|
Le
14 novembre dernier, le Saint-Père nommait le père Norbert Andradi évêque
du diocèse d’Anuradhapura, dans le centre-nord de Sri Lanka. Né à Maggona
en 1949, l’évêque nommé a été ordonné prêtre à Rome en 1980. Il a passé ses
quatre premières années de ministère à la paroisse de la cathédrale d’Anuradhapura.
En 1984, il était nommé membre de l’équipe de formation du scolasticat de
Kandy. Il a ainsi entrepris une étape de vingt ans à titre d’éducateur et
de professeur au scolasticat des Oblats et au séminaire national de Kandy.
Au moment de sa nomination épiscopale, le père Andradi faisait partie du personnel
du scolasticat et professeur et doyen de la théologie au séminaire. Le
diocèse Le
diocèse d’Anuradhapura s’étend sur 10 000 km2 avec une population
de 1 400 000 habitants, qui comprend une minorité catholique d’environ
12 500 fidèles. La région a été confiée aux Oblats en 1963 avec l’établissement
du district ecclésiastique d’Allegollawa dont le territoire est tiré des diocèses
de Jaffna et de Trincomalee. Le père Michael Croos en a été le premier supérieur
ecclésiastique. Il est devenu Préfecture apostolique en 1975 et diocèse en
1982. Mgr Henry Goonewardena en a été le premier préfet avant
d’en devenir l’évêque. Il a donné sa démission en 1995 pour des raisons de
santé. Le siège était vacant depuis juin 2002, lorsque son successeur, Mgr Oswald
Gomis, a été nommé archevêque de Colombo. Un
centre bouddhiste Anuradhapura
ou «la cité d’Anura» est l’ancienne capitale de Sri Lanka qui a abrité la
cour royale de 437 av. J.-C. à 1017 A.D. C’est l’un des grands centres du
Bouddhisme dans le sud de l’Asie qui est visité, chaque année, par des milliers
de pèlerins et de touristes. Selon la tradition, cette ville sacrée est construite
autour d’une racine de l’arbre des lumières, le figuier de Bouddha, apporté
à cet endroit au 3e siècle av. J.-C. par Sanghamitta, le fondateur
d’un ordre de nonnes bouddhistes. Anuradhapura a été la capitale politique
et religieuse prospère de Ceylan pendant 1 300 ans. Un
pont vers la réconciliation et la paix Commentant
la nomination du père Andradi comme évêque du diocèse d’Anuradhapura, le père
Oswald Firth, provincial de la province de Colombo, la voit comme une confirmation
de l’engagement des Oblats dans le dialogue entre les religions, en particulier
avec les Bouddhistes. «Anuradhapura est au cœur même du bouddhisme et nous
vivons à une époque où la cohabitation avec les Bouddhistes est essentielle
à la recherche de la paix et de la réconciliation dans notre pays déchiré
par la guerre.» «Anuradhapura
est aussi la porte d’entrée vers le nord et l’est, la scène de nombreux combats
virulents qui ont eu lieu durant la guerre civile récente. Pour nous, cela
signifie que le père Andradi peut devenir un pont vers la paix et la réconciliation
entre le Nord-Est et le Sud. Sa nomination survient au moment crucial où tout
le processus de paix est en crise et où l’Église trouve difficile de se prononcer
de façon significative sur la situation.» Le service d’Information tourne la page Le Service d’information s’est fixé comme but de compléter au mois de janvier 2004 le processus du passage du format imprimé au format électronique par les moyens de communication de la Toile et du courriel. Ce processus n’est pas encore terminé, mais il y a des progrès importants de faits dans ce sens et l’année 2004 marquera un point tournant dans la modernisation du service. Actuellement, 760 Oblats et maisons oblates reçoivent les publications du service par courriel. Il y a aussi beaucoup d’Oblats qui préfèrent y accéder directement à travers le site officiel de l’Administration: omiworld.org. Le mois dernier, il y a eu, en moyenne, 370 visiteurs par jour sur le site, pour un total de 11 600 durant tout le mois. Les pages les plus visitées sont celles d’Information et de Documentation. Onze provinces ou délégations se sont