de discernement dans le choix de nos œuvres à préserver et à relancer,

Je rêve d’une communauté qui après de multiples turbulences, ressert ses rangs autour d'une identité renouvelée et plus assurée, capable d’assumer et d’intégrer son passé et son histoire avec sérénité et se tournant résolument vers le futur. La vie communautaire plus chaleureuse, plus humaine, plus profonde, sera la conséquence, l’effet de notre effort de clarté, autant qu’un but en soi.

Par ailleurs, mon espérance serait que nous soyons de plus en plus une communauté visionnaire, capable de se projeter dans l’avenir. Où nous voyons-nous dans cinq ans, dans dix ou dans vingt ans? Cela permettrait à tous nos membres de mieux canaliser leurs énergies et mettre en commun leurs efforts dans une direction commune.

J’aimerais que l’audace, une de nos valeurs fondamentales, soit plus manifeste dans les choix de nouveaux projets. Je suis convaincu que nous saurions attirer de nouveaux candidats de qualité (même ici dans le Premier Monde) en démontrant notre volonté de nous dépasser, de faire du neuf, et plus seulement de garder nos œuvres actuelles et de les renouveler. Je crois qu’il y a une distinction essentielle, un changement de paradigme, entre le simple renouvellement de ce qui existe et les nouvelles fondations. Bien sûr, sans balancer et abandonner trop vite nos œuvres actuelles dont beaucoup ont une pertinence assurée, posons-nous la question: « Voulons-nous faire du neuf ? Le pouvons-nous ? »

Pour promouvoir l’innovation créative et visionnaire, je pense que nous sommes appelés à investir à long terme de deux façons: dans la formation première et continue, et dans la mise en place de projets pilotes.

Il me semble que nous pourrions maximiser la fécondité de notre formation première et de notre formation continue en les orientant vers ce que nous percevons de nous-mêmes et de notre futur. Sans tomber trop vite dans la spécialisation, nous pourrions faire davantage le lien entre la formation d’un candidat, et ses charismes personnels, et les besoins de la Congrégation et du monde que nous percevons comme prioritaires.

Ce qui me tient particulièrement à cœur, c’est l’idée d’utiliser des projets pilotes expérimentaux pour ouvrir de nouveaux chemins. Nous devrions encourager, favoriser les innovateurs, leur donner une large autonomie opérationnelle. Investissons dans le développement et la recherche de nouveaux moyens actuels d’évangéliser notre monde! De mon côté, je travaille actuellement à un projet nouveau pour les jeunes adultes dans la ville de Québec (Canada): une nouvelle forme de communauté chrétienne, qui soit vraiment missionnaire. Nous utilisons avec beaucoup de joie la méthode des cellules d’évangélisation (petits groupe de partage de maison).

Pourquoi souligner l’importance de ma conjonction « et » ? Parce qu’il serait appauvrissant de préserver notre identité sans promouvoir l’innovation visionnaire, et inversement. Il est possible de tenir ensemble ces deux pôles qui semblent contradictoires. Sortons de la tyrannie du « ou »!

Voilà. Il va sans dire que pour moi, le bon discernement de notre héritage et de notre vision ne peut que se faire dans une prière renouvelée et communautaire. Que L’Esprit Saint nous éclaire, nous montre le chemin de l’appel de Dieu, et que saint Eugène nous accorde l’audace de l’emprunter avec confiance!


« Nous sommes appelés à être Imago Dei »
Sc. Peter Czerwinski, o.m.i.
San Antonio, Texas, États-Unis

Venez et voyez ce que vous êtes aux yeux du Christ
J’ai répondu à l’appel de Jésus Christ après avoir vécu, étudié et travaillé en Suède la plus grande partie de ma vie. Le contexte dans lequel j’ai répondu à l’appel du Christ était la société séculière occidentale de Suède où religion et foi sont secondaires et sont une attitude qu’on ne partage pas avec les autres. Ma foi a été fortifiée par mon héritage polonais. Le témoignage donné par ma mère et ma famille m’a aidé à grandir dans l’intelligence de ma foi. Cette foi m’a aidé à écouter le murmure de Dieu, et donc à répondre à son appel. Cet appel, après bien des détours, m’a conduit chez les Oblats. Je me suis demandé pourquoi. Réponse : les Oblats de Marie Immaculée m’ont invité à venir et à voir, ils m’ont aidé à découvrir qui je suis. L’hospitalité est une clé de ma vocation, et de celle d’autres aussi. En accueillant dans nos communautés oblates les jeunes et les moins jeunes à partir de leurs différents chemins de vie, et en témoignant notre foi et notre engagement dans notre mission, nous pouvons les aider à venir connaître qui ils sont. Si nous ne faisons pas l’effort d’aider les gens à connaître qui ils sont en réalité, notre mission est, je crois, défectueuse. Il se peut que la réponse d’une personne ne soit pas ce que nous attendons, mais si nous sommes vrais, souples et loyaux devant l’appel du Christ, cette personne découvrira qui elle est aux yeux du Christ. Il se peut que ce soit de devenir un Oblat ou bien la vocation peut être vers d’autres communautés et d’autres styles de vie. Quel que soit l’appel du Christ, nous devons aider les gens à découvrir cet appel.

Ne rien laisser sans l’oser
J’ai très souvent médité sur la Préface de nos Constitutions et Règles. Je trouve que les intuitions d’Eugène de Mazenod en 1825 sont aussi à propos aujourd’hui qu’elles l’étaient alors. L’Église a été cruellement ravagée et quelle est notre réponse? Je peux seulement parler à partir de mon expérience, c’est à dire l’Église en Suède, en Australie et aux États-Unis où j’ai travaillé et étudié. Sans sous-estimer les autres pays, je dirais en général que dans ces pays le niveau de vie est bon, l’éducation excellente et les soins de santé accessibles. En d’autres termes, la vie est de première qualité. Néanmoins, les gens sont en recherche de sens; cela semble évident chez les jeunes. Leur recherche de la meilleure formation, du meilleur emploi et des meilleures conditions de vie fait parfois que les jeunes perdent l’espérance et le but de leur vie. Cette perte conduit souvent à rechercher le sens de la vie. Oblats, nous sommes appelés vers les plus abandonnés. Dans le monde occidental, il nous est difficile d’imaginer ce qu’est la vraie pauvreté matérielle. Certes, nous avons des pauvres mais nous avons aussi un filet de sécurité qui nous aide à gérer ces questions. Je crois que le groupe des jeunes peut être désigné comme le plus abandonné, et je crois que ne rien laisser sans l’oser, c’est n’épargner aucun effort pour travailler avec les jeunes d’aujourd’hui. J’ai trouvé chez eux une ouverture et une volonté d’écouter le message que Jésus Christ propose. Notre tâche, c’est de les inviter, de les écouter et de répondre à leur demande d’être guidés. De notre côté, il doit y avoir une volonté de les accepter et comme Eugène de Mazenod qui a parlé et prêché dans la langue des pauvres de Provence, nous devons parler leur langue. Cette tâche peut être décourageante, mais c’est mon expérience que si nous persévérons et nous nous donnons aux jeunes, ils nous suivront et on peut espérer qu’en nous suivant ils sont capables de suivre le Christ.