déjà chargées de la distribution des copies imprimées aux individus et maisons qui n’ont pas accès à la Toile ou au courriel. Il est à espérer que d’autres pourront faire de même durant l’année qui vient. Une nouvelle présentation du site oblat sur la Toile Gardant à l’esprit nos missionnaires qui vivent dans des régions éloignées et n’ont accès au courriel et à Internet que par des lignes téléphoniques lentes et dispendieuses, on a adopté un système d’exploitation nouveau et rapide. Un site complètement redessiné sera activé vers la mi-janvier, avec toutes les pages principales en anglais, français et espagnol. Ce site remanié offrira chaque semaine des mises à jour qui seront réunies et placées sous forme d’archives à la fin de chaque mois, à titre de référence. Tous les abonnés par courriel et les supérieurs majeurs seront avertis des mises à jour. Le Communiqué, le Personnel et l’annuaire de courriel seront accessibles par un mot de passe réservé aux Oblats. Parmi les nouvelles sections, il y aura la page du Supérieur général, le Dictionnaire des valeurs oblates (en trois langues), une tribune libre, des entrevues sur la Congrégation et une page réservée au scolasticat international. La page des liens sera accrue pour inclure tous les sites connus se rapportant aux Oblats. La politique linguistique Pour
respecter la décision prise par le Conseil général en 2002, (voir Communiqué
no 86), à partir de janvier 2004, les publications du Service
d’information seront disponibles en anglais, en français et en espagnol seulement.
Les traductions dans les autres langues sont souhaitées et encouragées. Il
convient donc de remercier les «héros méconnus», les traducteurs qui ont si
bien collaboré au service au cours des années : Werner Rörig, (pour l’allemand),
Wieslaw Lyko, Roman Tomanek, Jan Chmist (pour le polonais) et Mme
Valentina Paoletti, qui a assuré les traductions en italien depuis deux ans,
la province d’Italie ne disposant personne pour remplacer le père Giovanni
Canfora. Leur dévouement a été grandement apprécié. Séminaire sur la prédication de missions paroissialesL’Administration générale a patronné un séminaire sur la prédication de missions paroissiales qui a eu lieu à la maison provinciale de la province d’Italie, à Vermicino, du 27 au 31 octobre. Les vingt-deux Oblats qui y ont pris part provenaient de treize pays où s’exerce encore ce ministère. Ils étaient de Sri Lanka, de l’Inde, des Philippines, d’Allemagne, d’Espagne, d’Italie, de Pologne, du Canada, des États-Unis, d’Argentine, du Paraguay, d’Afrique du Sud et du Cameroun. Y prenait part aussi Mme Debbie Doornbos, une laïque qui est membre permanent de l’équipe missionnaire des provinces Grandin et Sainte-Marie. Le père Ryszard Szmydki, assistant général, qui avait organisé ce séminaire au nom de l’administration, a souligné le fait que c’était le premier rassemblement international de prédicateurs depuis 1955, année où un congrès semblable avait eu lieu à Rome. Cette dernière session avait réuni quarante-cinq participants pendant six semaines. Un rapport de plus de cinq cents pages a paru dans Missions OMI 1956 pour le français et 1957 pour l’anglais. Si le contenu est en partie dépassé aujourd’hui, il contient cependant beaucoup d’informations pouvant profiter au renouveau de ce ministère aujourd’hui. Il comprend un chapitre sur la nature de la mission paroissiale, un autre sur le déroulement même de la mission et un troisième sur la vie et la préparation du missionnaire-prédicateur depuis son juniorat jusqu’à ses premières années dans ce ministère. Dans
sa conférence d’ouverture, le père Francis Santucci, qui a présidé le séminaire
de Vermicino, a traité des missions paroissiales au temps du Fondateur. Les
congressistes ont ensuite échangé sur leurs expériences et parlé des formes
que revêtent les missions paroissiales dans leurs pays et leurs cultures respectifs.