Il faut rendre les hommes raisonnables, puis chrétiens, enfin les aider à devenir des saints
Etre vraiment humain c’est imiter le Christ. Il y a là une affirmation qu’on utilise pour décrire la compréhension chrétienne de la personne humaine. Notre tâche d’Oblats, c’est avant tout d’être témoin, pour le monde, pour notre entourage et pour les gens que nous rencontrons, de ce que veut dire être humain. Nous pouvons prêcher par nos actions ce qu’est être humain. Si nos communautés ne portent pas le témoignage d’une vie commune, il est difficile de prêcher les valeurs de la famille. Si nos communautés ne prient pas ensemble, ne mangent pas ensemble, ne jouent pas ensemble, il nous manque un élément important de ce qu’est être une famille. Beaucoup de jeunes ne connaissent pas une famille stable. Eugène de Mazenod est le saint patron des familles dysfonctionnelles. Comme Oblats nous pouvons être un vivant témoignage des valeurs de la famille. Nos communautés doivent être des sources de vie, des appuis, des maisons de famille, et non pas des hôtels qui sont seulement des endroits où dormir et manger. Cependant nous ne vivons pas toujours avec les gens avec qui nous choisissons de vivre et il se peut qu’ils ne soient pas nos meilleurs amis. Le témoignage de nos communautés, c’est l’engagement. Je crois que si nous travaillons avec les jeunes, l’engagement est une part importante de notre témoignage de ce qu’est être humain.

Agir en chrétien, c’est être partie prenante d’une communauté liturgique. Nous ne pouvons pas être chrétiens tout seuls. Les jeunes doivent se sentir chez eux dans leur communauté liturgique. Comme Oblats, nous pouvons contribuer à aménager des espaces liturgiques dans nos paroisses, nos écoles et nos autres œuvres missionnaires. En offrant aux jeunes un chez-eux dans nos communautés, nous leur offrons une plus grande chance de rendre grâce à Dieu et de le louer à leur manière. Notre Église n’est pas une route à une seule voie, avec une unique manière de prier et d’être chrétien. Non, notre Église est une grande autoroute avec de nombreuses voies de circulation, et cette autoroute a une unique destination – Dieu. Notre foi est une, mais l’expression de cette foi est multiple. Une communauté liturgique n’est pas une unité homogène: il y a de nombreuses gens à qui plaire, de nombreux désirs à quoi répondre. Le défi pour nous, c’est d’aider les jeunes à se trouver chez eux dans nos communautés, à prier avec eux et à leur proposer le défi du difficile chemin du devenir chrétien. Nous avons aussi à les aider à comprendre que d’autres gens appartiennent à la même communauté, que tous ont des besoins différents et que tout ne peut pas aller tout le temps à leur gré.

Lors des Journées mondiales de la Jeunesse de 2000, Jean Paul II a lancé un appel pour des saints du nouveau millénaire. Notre Fondateur nous a invités à aider les gens à devenir des saints. Je crois que je suis encore en train de travailler à devenir un chrétien. Notre route pour devenir des saints dure toute la vie. Je le vois très bien exprimé dans la personne d’un Oblat que j’ai connu en Australie. Le Père Joe a été prêtre oblat pendant plus de 60 ans. Il était très malade à la fin de sa vie, mais jusqu’à ses dernières semaines, il était soucieux de servir les autres et d’être un vrai Oblat. Dans ses années de vie oblate, il a marqué beaucoup d’entre nous et de diverses manières il nous a montré le visage de Dieu. Sur son lit de malade il n’était jamais seul. Ses frères oblats, sa famille, ses amis continuaient à venir. Le Père Joe priait pour eux tous, mais il était assez humble pour demander à chacun de nous prières et bénédictions. Le Père Joe est pour moi un saint et par sa vie, il a témoigné de ce que veut dire suivre Jésus. Si je peux en quelque façon refléter l’image de Dieu par ma vie et mon travail, et de cette manière aider les gens à connaître ce que signifie suivre Jésus, je leur fournirai alors un modèle de ce qu’est être un saint. Le Père Joe l’a fait par sa vie. La tâche de notre parcours oblat, c’est de faire de même.

Par cette contribution, j’ai essayé d’exprimer en peu de mots mes espoirs et mes désirs pour nous, les Oblats. J’ai choisi de me centrer surtout sur les jeunes d’aujourd’hui et la tâche difficile de les évangéliser. Notre mission comme Oblats, c’est d’inviter les gens à venir voir qui ils sont aux yeux du Christ. Dans le monde occidental, nous avons à concentrer nos efforts à rejoindre les jeunes, que je regarde comme faisant partie des plus abandonnés d’aujourd’hui. Nos communautés doivent être source de vie, un lieu où l’on prie ensemble, où l’on mange ensemble, où l’on joue ensemble, une image d’engagement et de vie familiale. Nous devons nous adapter aux jeunes dans nos communautés liturgiques et faire de cette communauté leur chez-eux.

Finalement, par notre manière de vivre et par notre zèle pour la foi, nous devons devenir des saints et refléter l’image de Dieu. Comme les jeunes de St. Anthony Catholic High School de San Antonio l’ont écrit sur leurs tee-shirts: « Nous sommes appelés à être Imago Dei ».


Témoigner de l’espérance : un appel, notre mission
Sc. Gregory Arokiasamy, o.m.i.
Institut St. Paul, Poonamallee, Inde

Introduction
Espoir différé: langueur du coeur” (Prov 13,12)
L’espoir est essentiel et fondamental pour vivre intensément. Qui touche le fond du désespoir cherchera par tous les moyens de mettre fin à ses jours. Si les gens s’accrochent à la vie c’est à cause de l’espérance, comprise comme Dieu. C’est pourquoi pour moi, espérer c’est «se cramponner au Dieu de la Vérité, quoiqu’il arrive, chercher sans cesse son propre bien et celui des autres, se maintenir intègre au milieu des drôleries de la vie.» Je comprends l’Espérance comme Christ. Par conséquent, notre appel et notre mission découlent du témoignage au Christ et lui sont ordonnés, car Christ est notre seule Espérance et lui seul peut l’être. L’Inde est le berceau des principales religions et cultures du monde et c’est aujourd’hui encore un pays pluraliste. La «richesse et la profondeur du Christ» comme Espérance de l’humanité doit être comprise avec un cœur sensible et un esprit de dialogue.

L’Espérance comme élan vers la plénitude de vie
Menacer l’Espérance c’est menacer notre vie elle-même, parce que la vie et l’espérance sont très intimement liées. La vie se vit de moment en moment! La vie est aussi ouverte que la mort peut l’être! Le point de fracture entre une vie menacée et la peur de la mort c’est l’Espérance. En Inde, les gens désespèrent parce qu’ils ne disposent pas des ressources pour vivre. Imaginez seulement ce que les gens peuvent faire quand l’eau manque, y compris l’eau potable, et que l’agriculture qui dépend pour beaucoup des pluies et des réserves d’eau, occupe encore 64% de la population. Ajoutez à cela le contexte général: la politique est très corrompue; l’Etat a abandonné l’aide sociale à cause de la Nouvelle Economie, de la libéralisation et de la mondialisation. Le gouvernement ne prend vraiment pas les mesures qui s’imposeraient pour remédier à la condition déplorable des pauvres. Ainsi, notre espoir en la vie vacille. L’hindouisme populaire semble s’accommoder du statu quo comme si la misère des gens était une sorte de programme divin à prendre à la lettre. Ce contexte est le terreau dont se nourrit une crise existentielle faite de pauvreté, illettrisme, chômage, système des castes, superstitions, etc.

Selon les critères internationaux, quiconque gagne 2 dollars par jour est pauvre et qui en gagne un seul est un pauvre chronique. Appliquant ce barème – je cite l’économiste chargé de la Recherche économique appliquée (NC AER) – 70% des Indiens sont pauvres et 26% vivent sous le seuil de pauvreté (BPL), une condition pire encore que celle de pauvre chronique. Les subsides et le système de répartition (PDS) peuvent momentanément les aider à survivre à court terme, mais ne les sortiront pas de leur état de pauvreté. Qu’est-ce donc que l’espérance pour ces gens à qui manque même un minimum suffisant de nourriture, d’eau, d’habitat, de santé et d’éducation?

Bien qu’elle soit une institution très solide, l’Église n’en est pas pour autant un signe d’espérance! Quand l’Église consume toute son énergie et ses ressources à éduquer les riches afin de les rendre toujours plus riches, c’est très triste! Beaucoup de religieux considèrent comme un simple appendice l’amélioration du sort des pauvres et leur libération, et non pas comme leur mission principale. L’espérance consiste à franchir les frontières, les ministères familiers, les zones confortables, les styles de vie provocants; en ce sens, notre aptitude à nous soumettre à la conversion permanente est la véritable clé de toute espérance et de tout appel missionnaire.

Mes espoirs et mes désirs pour rendre vivant dans ma vie le charisme oblat.
Aujourd’hui, vu le contexte de mon pays et la marche du monde, je suis contraint à devenir un prophète, un homme de Dieu. Ce rôle prophétique qui dit la pensée de Dieu au monde est ce qui convient à un Oblat. Comme prophète je dois soutenir, promouvoir et enrichir la vie des gens, tout spécialement des pauvres autour de moi. Je dois développer les «cinq sens christiques» «regarder le monde avec les yeux du Sauveur crucifié. Etant plein de compassion et juste, je puis être un grand signe d’espérance, voix des sans voix pour mes frères victimes de discrimination et d’oppression.

Une deuxième chose dont je rêve c’est d’avoir le sens de l’humour, ce qui est possible si je mets tout mon espoir dans le Christ. C’est Lui qui travaille par moi. Je dois faire en sorte qu’il y ait en moi un parfait mélange de colère contre l’injustice et de joie venant du Christ, présent dans ma vie. Cette tension dialectique vécue renforcerait alors mon Espérance et celle des gens autour de moi.

De même que Jésus passait en faisant le bien (Ac.10,38) ma spiritualité (les habitudes et disciplines que j’utilise pour modeler mon désir) devrait me permettre d’être un Oblat dynamique et zélé en vue du Royaume, au milieu des aléas de la vie. Je dois avoir le complexe du Bon Samaritain, celui de l’espérance des nécessiteux, dépassant toutes les barrières, et non pas le complexe de Caïn, celui de l’indifférence aux frères et sœurs.

Dans la vie de la Congrégation

Nous, Oblats, devrions être présents parmi les pauvres d’entre les pauvres. Nous ne devrions pas nous satisfaire du confort de nos ministères traditionnels dans les paroisses et autres institutions. Notre travail et notre présence devraient être avec les gens qui désespèrent de la vie. Il faudrait donc un changement radical dans notre façon d’envisager la mission.

Pour être concrètement des signes d’espérance, nous devons être compétents dans les différents domaines séculiers, par exemple, des médecins, avocats, juristes, agronomes, environnementalistes. Ces champs de compétence devraient directement construire l’infrastructure d’une société donnée. Par notre autorité en ces domaines nous pouvons prendre part aux combats du peuple et réorienter la logique commerciale et la recherche du profit qui meuvent le système d’éducation et de santé.

Nous, les Oblats, devrions collaborer sincèrement avec ces signes éclatants d’espérance que sont les mouvements séculiers qui luttent pour Justice et Paix et la sauve-garde de la Création. A travers eux notre ministère d’Espérance serait élargi et amplement concrétisé.

En Inde, nous les Oblats devrions avoir des structures d’éducation qui nous soient propres afin d’y inculquer et d’y planter les valeurs d’un nouvel ordre social envisagé par le Christ à l’intention des enfants et des jeunes. Selon M. Amerthya Sen, lauréat du prix Nobel en économie, «une éducation primaire saine de tous les enfants est le signe réel de l’ Espérance pour l’Inde.»

La force de la famille humaine se trouve dans la vie collective sans laquelle elle ne peut simplement pas survivre. La rencontre des peuples, races, cultures et religions sera la plus heureuse chose qui puisse arriver à l’humanité et annoncera une nouvelle époque de richesses. Les Oblats devraient donc être en première ligne dans le dialogue interreligieux et interculturel, la défense des droits de l’homme et de la dignité humaine, la création d’un ordre économique mondial plus soutenable et plus juste.

Conclusion
Si notre appel et notre mission sont de témoigner de l’Espérance, je crois fermement et avec conviction que chaque Oblat devrait se sentir appelé à être le «Jésus d’Hier» (comme dans les Evangiles) étant signes d’Espérance pour les pécheurs, les parias, les pauvres, les malades, les travailleurs, les femmes et les enfants. Nous sommes envoyés au «Jésus d’Aujourd’hui»: les politiquement dominés, les économiquement exploités, et les socialement assujettis. Nous pourrons alors être des témoins sûrs de l’Espérance.


Les Oblats, signes d’Espérance
Sc. Joseph DUMÉ, OMI - Haïti

Pour nous Oblats, la Congrégation est don de Dieu, source d’amour, de miséricorde, de bonheur inépuisable. Son essence est révélée par certains côté et par d’autres cachée. Heureusement que la communauté n’est pas une utopie, ni un simple concept qui trouve sens selon les caprices de ceux qui y aspirent et la forment, elle est une réalité concrète à travers laquelle des frères témoignent d’un amour qui prend sa source dans le Christ. La communauté c’est déjà une vie, mais il convient de chercher constamment à s’accommoder à ses exigences. Dans cette optique, je veux croire que le prochain Chapitre général des Oblats va être une excellente expérience de rénovation, un temps de réflexion intense et de prise de décisions qualitatives dans le combat contre le désespoir et la haine qui règnent dans le monde. C’est une occasion privilégiée que nous avons pour relire le Charisme oblat et l’approfondir en vue de mieux répondre aux besoins actuels.

Il est aujourd’hui possible aux Oblats de créer, d’inventer les conditions pour contribuer à donner un nouveau visage au monde, comme d’ailleurs le Fondateur et ses compagnons l’avaient déjà réalisé. Nous autres maintenant, nous n’allons que redoubler de zèle ardent, avec certainement de nouvelles méthodes (le contenu de nos documents de stratégie) et de nos propres énergies pour relever les défis de notre ère. Les Oblats ne sont-ils pas reconnus par l’Église pour être des spécialistes en mission difficile? Quelle mission pourra alors nous ébranler? En tout cas, moi, dans la confiance, je désire avancer au large, jeter mon filet; et je suis certain que Dieu fécondera le travail.