Ils ont pu voir que le ministère de la prédication des missions paroissiales
est encore bien vivant dans la Congrégation. Non seulement ce ministère est-il
à l’origine de la fondation des Oblats, mais il est une forme d’évangélisation
qui suscite un intérêt renouvelé de la part des Églises locales. La proclamation
extraordinaire de la Parole de Dieu par une communauté prophétique s’intègre
très bien dans le mouvement actuel de la «nouvelle évangélisation» promue
par Jean-Paul II. Service général Justice, paix et intégrité de la création - En rappel de la ShoahChaque année, le 16 octobre, la communauté Sant’Egidio de Rome souligne par une marche silencieuse l’anniversaire de la déportation des Juifs de Rome qui a eu lieu il y a 60 ans. Cette année, les pères Bernard Keradec, commissaire du Chapitre, et Eliseo Mercado, directeur du service Justice, paix et intégrité de la création, se sont joints aux milliers de pèlerins de la paix qui ont voulu rappeler ce péché contre l’humanité. La Shoah est une blessure dans la conscience du monde, en particulier celle de l’Europe, qui doit être reconnue si l’on veut construire un monde meilleur fondé sur la paix et la justice. C’est la raison pour laquelle la communauté Sant’Egidio en rappelle chaque année le souvenir non seulement à Rome mais aussi en Allemagne et en Belgique. Cette année, un groupe d’étudiants du secondaire de Rome, accompagné de membres de la communauté Sant’Egidio et du maire de Rome, se sont rendus en pèlerinage à Dachau et à Meina, l’endroit du premier massacre de Juifs italiens. Durant la commémoraison de la Shoah, on a aussi présenté des images des souffrances d’autres peuples en migration, les réfugiés africains, les hommes et les femmes qui ont survécu à des voyages de désespérés entrepris à travers la Méditerranée dans le but de trouver une vie meilleure. Aujourd’hui
plus que jamais, il y a un besoin urgent d’aborder la question des réfugiés
et des ouvriers migrateurs, légaux comme illégaux. Notre réponse peut être
soit d’agir ou de demeurer indifférents devant les besoins urgents de ces
personnes. Notre action sera constituée, en fin de compte, d’attention et
de solidarité «pour l’un de ces petits». Très souvent, le travail pour la
justice, la paix et l’intégrité de la création comportera que l’on marche
dans le sentier de ce qu’Albert Schweitzer appelait «l’héroïsme de la foi».
(Eliseo Mercado). Manitoba - Semaine du juste revenu Le comité de Justice et Paix des Oblats du Manitoba a joué un rôle important dans l’organisation de la «Semaine du juste revenu», qui s’est déroulée du 9 au 17 octobre 2003. Le but de cette semaine était de persuader le gouvernement provincial d’élever le salaire minimum à un niveau qui serait considéré comme viable (60% du salaire moyen au Manitoba). La semaine commença par un événement au parc Air Canada, situé au centre-ville de Winnipeg, avec de la musique composée pour cette semaine. Les clowns de la troupe Just Theatre, troupe de théâtre fondée par le frère Thomas Novak, membre du comité Justice, paix et intégrité de la création, ont envahi la scène avec des numéros de cirque illustrant les nombreuses difficultés auxquelles font face ceux qui doivent subsister avec un salaire minimum. Un immense saucisson de Bologne et une boîte géante de macaronis symbolisaient les aliments de base de ces gens. Les responsables de quinze groupes religieux ont émis un message commun intitulé : Faire fleurir le désert. Ils voulaient ainsi marquer leur appui à cette campagne. Ils y font appel à tous les croyants du Manitoba pour qu’ils travaillent à ce que tous ouvriers obtiennent un salaire équitable, même si cela avait pour conséquence que chacun doive se contenter d’une plus petite portion des biens de la terre. Parmi les signataires, on retrouve les noms de tous les évêques catholiques du Manitoba ainsi que celui du père James Fiori, provincial des Oblats du Manitoba. La