Mes confrères du Scolasticat d’Haïti et moi, nous sommes d’avis que le prochain Chapitre général est déjà une première manifestation concrète de l’Espérance dont les Oblats sont appelés à vivre et à témoigner dans l’aujourd’hui du monde. C’est un moment favorable pour la communauté de mettre réellement la charité au-dessus de tout; de faire de l’internationalité une priorité; et de se mettre au service des plus pauvres. Déjà je prévois que les décisions de ce Chapitre provoqueront en chaque Oblat une grande disponibilité et le don total de soi à Dieu et à la Congrégation; un approfondissement de la spiritualité et des valeurs oblates; J’entrevois également que les propositions significatives des différentes provinces pourront se matérialiser. Sera possible un plus grand investissement dans les jeunes en vue de préparer des cadres. Tomberont les murs entre les différentes provinces, entre les prêtres et les frères, entre les anciens et les plus jeunes; une plus grande fraternité entre les confrères Oblats pointe déjà à l’horizon de l’Espérance.
 
L’avenir de notre Congrégation dépend de l’Esprit Saint, des directions générales et du comportement responsable de chaque Oblat. Franchement, je ne m’inquiète pas pour l’avenir de cette communauté, pourvu que chacun prenne au sérieux son appel et sa consécration. Sans minimiser les problèmes majeurs de certaines unités oblates, si nous partageons la même conviction, il est certain que la communauté ne faillira jamais dans sa mission. Notre Seigneur est fidèle, et il nous promet de demeurer avec nous. Il revient à nous maintenant de discerner ce qui lui plaît, ce qu’il veut de nous pour l’accomplir dans l’amour et la fidélité. Certainement, nous sommes préoccupés par des situations difficiles comme, par exemple la carence de vocation oblate dans certaines régions. Or, dans d’autres, beaucoup de jeunes demandent de nous rejoindre. N’est-ce pas déjà un début de solution par une intervention directe de Dieu ou encore un appel à établir un véritable partenariat dans nos œuvres et nos champs de mission? Les vocations sont des signes du Seigneur qui nous rassurent que l’Espérance qu’il a lui-même déposée en nous ne saurait faillir. Ainsi, dociles à l’Esprit Saint, continuons notre route d’un pas assuré. Car, la souveraineté du Seigneur soutient et relève toute faiblesse humaine.

D’ores et déjà je me prépare à accueillir un souffle nouveau, une grâce particulière pour continuer à vivre la radicalité de l’Évangile annoncé et du Charisme transmis. Puisque à la suite de ce Chapitre général, l’Espérance continuera d’être plus que jamais au cœur de notre vécu quotidien, nous allons alors pouvoir en témoigner sans faille. Notre Congrégation va certainement améliorer la qualité de sa présence au milieu des peuples de manière à être signe authentique du Royaume de Dieu dans le monde.

En définitive, nous devons être les symboles de cette Espérance qui ne déçoit pas, pour nous-mêmes et pour le monde qui attend de nous une réponse à ses inquiétudes. La nécessité de nous engager hic et nunc pour la cause du bonheur et du salut de l’homme se fait pressante. C’est à cela que le Christ nous a introduit en s’incarnant parmi nous. Nous avons été appelés à être différents et à braver le désespoir. Puisse la surabondance de l’amour du Seigneur nous transformer au point de nous conformer à sa volonté et à faire de nous de véritables symboles de l’Espérance: des porteurs de paix, de joie, et d’amour dans le monde. Par les intercessions de Marie notre mère et de saint Eugène, notre Fondateur, que ce Chapitre général soit une réussite plénière et constitue un tournant décisif dans notre histoire d’Alliance avec Dieu: dans notre quête de fidélité sous son regard et entre ses mains.


Au service des pauvres comme avocat
Sc. Pawel Ratajczak o.m.i.
Scolasticat St. Charles, Ottawa, Canada

Vivre le charisme dans ma vie personnelle
Je me vois au service des pauvres en tant qu’Oblat dans un ministère très spécifique: ma conviction profonde, c’est que les marginaux ont souvent besoin d’une représentation juridique qui soit à la hauteur. Par expérience, je puis aussi affirmer que de façon habituelle, une telle représentation juridique ne leur est pas accessible, même dans les pays à programmes sociaux étendus. Quand elle est disponible, la représentation juridique gratuite fournie par le gouvernement se limite souvent à un seul domaine légal, par exemple les crimes et délits, et il arrive qu’elle ne soit pas de qualité.

Mon espoir, c’est de pouvoir servir les pauvres et les marginaux en tant qu’avocat. Cela me mettrait en contact direct avec ceux que saint Eugène de Mazenod considérait comme les plus désavantagés: les prisonniers, les matériellement pauvres, les immigrants et ceux dont la voix est souvent ignorée. J’espère pouvoir combiner le sacerdoce ministériel de l’Église catholique et la vocation de religieux oblat avec mon travail d’avocat, et donc servir les gens non seulement dans les questions juridiques, mais aussi dans le domaine spirituel. En plus, dans la société nord-américaine, le système judiciaire a beaucoup d’influence sur les politiques publiques. J’espère utiliser la loi et les tribunaux pour introduire les valeurs de l’Évangile dans la sphère publique, principalement quand elles concernent la dignité de la vie humaine.

Je pourrai peut-être suivre ma vocation du service des pauvres comme avocat dans une entreprise ou une association composée de personnes ayant des idées analogues. Ce qui mettrait en oeuvre le numéro 6 de nos Constitutions et Règles, qui parle de coopération avec d’autres que les Oblats dans le travail pour la justice et la paix. Je pourrais travailler avec des associés oblats. Par la suite mon ministère comme avocat pourrait devenir un travail en faveur des pauvres au niveau national ou au niveau des Nations Unies. Je suis ouvert aussi à la possibilité de servir les besoins juridiques de la Congrégation, mais j’espère que les pauvres continueront à être le premier objectif de mon ministère.

Comme Oblat, quel que soit le service que je remplirai, j’espère être en solidarité avec les matériellement pauvres, en vivant simplement. Un style de vie simple accroît la crédibilité de quelqu’un qui travaille avec les marginaux, et il y a là un antidote efficace au pouvoir et au prestige liés à une profession juridique.
Vivre le charisme, dans le contexte de la Congrégation

Ma conviction profonde, c’est que la communauté apostolique est un signe très efficace dans le monde d’aujourd’hui: voir des Oblats vivre et travailler ensemble peut aider à vaincre l’individualisme omniprésent de la culture nord-américaine. Je crois qu’être lié à une communauté apostolique m’aidera à vivre le charisme dans le contexte de la Congrégation. Idéalement, j’espère travailler comme membre d’une équipe d’Oblats; si je deviens avocat, cela peut prendre place dans le contexte d’un centre de justice sociale mis en place pour aider les pauvres et les marginaux.

Finalement, en vivant le charisme dans le contexte de la Congrégation, j’espère être ouvert aux ministères que propose la communauté oblate. En d’autres termes, je prendrai sérieusement en compte le discernement de mes collègues oblats, particulièrement de mes supérieurs, pour décider du travail que je ferai. Comme Oblat, affecté à quelque ministère que ce soit, je m’efforcerai d’être obéissant au charisme en étant obéissant à ceux que la communauté oblate a placés dans les rôles de leadership. Croire que Dieu parle par les hommes et par le vœu d’obéissance est décisif pour moi afin de vivre le charisme de la Congrégation.


Pour que vive le charisme oblat :
mes espoirs, mes attentes

Sc. Márcio Soares dos Santos, o.m.i.
Institut de Théologie, São Paulo, Brésil

Depuis que je connais les Oblats – cela fait neuf ans – j’ai pu percevoir combien est importante la mission oblate! Le plus intéressant est que tous sont partie prenante et tous les secteurs de mission sont inclus dans un même et unique processus d’organisation et de réalisation de la mission. Comme jeune en formation, à aucun moment je ne me suis senti en dehors de ce processus. Au contraire, chaque fois que cela a été possible, les Oblats m’ont toujours présenté des propositions de travail, de mission, des projets, et souvent dans des situations conflictuelles à cause de cette même mission, mais qui jamais n’ont été des obstacles insurmontables. Par un gros effort de dialogue et d’attention, nous parvenions toujours à des solutions adéquates. Un exemple très net de cette participation de tous a été le projet: “Une immense Espérance”. Jamais je n’ai vu autant de d’engagement généreux et d’enthousiasme venant de la part de tous. J’ai participé à toutes les rencontres de réflexion et de préparation des documents. La joie était très grande, car tout le résultat du travail venait de nos propres communautés, de la mienne en particulier…

Je crois beaucoup à la mission oblate par le fait qu’elle propose un projet de vie et de se compromettre avec les plus démunis. Parmi les nombreuses espérances que j’ai, l’une d’entre elles se trouve justement en la mission. Je souhaite que la mission soit toujours davantage prise au sérieux, en ce sens que ce ne sera pas à cause de mes erreurs ou de celles de mes frères que la mission se terminera, mais qu’elle sera toujours un grand signe de force pour nous tous... De cela nous avons beaucoup d’exemples en la personne des nombreux missionnaires qui sont venus ici au Brésil: nord-américains, français, canadiens, irlandais, etc... Chacun d’entre eux a donné sa contribution de la meilleure façon possible, et jusqu’à aujourd’hui nous nous abreuvons de leurs exemples dont je suis moi-même un fruit. Et j’en remercie Dieu tous les jours.

Je désire beaucoup contribuer à ce processus d’acheminement de la mission, et d’une manière la plus intense possible. Comme jeune en formation j’y participe déjà même si, pour le moment, elle est limitée à cause des études. Je pense préserver toutes les valeurs acquises durant ce temps de formation et de convivialité, pouvoir être un oblat partout où je serai, quel que soit le pays où je me trouverai. Mais être un témoin de notre charisme. Voilà le désir qui m’anime et je souhaite devenir plus ferme dans cet idéal. J’espère aussi pouvoir compter sur l’expérience de mes frères Oblats aînés, car ils sont pour moi une référence. J’espère aussi pouvoir sentir combien la Congrégation, dans son ensemble, appuie nos initiatives missionnaires, des projets communautaires non pas personnels mais qui concernent tout le groupe missionnaire.

J’espère que, pendant ce Chapitre général, pourra être traitée la question de la motivation pour la mission des jeunes en formation. Je ne parle pas d’une mission spécifique, mais de la mission oblate dans son essence, celle qui est propre aux Oblats. Être signe dans le monde d’aujourd’hui, témoigner de Jésus Christ Ressuscité et de sa présence au milieu des plus pauvres. Ce sont ces valeurs que je cherche à vivre dans mon expérience de jeune en formation. Je veux les garder quel qu’en soit le prix, sachant que les défis sont nombreux et que le monde dans lequel nous vivons exige toujours davantage de nous comme missionnaires. Mais j’appartiens à un groupe qui, de fait, vit la fraternité, l’amitié et qui, souvent, dans les difficultés me donne l’appui nécessaire pour vaincre et vivre ma mission avec beaucoup plus de force. Je crois que, dans ce sens, je peux percevoir avec plus de lucidité le rôle de la communauté apostolique, qui doit être mise en avant durant ce Chapitre, en vue d’établir une profonde relation entre la communauté et la mission que nous vivons. C’est avec un grand espoir que je vois le futur de nos communautés, car ce sont elles qui nous donnent la joie de l’accueil, de la présence, de la rencontre entre Oblats, où que nous soyons. Ces réflexions m’amènent à vouloir aller toujours de l’avant, à chercher à partir de nos sources, à suivre les pas de notre fondateur, à m’incarner dans la réalité de notre monde d’aujourd’hui où que ce soit.

Chaque fois que je suis dans une communauté chrétienne à laquelle je rends visite, je pense toujours à ma responsabilité par rapport à elle. J’y trouve toujours quelqu’un pour me dire: “Ah! Vous êtes Oblat! Qu’il est bon que les Oblats soient ici!” Cette phrase me marque énormément. Elle me fait me sentir comme signe au milieu de ces personnes, de cette communauté, un signe qui va bien au-delà de moi-même, un signe qui est beaucoup plus grand que moi car il englobe toute ma Congrégation. Ce n’est pas une projection personnelle, mais une projection du nom de ma Congrégation, ou pour dire mieux, la marque de notre charisme qui se révèle en et par chacun de nous. Ceci est une autre espérance que j’ai en moi. Dès mon arrivée parmi les Oblats j’ai eu ce sentiment d’appartenir à un groupe, et avec lui de suivre et de continuer la mission commencée par le fondateur. Pour moi cet aspect a une grande valeur et doit toujours être un signe de notre présence aujourd’hui et dans le futur. Être présence au milieu de ceux qui n’ont plus d’espérance. Pour cela je ne connais qu’un seul chemin: la mission. C’est par elle que nous aurons l’occasion de parvenir jusqu’à eux et que nous pourrons faire auprès de ces gens ce que Saint Eugène a fait en son temps, et nous a ainsi appris à faire. Ce grand défi me parait donc trouver une solution dans la mission. A partir de la mission nous pouvons trouver le sens de la vie et le communiquer à d’autres.

Tout ceci étant, je crois en mon futur et au futur de notre Congrégation. Nous sommes responsables pour la flamme missionnaire de notre fondateur; l’ayant toujours en mémoire nous n’avons pas le droit de la laisser s’éteindre... Malgré les difficultés, les problèmes et autres aléas, nous sommes des hommes apostoliques, appelés au service de l’Évangile. J’espère pouvoir témoigner de toutes ces valeurs dans la réalisation de notre mission, témoigner aussi de nos espérances, et bien plus encore de notre fidélité au projet de la Croix, laissé par Jésus Christ.