semaine comprenait aussi plusieurs ateliers et conférences sur le salaire
minimum, un concert et une vigile sur les enfants et la pauvreté. Le tout
s’est terminé sur les marches du parlement du Manitoba avec la remise d’une
pétition adressée au ministre du travail, M. Steve Asthton. Elle contenait
plus de huit mille signatures, dont environ mille avaient été recueillies
par Margot Lavoie et Thomas Novak, représentants des Oblats auprès de la «Coalition
pour un juste revenu». (Nouvelles oblates, Communauté Taché, Manitoba) HAÏTI - Hubert Constant, o.m.i., nouvel archevêque de Cap-Haïtien Le 4 novembre 2003, le Saint-Père nommait Mgr Hubert Constant, o.m.i., jusqu’à présent évêque de Fort-Liberté, nouvel archevêque métropolitain de Cap-Haïtien, Haïti. Mgr Constant est ainsi muté du dernier diocèse créé en Haïti, celui de Fort-Liberté (1991), à l’un des plus anciens, établi en 1861 lors de la constitution d’une hiérarchie dans ce pays. Cap-Haïtien est deux fois plus grand que celui de Fort-Liberté, avec plus de 750 000 catholiques. Le nouvel archevêque n’est pas étranger dans ce diocèse puisqu’il y a exercé son ministère lorsqu’il était jeune prêtre. Il
apporte dans sa nouvelle tâche une grande expérience de pasteur, de professeur,
d’administrateur et de supérieur religieux. Après son ordination presbytérale
en 1958, il a travaillé dans des paroisses des diocèses de Cap-Haïtien, des
Cayes et de Port-au-Prince. Il a été professeur et plus tard directeur du
petit séminaire Saint-Eugène de Mazenod de Camp-Perrin, puis directeur du
collège Saint-Jean des Cayes, de 1979 à 1981. En 1981, il devenait le premier
provincial haïtien de ce qui était alors la vice-province d’Haïti. Il a rempli
deux mandats à ce titre. Il a ensuite été supérieur du scolasticat pendant
quatre ans avant d’être nommé évêque de Fort-Liberté. Il est le président
de la Conférence des évêques d’Haïti depuis 1999. BRÉSIL - Parler de paix en prison Le père Henri Leconte a été plusieurs années aumônier de prison : il l’était déjà à Aix-en-Provence, avant de partir pour le Brésil. Il n’est donc plus novice dans ce ministère. Il n’a donc pas été déconcerté lorsqu’un détenu lui a demandé d’entrée de jeu: «Quel est votre message?». «Tout le groupe de détenus attendait ma réponse, se rappelle le père Leconte ; je leur ai cité la parole de Jésus quand il a envoyé ses disciples en mission: «Quand vous entrerez dans une maison, dites d'abord : Paix à cette maison». Ce fut le point de départ d'un dialogue particulièrement intéressant. «Parler de paix, dans une prison au Brésil, ce n'est pas évident. C'est en effet la guerre entre les différents groupes religieux. Les prisons sont des supermarchés des religions. Chacun vient y vendre sa marchandise. Telle secte a dit que j'étais le diable! «Les
prisons brésiliennes sont aussi un lieu de violences physiques. On cache des
armes, en prévision de la prochaine rébellion. Rébellions fréquentes à cause
des conditions de détention, de la surpopulation, de la drogue, de la corruption...