Immigrés… Mes vénérables frères !
Sc. Quilin Bouzi, OMI
San Antonio, Texas - USA

Je me sens humble et fier en même temps de partager avec vous mes espoirs et mes désirs pour le prochain et 34ème Chapitre général. Dans le contexte des Etats-Unis d'Amérique, je voudrais réfléchir sur son thème « Témoigner l’espérance: un appel, notre mission ». Ce thème répond bien en effet à la réalité que nous vivons actuellement aux Etats-Unis et il nous rend attentifs à plusieurs réalités qui affectent les pauvres aux multiples visages. Dans ce sens, j’espère que le Chapitre général vouera une attention particulière à la justice sociale, et en particulier à la réalité des immigrants. Des centaines de pauvres sont devenus victimes de l’injustice sociale. Aux Etats-Unis, sur la frontière avec le Mexique, des centaines de personnes meurent - morts anonymes disparaissant dans l’indifférence générale – lors de leur tentative d’entrer aux Etats-Unis à la recherche d’une vie meilleure. Ceux qui ont la chance de passer sont ensuite soumis à des traitements injustes.

Ma préoccupation pour les immigrés vient de ma propre expérience d’immigré de Haïti. Je suis né et j’ai grandi à Haïti, dans une famille catholique. Ma mère émigra aux États-Unis, à New York, en 1982. A la suite de la mort subite de mon père, elle choisit de ne pas se remarier pour élever ses cinq enfants. Confrontée aux difficultés économiques en Haïti, elle s’en alla en Amérique pour commencer une nouvelle vie. Douze années s’étaient écoulées depuis la mort de mon père. En Amérique, elle a dû faire face à de nombreuses difficultés. Il lui était difficile de communiquer parce qu’elle ne parlait pas anglais. Elle a travaillé un grand nombre d’heures par semaine dans le but de survivre. De son maigre salaire elle nous a soutenus à Haïti. Par la grâce de Dieu et grâce son dur labeur, elle a économisé une certaine somme d’argent, ce qui nous a permis de venir vivre avec elle à New York. C’est ainsi que je suis arrivé à New York avec deux de mes frères. J’avais vingt huit ans. En tant que Haïtien je parle le créole et le français, j’ai donc dû apprendre l’anglais. Mes frères et moi avons donc appris l’anglais, et nous avons pu alors nous inscrire à l’université. Une fois diplômés, mes frères ont trouvé du travail à New York. Deux d’entre eux travaillent comme ingénieurs en électricité, un autre comme programmeur informaticien, et un autre enfin comme technicien.

Voilà pourquoi, je souhaite fortement que le Chapitre Général de cette année puisse se pencher sur la réalité des immigrés. Il est certain que les immigrés font partie de ces pauvres qui ont besoin de notre présence; vers eux nous porte notre charisme de missionnaires des pauvres aux multiples visages. Nous ne pouvons pas nier que dans sa réponse aux besoins des pauvres, à Aix-en-Provence, le Fondateur se soit préoccupé de leur intégrité et de leur la dignité. Son souci était la dignité de chaque personne, indépendamment de son appartenance sociale. Ce souci inclut nécessairement les besoins humains de base, tels que le logement, la nourriture, l’habillement, la santé, l’éducation, etc.

Notre fondateur, saint Eugène de Mazenod, a voulu partager avec les pauvres son expérience personnelle de l'amour de Dieu pour lui. L’attention de saint Eugène allait aux personnes abandonnées et les plus déconsidérées, celles dont les droits étaient piétinés par la société française. Une société qui avait tendance à classifier les personnes selon leur valeur monétaire ou matérielle. L'amour des pauvres dans la vie de saint Eugène de Mazenod est ce qui l’a poussé à les défendre. Il a consacré sa vie à leur enseigner la richesse de la foi. Dès le début de son ministère sacerdotal, en France méridionale, il a cherché à atteindre "les plus abandonnés", c’est à dire les gens modestes comme les domestiques, les artisans, les paysans, les mendiants, la jeunesse, et les prisonniers. À ces personnes le fondateur a parlé dans une langue qui leur était compréhensible. Il a parlé en provençal, un dialecte local de la France méridionale. C'était une langue inhabituelle à l'église. Dans son sermon de Carême, saint Eugène de Mazenod s’est exprimé, à la manière des prophètes, contre l'attitude de la société de son temps:

“Venez… pauvres de Jésus Christ, affligés, malheureux... mes respectables frères, écoutez-moi! Vous êtes les enfants de Dieu, les frères Jésus Christ, les cohéritiers de son Royaume éternel, la portion chérie de son héritage; vous êtes, au dire de saint Pierre, la nation sainte; vous êtes des rois, vous êtes des prêtres, vous êtes en quelque sorte, des dieux… "
 
Par ces mots, je peux voir que les pauvres avaient une grande place dans le cœur de notre Fondateur. Il a dénoncé les attitudes injustes envers les pauvres. En eux il a reconnu la révélation de Dieu. Cette dénonciation va bien au-delà d’un creux verbiage. Il s’agit de s’identifier à eux par notre simplicité de vie.

Nous pouvons rester en solidarité avec les pauvres par notre façon de vivre. Les immigrés légaux ou illégaux font partie des pauvres d’aujourd'hui. Ces hommes et ces femmes sont des gens qui ont été forcés de laisser leur pays à cause de difficultés politiques, sociales et économiques. Ils ont laissé leur terre natale à la recherche d'une vie meilleure, afin de pouvoir vivre conformément à leur dignité humaine. Comme personnes qui n’ont « presque aucun droit », ce sont essentiellement des pauvres. Ils étaient forcés de perdre leur intégrité et d’accepter des conditions inhumaines dans leur pays natal. Ils ont laissé leur maison pour aller vivre dans un pays où ils n'ont aucune famille ni relation, avec l'espoir que leur dignité humaine s’en trouvera rehaussée.

Que ce Chapitre donner une attention particulière à la situation difficile des immigrés! Voilà mon espoir!


Charisme Oblat, Formation et Immense Espérance
Sc. L. Mosemedi, C. Nabwenje, S. Rossouw, omi
Scolasticat St-Joseph - Cedara, Afrique du Sud

Nos expériences du charisme dans la formation
Nous trouvons en nous-mêmes un désir qu’éclaire l’espérance que nous avons dans la Congrégation. Le charisme oblat est résumé dans la Constitution 5: Devenir membres de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée, c’est entendre en Église l’appel de Jésus Christ à travers les besoins de salut des hommes.

Notre formation est telle qu’elle accompagne quelqu’un à réaliser le charisme oblat. Nous sentons que nous avons besoin d’avoir cette vision du charisme de manière à comprendre ce qu’est la vie oblate. Notre formation permet aux personnes de se connaître elles-mêmes, ce qui est important pour le ministère. Nous avons expérimenté dans une certaine mesure la réalité de notre charisme par divers chemins tels que les insertions pastorales, les stages et aussi par les contacts que nous avons avec des Oblats de différents pays. Notre maison de formation nous a permis d’avoir ces expériences.

Nous avons réalisé que le ministère auprès des jeunes demande une plus grande considération. On a jusqu’à un certain point insisté sur le ministère auprès des jeunes. Nous sentons qu’il faut faire encore plus. Le travail auprès des jeunes demande un plein temps. Seul peut devenir oblat celui qui entend la voix de ceux qui appellent à l’aide, spécialement les pauvres aux multiples visages.

Mes espoirs et mes désirs dans l’actualisation en moi du charisme oblat

Le charisme oblat ne peut s’actualiser en moi que si je suis engagé dans la réalité et si je vis la réalité qui appelle le charisme. Notre espoir, c’est d’avoir plus d’expérience à partir de nos expériences de différentes réalités.

La question pour nous aujourd’hui est la suivante: suivons-nous encore l’inspiration originale de notre fondateur? Notre programme de formation devrait nous aider à regarder cette question. C’est en nous basant sur les expériences que nous avons que nous sommes aptes à être plus efficaces. On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas.

L’autre question serait: quelle est notre mission aujourd’hui? Dans Le Missionnaire Oblat de Marie Immaculée, le p. Fernand Jetté écrivait: « A la lumière du passé, le charisme oblat est avant tout une vision, remplie d’amour et de foi, qui nous fait voir ce que d’autres ne voient pas et entendre des appels que d’autres oublient ».

Mes espoirs et mes désirs pour l’actualisation du charisme oblat dans la Congrégation
Nous souhaitons que les Oblats passent du temps à réfléchir sur les réalités qu’ils découvrent eux-mêmes, de manière à voir et contempler ce qu’est notre charisme dans le monde actuel. Si c’est fait et que le temps convenable y est donné, notre charisme oblat sera toujours actualisé dans la Congrégation. Ensuite alors nous pouvons aller de l’avant avec le zèle pour les âmes.

Nous disons que notre mission aujourd’hui, ce sont les jeunes. Ils font partie des pauvres aux multiples visages. Il nous faut regarder en arrière et voir ce qui pourrait être fait dans l’avenir pour rejoindre les gens qui ont besoin de nous. Nous avons besoin en notre temps de l’inspiration originale de notre fondateur.

Conclusion

Notre formation nous donne la chance de rencontrer les défis auxquels notre Congrégation fait face. Il y a des occasions d’insertion pastorale. Notre maison de formation nous aide à devenir la voix des sans-voix. Les jeunes sont les leaders de demain et ils ont besoin de notre attention. Nos vies devraient être fécondées par la jeunesse.

Notre formation devrait toujours viser à élargir nos horizons, car ceux qui sont en formation sont l’avenir de la Congrégation. Au scolasticat nous avons des conférences spirituelles qui nous aident à nous préparer à affronter la réalité de la vie. Nous sommes heureux de la formation que nous recevons.


Espérance, désirs… et charisme Oblat
Sc. C.Rambola, M.Ratelolahy, E.Ramiadamanana, OMI
Scolasticat St. Eugène de Mazenod
Fianarantsoa, Madagascar

Les mots « espérance » et « désir » deviennent d’actualité aujourd’hui. Au cours de cette dernière année, nous avons essayé de lancer ces mots selon le projet « Immense espérance » de notre Congrégation au début de ce troisième millénaire. C’est donc avec joie que nous, les jeunes en formation première à Madagascar, voudrions partager quelques témoignages d’espérance et présenter quelques désirs. Nous tenons à ce qu’ils soient entendus avant ou pendant le prochain chapitre général.
Témoignage d’espérance

Vivre le charisme oblat à Madagascar où 80 % de la population vit de l’agriculture et de l’élevage exige de s’intéresser à la fois à la vie spirituelle, matérielle et intellectuelle de ces gens, ces trois facteurs fondamentaux du développement humain. Notre expérience dans la congrégation depuis quelques années avec les gens de la brousse, plus précisément dans la région de diocèse de Tamatave, nous fait comprendre que notre charisme ne devrait pas se limiter seulement à prêcher la spiritualité mais devrait aussi s’étendre jusqu’à enseigner la valeur de la connaissance, du savoir intellectuel, toutes choses qui aident sans aucun doute à améliorer la vie matérielle. Il y a peu de vocations oblates dans cette région précisément à cause de cette pauvreté intellectuelle et matérielle (peu sont ceux qui arrivent jusqu’à la fin d’école primaire). Par contre, beaucoup de jeunes d’autres régions frappent à notre porte aujourd’hui parce qu’ils veulent faire quelque chose pour l’Église et la Nation, en vivant le charisme oblat.

L’esprit de communion, de fraternité et de collaboration selon notre style de vie oblate constitue à la fois un témoignage et une espérance pour l’avenir de notre Congrégation à Madagascar, parce que toutes ces valeurs se trouvent déjà dans la sagesse malgache fondée sur la parenté (Fihavanana). Cette identité oblate correspond donc exactement à la sagesse malgache. Les gens admirent beaucoup l’harmonie dans la différence qu’ils constatent chez oblats.

Bref, nous avons beaucoup d’espérance pour l’avenir de la Congrégation OMI à Madagascar. Un avenir qui se justifiera par le fruit qu’il portera à l’Église et à la société. Mais un avenir qui nécessite aussi des missionnaires autochtones bien préparés.
Quelques désirs

A Madagascar, comme ailleurs, la pauvreté empêche le développement humain. Or, nous n’entrons pas du tout dans le domaine de l’intellectuel et du matériel des gens qui oeuvrent à ce développement. C’est pourquoi nous voudrions apporter notre collaboration pour la formation intellectuelle (par exemple par l’établissement des écoles en pleine brousse…), la formation spéciale pour les catéchistes et aussi celle des adultes analphabètes qui sont tellement nombreux.

Du point de vue financier, la Délégation OMI à Madagascar dépend toujours d’autres pays. Pour améliorer notre avenir financier, nous pensons que rester seulement dans les campagnes ne résoudra pas le problème… Peut-être que fonder des écoles d’informatique, d’agronomie, de sciences humaines… nous offrirait-il quelque bénéfice!!! Les jeunes malgaches en formation première visent à éviter tout simplement l’esprit de mendicité et de dépendance… Les membres de notre Délégation sont de cet avis.

Madagascar est une île et nous parlons une seule langue, le malgache, assez proche de la langue indonésienne (parce que nos ancêtres vinrent de l’Indonésie et de la Malaisie). Ainsi, nous les jeunes malgaches désirons beaucoup approfondir d’autres langues internationales, telles le français, l’anglais… nous rendant pour cela dans d’autres provinces (par exemple pendant un stage pastoral d’un ou de deux ans). Cela nous permettra avant tout de vivre l’internationalité de la Congrégation, de connaître d’autres cultures, de renforcer l’unité oblate autant au niveau local qu’au niveau international.

Chers confrères oblats, voilà l’espérance et quelques désirs des jeunes oblats en formation première à Madagascar. Nous avons confiance en Dieu quant à l’avenir de la Congrégation à Madagascar. Nous nous efforçons à notre tour de construire un meilleur avenir selon notre charisme et dans l’esprit de l’internationalité de notre Congrégation!


Comment actualiser le charisme oblat
dans notre vie et celle de la Congrégation?

Par les Scolastiques d’Ukraine et de Biélorussie
actuellement au scolasticat de Obra (Pologne)

L’Eglise, cette Épouse chérie du Fils de Dieu pleurant la honteuse défection des enfants qu’elle a engendrés est en proie à la terreur. Ces paroles du Père Fondateur restent toujours actuelles. D’une manière tout à fait impressionnante on peut s’apercevoir de cela dans les territoires de l’ancien bloc des pays de l’Union soviétique, et donc dans nos pays : en Ukraine et Biélorussie.