Alors, venir parler de paix!» (Audacieux pour l’Évangile, n°10.) PHILIPPINES - Radio Veritas Asia Comme quatre-vingts autres Oblats, le père Daniel Taillez a été chassé du Laos il y a près de 30 ans. Mais sa connaissance de leur langue lui permet de continuer sa mission auprès des Hmongs. Sous une autre forme. Il le fait sur les ondes de Radio Veritas, à Quezon City, aux Philippines. Il décrit son travail à l’intention du bulletin interne de nouvelles de la province de France, Audacieux pour l’Évangile. «Nos ondes portent à 6 000 km. Notre station parle dix-sept langues: le chinois, le vietnamien, l’urdu, le hindi, le hmong, l'indonésien, le russe, etc. «C'est en 1994 que Yves BERTRAIS, a commencé les émissions en langue hmong. Son but était et reste d'annoncer la Bonne Nouvelle aux Hmongs du Laos, du Vietnam, de Chine et de Thaïlande. Avec son équipe en Thaïlande, Yves rédige des scripts sur l'Ancien et le Nouveau Testament, donne des nouvelles du monde et de l'Église, traite de la culture hmong et du message chrétien et propose une homélie sur l'évangile du dimanche suivant. «Yves nous envoie ces scripts par courriel. Personnellement, je traite quelques sujets complémentaires : l'explication de chants ou de prières hmong, une vie de saint ou de sainte, une ou deux pages du catéchisme de l'Église catholique, l'un ou l'autre des problèmes cruciaux du Sud-Est asiatique. Les émissions sont produites ici, à Radio Veritas. Chaque semaine, nous avons, en hmong, quatre émissions de vingt-cinq minutes.» Un rêve : pouvoir repartir au Laos. Ou bien aller en Chine où vivent aussi, dans le Sud du pays, plusieurs millions de Hmongs. Une question : nos émissions dans la langue hmong servent-elles à quelque chose? Avons-nous, dans ces pays, des auditeurs fidèles ? Les aidons-nous à grandir dans la foi ? Nous recevons bien quelques lettres d'au-delà du « rideau de bambou ». Lettres peu nombreuses : les gens sont pauvres, les timbres coûtent cher. Et les lettres sont ouvertes... «Pour me remonter le moral, une Sœur carmélite de Moulins m'écrit que plus tard, de là-haut, « tout en chantant le Gloria avec les anges du ciel», nous verrons l'importance qu'a eue notre travail. En attendant, tant que je suis sur cette terre, j'aimerais voir, dans une communauté concrète, l'impact que nous avons. Ou que nous n'avons pas... Voir et constater, comme l'apôtre Thomas» Un
surnom : «Ici, la standardiste m'appelle «Lolo», ce qui veut dire « grand-père
». Elle a raison. Si bien que je n'aurai peut-être pas le temps de voir la
chute du mur. La chute du mur de bambou...» Audacieux pour l’Évangile,
n°10.) JAPON - Le ministère de la traduction! Très souvent les missionnaires à l’étranger sont appelés à servir de traducteur ou d’interprète en raison de leur connaissance de la langue locale. Traduire pour la police est probablement moins fréquent. Le vétéran missionnaire au Japon, le père Bertram Silver, a passé au cours des années un nombre incalculable d’heures à la station de police avec les agents qui devaient interroger des ressortissants étrangers soupçonnés de crimes. L’Association des interprètes de la préfecture de police de Tokushima, dont le père Bertram est l’un des fondateurs, l’a élu président lors de sa douzième assemblée annuelle. Quarante interprètes y prenaient part, dont vingt-trois attachés au service de police. Certains cas, dit le père Bertram, s’étendent sur des jours jusqu’à qu’ils soient portés au bureau du procureur et éventuellement en cour. «Travailler avec le service de police est une tâche intéressante mais fatigante. Après une heure, je dois demander une pause. Autrement, je finis par parler japonais avec celui qui a été arrêté et anglais avec les policiers.» Le travail des policiers est épuisant. Cependant la présence d’un interprète n’est pas seulement une aide apportée aux policiers, mais aussi un réconfort pour la personne arrêtée. Le
père Bertram se souvient d’un cas où deux Soudanais avaient demandé, durant
leur interrogatoire, une amnistie pour des raisons politiques. Grâce à l’aide
des policiers et du groupe local d’Amnistie, leur demande fut exaucée. À leur
libération de prison, ils ont été pris en charge par les Franciscains de Tokyo.