En effet ce ne sont pas des terres typiquement de mission
; c’est plutôt le champ de la nouvelle évangélisation. En vivant parmi les gens de ces terres post-soviétiques force est de constater que sa population n’est pas chrétienne bien qu’il ne soit pas rare qu’on la considère comme telle. Les habitants, eux aussi, se pensent croyants mais leur vie quotidienne ne le montre absolument pas. Nous voulons alors souligner que d’être missionnaires en Ukraine et Biélorussie, comme aussi en d’autres pays post-soviétiques, correspondent à notre charisme d’aller vers les pauvres et les plus abandonnés. Du reste il faut bien voir que chez nous la pauvreté spirituelle s’accompagne très souvent d’une pauvreté matérielle extrême.

L’exemple des Apôtres qui ont consacré leur vie à Jésus nous enseigne que chacun de nous, à la suite du St. Eugène, doit être enflammé d’amour pour notre Seigneur Jésus Christ et de son Eglise et aussi plein de zèle, prêt à lui sacrifier tous ses biens, ses talents, sa personne en vue de la gloire de Dieu. Nous pourrons le faire si nous restons en union avec Dieu et celle-ci nous vient par la prière et les saints sacrements.

La communauté oblate doit donc voir dans la prière une source prioritaire et le couronnement de ses activités. En plus, il faut que nous vivions de telle manière que chaque membre de la communauté trouve en elle compréhension, sincère évaluation et acceptation de sa vie dans la vérité. Pour nos communautés, nous souhaitons des Oblats extraordinaires, qui vraiment veulent devenir des saints et qui, dans leur vie concrète, cherchent à atteindre le but indiqué par le Père Fondateur. Quand bien même surgiraient-ils des conflits entre confrères, il faut chaque fois et sans tarder surmonter les problèmes en se parlant honnêtement et en restant ouverts à la correction fraternelle.

Nous sommes contents de pouvoir affirmer que dans nos communautés la prière, le ministère et la récréation commune sont effectivement considérés comme éléments essentiels et constitutifs. Nous sommes d’ailleurs convaincus que la prière doit toujours précéder notre ministère et nos activités; on ne peut pas permettre que le travail détruise la vie spirituelle de la communauté. Les besoins sont énormes! C’est vrai. Mais il est également vrai que pour porter à quelqu’un un verre d’amour il faut tout d’abord le remplir. C’est pour nous évident! Nous osons aussi faire cette proposition: que tous les sept jours il y ait, dans nos communautés, l’adoration commune de Jésus en l’Eucharistie. Et là où cela est possible il serait souhaitable d’inviter à notre prière communautaire des laïcs qui collaborent avec nous ou tout simplement des paroissiens.

Il nous semble que parfois nos communautés auraient besoin de plus de discipline, de docilité et de disponibilité. Nous croyons que grâce à ces qualités le bon Dieu pourrait plus facilement agir en nous et par nous, tandis que pour nous ce serait une occasion de plus pour pratiquer – en esprit d’obédience – la pauvreté du cœur. Nous aurions donc ainsi la possibilité de nous dépasser nous-mêmes et nos propres limites, et de nous livrer davantage au Seigneur.

Nous croyons qu’en premier lieu nous sommes appelés pour annoncer la parole de Dieu et que ce ministère trouve son accomplissement dans la célébration des sacrements et dans le service d’amour envers ceux qui sont en besoin. Il nous semble alors qu’à chaque Eucharistie – si c’est possible – on devrait prêcher en expliquant l’Écriture. Il nous paraît également nécessaire d’encourager nos fidèles à accéder aux sacrements et à leur en faciliter cet accès.

Répondant aux besoins spirituels des gens nous devons aussi rester sensibles à leur pauvreté matérielle. En effet, beaucoup de ceux que nous côtoyons n’ont pas de moyens suffisants d’existence. Nous ne pouvons pas les oublier; au contraire, il faut les secourir. Ainsi ces pauvres nous rendront conscients de la nécessité d’un plus grand radicalisme dans notre vie inspirée des conseils évangéliques. Ce radicalisme évangélique nous demandera peut-être de renoncer à certains biens et à une vie commode. Mais cela nous donnera l’occasion de découvrir notre propre insuffisance. Nous ne devons pas craindre d’être pauvres ni avoir peur qu’en menant une vie marquée par la pauvreté nous perdions certains liens: le Père Fondateur a accepté ces choses et malgré cela il avait nombreuses connaissances et beaucoup d’amis en France et ailleurs.

En travaillant parmi les pauvres aux multiples visages et parmi les marginaux, nous nous laisserons évangéliser par eux. Nos maisons – tout en respectant exigences de la vie religieuse et de la clôture – devraient rester ouvertes aux pauvres jusqu’à partager la table avec les sans-abri si le cas se présente. Normalement les gens viennent chez nous, mais nous sommes convaincus que nous devons aussi oser de frapper aux portes de ceux qui ne viennent pas et ainsi les rencontrer dans leur quotidien et parler avec eux. S’ils ne viennent pas à Jésus, permettons-le alors d’aller chez eux.

Nous sommes conscients que chacun de nous a reçu de Dieu qualités et talents. Il faut que nous les développions en vue de s’en servir plus tard dans l’œuvre de l’évangélisation. Nous devons être aussi attentifs à être des obstacles pour ceux qui découvrent de nouveaux charismes dans cadre du charisme oblat. Alors, peut-être, plus tard nous verrons s’il est nécessaire d’aller plus loin que le ministère paroissial et la prédication des missions et ainsi se formeront des communautés spécialisées orientées vers une activité bien déterminée. Bien sûr qu’avant de réaliser un projet nouveau, il faudra considérer la situation de l’Eglise locale, le soumettre aux supérieurs et passer par un sérieux discernement. Parmi des projets possibles nous pensons à la pastorale des jeunes, des marginaux et à la promotion des vocations oblates. Ces communautés spécialisées pourraient collaborer avec des spécialistes d’autres congrégations et avec d’autres experts ecclésiastiques ou laïcs.

Marie Immaculée est la patronne de notre Congrégation. Cela signifie qu’une orientation mariale devrait émaner de nos activités. Ceux qui sont avec nous et autour de nous doivent voir que Marie est vraiment notre Mère et qu’elle occupe dans notre vie une place tout à fait spéciale. Dans nos paroisses nous devons donc promouvoir une dévotion authentique envers la Vierge Immaculée. On peut le faire par des célébrations mariales et en faisant recours aux moyens audiovisuels contemporains.

Pour résumer: il nous faut retourner au Père Fondateur, le connaître davantage, toujours le redécouvrir. Ensuite on doit chercher des analogies dans la situation contemporaine de nos pays. Il ne faut jamais s’arrêter dans la croissance spirituelle et oblate afin de devenir des vrais hommes apostoliques. Et tout cela pour que les gens connaissent qui est le Christ. Il nous faut prendre la croix et suivre Jésus chaque jour; perdre notre vie pour la gagner dans l’éternité.


DOCUMENTATION OMI est une publication non officielle
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