L’un d’eux a fini par marier une Japonaise et vit maintenant à Tokyo. ITALIE - Décès d’un père spirituel Le père Gaetano Liuzzo est décédé vers 8h15, le 14 novembre, peu après avoir célébré l’Eucharistie, à la résidence des Oblats de San Giorgio Canavese, où il avait commencé sa vie religieuse il y a 71 ans. Il aurait eu 92 ans ce mois-ci. Son séjour sur terre a commencé le 18 décembre 1911, à Tortorici, Italie. Après avoir fréquenté l’école apostolique (juniorat) de Santa Maria a Vico, il a fait sa profession perpétuelle à San Giorgio Canavese à l’âge de 21 ans et a été ordonné prêtre le 7 juillet 1935. Il a occupé diverses fonctions importantes dans la province d’Italie: professeur au scolasticat de San Giorgio, directeur de l’Association missionnaire de Marie Immaculée et de la revue oblate sur les missions. Au cours des ans, il a été vicaire provincial, secrétaire du provincial, puis archiviste et trésorier de la province. Pendant plusieurs années, la Congrégation de la Propagation de la foi lui a confié la responsabilité de visiter les séminaires d’Italie pour y promouvoir les œuvres missionnaires pontificales. Ce contact avec de nombreux séminaristes n’est pas sans avoir porté des fruits dans sa propre famille religieuse. Il a été l’instrument de Dieu pour enflammer le cœur de plusieurs Oblats, dont le père Mario Borzaga, d’un grand amour pour les missions. Directeur de l’Association missionnaire, il a formé des responsables dans l’esprit de saint Eugène qui, en s’impliquant activement dans l’Association, ont voulu être plus que des aides. Ils ont voulu vivre comme les Oblats. En 1951, dix-huit de ces jeunes femmes prononçaient leur acte de consécration à Marie et formaient le mouvement des Sœurs oblates. Un an plus tard, après une formation et un discernement plus poussés, vingt-trois jeunes femmes prononçaient leurs premiers vœux temporaires, fondant ainsi solidement un institut séculier connu aujourd’hui sous le nom de Coopératrices oblates missionnaires de l’Immaculée (Cooperatrici Oblate Missionarie dell’Immacolata). Le père Liuzzo a toujours été ardent à nier qu’il en était le fondateur. «J’ai toujours dit que leur fondateur est saint Eugène. Je n’ai été que le canal, l’interprète, le médiateur.» Les
Oblats, les Coopératrices et leurs amis, venus de toute l’Italie, se sont
réunis à la maison provinciale, le lundi 17 novembre, pour rendre grâces
et dire adieu à un homme que plusieurs considèrent comme leur père spirituel. LORETTE - Rassemblement de jeunes Montorso est une vallée qui s’ouvre lentement sur l’Adriatique à partir de Lorette, le sanctuaire marial italien bien connu. Il y a là une communauté de trois Oblats : les pères Alfredo Feretti, nommé récemment supérieur, Antonio Camelo et Francesco Volpintesta. En 1995, pendant le premier Eurhope qui a rassemblé quelque 400 000 jeunes à Lorette, le Pape a confié la jeunesse européenne à Marie et exprimé le désir qu’il y ait à cet endroit une sorte de structure permanente pour les accueillir. L’écho de cette célébration retentit au centre Jean-Paul II de Lorette, aujourd’hui confié aux Oblats, chaque année la deuxième semaine de septembre, lorsque de jeunes chrétiens provenant des pays de la Méditerranée se rassemblent sur une place commune pour faire connaissance, former une famille et parler de paix. Cette année a eu lieu la troisième Agora des Jeunes de la Méditerranée. Elle avait pour thème: «Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés». Ces rassemblements couvriront en quelques années toutes les Béatitudes. Quelles blessures les jeunes des vingt-deux pays méditerranéens n’ont-ils pas montrées à Lorette cette année? Antoun Antoun est un garçon au teint foncé originaire d’Amman, en Jordanie. Lorsqu’il était petit, ses parents l’ont conduit à Jérusalem pour son baptême. Aujourd’hui, cependant, les civils de son pays n’ont pas la permission de s’arrêter le long des rives du Jourdain. On lui avait demandé d’apporter, à ce rassemblement international, de l’eau du fleuve que l’on utiliserait pour un baptême, mais les soldats ont dû la recueillir pour lui. C’est ainsi qu’une petite fille nommée Clara a été baptisée avec une eau qui était encore plus symbolique. Haneen Deux jours après le début de la rencontre, on n’avait pas encore de nouvelles d’Haneen, une jeune Palestinienne. À son arrivée, elle nous a dit qu’elle avait été retenue à un point de contrôle sur la route reliant Jenin à Jérusalem : les soldats l’avaient empêchée d’arriver à temps pour rejoindre ses amis à l’aéroport de Tel Aviv. Le prix à payer pour être catholique Pendant une semaine, ce sont les jeunes eux-mêmes qui parlent de ce que les attristent, surtout en ce qui concerne le prix à payer pour leur foi catholique. «Il y a de moins en moins d’emplois pour nous, dit Évelyne, qui est originaire d’Égypte; les Égyptiens préfèrent engager des musulmans. Nous sommes donc forcés d’émigrer. Emilios, qui vient de Chypre, ajoute: «Dans notre pays, les Catholiques sont bien conscients d’être une minorité ; nous trouvons la force en demeurant unis et en évitant de nous disperser.» Il y a de l’espoirPlusieurs, tel Kastriot, du Kosovo, affirmaient ceci: «Notre consolation vient des jeunes eux-mêmes. Nous sommes nombreux et la valeur de la famille et de nos relations familiales est encore bien vivante ; de plus il fait bon de noter que dans mon pays aujourd’hui, il y a finalement 90% des jeunes qui vont à l’école régulièrement. Plusieurs intellectuels du Kosovo se sont convertis au catholicisme récemment parce qu’ils ont découvert jusqu’à quel point la foi chrétienne est liée à l’histoire de notre pays.» «Ces derniers mois, disait le père Alfredo Feretti, directeur du centre Jean-Paul II et organisateur de l’Agora, lorsque la constitution européenne a été discutée et que le Pape nous a pressés de ne pas oublier notre tradition chrétienne, l’Agora des jeunes méditerranéens nous rappelle que, si l’Europe a une âme, elle s’identifie avant tout au dialogue qui ne nie pas l’identité de chacun, mais au contraire la confirme.» N’exclure personne Une Europe à la recherche de ses liens profonds avec la Méditerranée, est-ce l’Europe à laquelle aspirent les jeunes de cette Agora ? Une des raisons qui ont conduit le centre Jean-Paul II à inviter tous les jeunes sans exclure de pays a été de leur permettre de se connaître, de découvrir comment les différences peuvent unir, de raviver les échanges sur les valeurs importantes. Les organisateurs ont vu plus loin: le plus grand défi est d’établir avec les jeunes un forum permanent de réflexion entre les communautés chrétiennes de la Méditerranée, qui comprendrait des expériences œcuméniques. Dès 2002, par exemple, une délégation de l’Église orthodoxe de Grèce assistait à la rencontre. Au
moment du départ, Jean, qui vit à Nazareth, exprimait ainsi sa gratitude :
«Avant de venir ici, je n’aurais jamais pensé possible que se crée une amitié
aussi immédiate et enthousiaste entre des personnes qui vivent dans des pays
au sud de la Méditerranée : nous avons mis en commun nos différences.»
Ces paroles faisaient écho à celles d’Ana, de Belgrade : «Nous
avons partagé une vie simple avec des gens qui sont comme nous; lorsque l’on
scinde un problème, il n’est plus aussi gros.» (Missioni OMI.) Lourdes
et les Oblats (dernière partie) C’est le père Noël Leca, alors qu’il était directeur de l’Exposition missionnaire de Lourdes, qui a semé l’idée d’une communauté oblate internationale en invitant des scolastiques de la province d’Italie et du scolasticat international à venir aider les visiteurs de l’exposition. Le premier arrivé a été le père Rino Martignago, en 1974. Ont suivi les pères Carlo Andolfi, actuellement supérieur de la nouvelle mission de Guinée-Bissau, et Antonio Camelo, récemment assigné au sanctuaire marial de Lorette. C’est alors que se sont tissés des liens entre le sanctuaire et la grande famille oblate. Le père Leca a répété, chaque année, son invitation auprès des scolastiques italiens. Lorsqu’il a quitté l’Exposition missionnaire en 1978, on a craint que cette relation prenne fin. Cependant, en 1979, l’abbé André Cabes, un prêtre diocésain responsable du service des jeunes à Lourdes, demanda à la province d’Italie de l’aide pendant l’été. Antonino Bucca, encore scolastique, qui avait déjà travaillé à Lourdes, fut envoyé. Depuis ce temps, des douzaines de scolastiques de la province d’Italie et du scolasticat international ont apporté leur aide au service des jeunes durant l’été. Impressionné par la qualité de leur service et après avoir visité les communautés oblates de Marino et de Vermicino en Italie, qui étaient largement impliquées dans la pastorale des jeunes et la formation, l’abbé Cabes a insisté auprès de l’évêque de Lourdes pour qu’il demande une équipe à plein temps pour le service des jeunes. Devant leur insistance, le père Leca a été mandaté pour transmettre leur demande au père Fernand Jetté, supérieur général. Le père Leca et l’abbé Cabes ont été invités à s’adresser au conseil général durant la session plénière de janvier 1984. Le 11 février suivant, anniversaire de la première apparition, le père Jetté écrivait à Mgr Donze pour lui dire que le conseil avait accepté en principe d’envoyer une petite équipe internationale pour aider les chapelains du sanctuaire dans le travail pastoral, surtout auprès des jeunes. Le contrat entre l’évêque et la Congrégation a été signé en septembre 1985, marquant alors la naissance de la communauté oblate de Lourdes. Le premier groupe était constitué de trois Oblats : Noël Leca (France), Mark Kemseke (Belgique-Nord) et Angelo Capuano (Italie). Deux ans plus tard, en 1987, Antonino Bucca, maintenant prêtre, se joignait à eux comme coordonnateur des pèlerinages italiens. En 1988, Angelo Capuano devenait le supérieur de la communauté et Giovanni Galperti venait d’Italie apporter sa collaboration au ministère auprès des Italiens. Aujourd’hui,
la communauté de Lourdes compte dix Oblats. Ils représentent le groupe le
plus grand parmi les chapelains diocésains et religieux qui desservent le
sanctuaire. Ils sont principalement responsables de la coordination de la
pastorale des jeunes et de la pastorale internationale. Les scolastiques de
la province d’Italie et ceux du scolasticat international continuent d’apporter
leur aide chaque année. À
la frontière des États-Unis et du Mexique Information OMI de septembre dernier donnait le parcours de ce pèlerinage. Mme Rebecca Phares, l’assistante directrice du bureau de Justice, paix et intégrité de la création de la province des États-Unis, qui a pris part à ce pèlerinage, soumettait le compte-rendu suivant sur l’événement. Le 2 novembre, des centaines de personnes se rassemblaient sur les deux côtés de la clôture érigée le long de la frontière des États-Unis et du Mexique pour une messe de prière et d’engagement à travailler à mettre fin aux milliers de morts qui surviennent le long de cette frontière. Des centaines d’immigrants meurent chaque année en tentant d’entrer aux États-Unis et la plupart de ceux qui réussissent disent qu’ils l’ont fait pour assurer la survie d’eux-mêmes et de leurs familles. Plusieurs Oblats et six évêques s’y sont rendus pour unir leurs voix afin de réclamer justice pour les immigrants. Cette messe a été le point culminant du pèlerinage le long de la frontière qui a eu lieu du 26 octobre au 2 novembre. Les Oblats vivant le long de la frontière ont pris part à ce pèlerinage qui avait pour but de susciter une prise de conscience au niveau de toute la nation sur les questions d’immigration aux États-Unis. Au cours des six dernières années, plus de deux mille personnes sont mortes en tentant de traverser la frontière méridionale des États-Unis. Leur mort est le résultat d’une application des politiques frontalières qui ont entraîné la fermeture des passages par les villes et forcé les gens à traverser dans des régions désertiques et montagneuses beaucoup moins hospitalières. La plupart de ceux qui traversent sans papier le font parce qu’ils fuient la situation économique difficile que connaissent le Mexique, l’Amérique centrale et les pays plus au sud et tentent de trouver du travail aux États-Unis. Les pèlerins et les évêques ont lancé un appel en faveur d’une politique d’immigration plus réaliste qui permettrait aux immigrants de traverser légalement plutôt que de le faire en traversant des régions souvent périlleuses. Deux groupes se sont joints à ce pèlerinage. L’un était parti de San Diego, Californie, à l’ouest, et l’autre de Brownsville, Texas, à l’est. Ils se sont rencontrés à El Paso, Texas, dans un voyage de plus de 2500 km. À El Paso, plus de deux cents pèlerins se sont joints à ceux qui arrivaient de Brownsville et de San Diego. Plusieurs Oblats se sont rendus à El Paso prendre part aux événements de la fin de semaine et à la réunion du comité Justice, paix et intégrité de la création de la province des États-Unis: Robert Wright, Séamus P. Finn, Maurice Lange, Thomas rush, David Ullrich, Darrel Rupiper et John Lasseigne. Le long du chemin parcouru, plusieurs Oblats ont offert leur soutien. À Brownsville, Armand Matthews a assisté au départ du pèlerinage auquel plusieurs représentants de la presse locale ont assisté. John Lasseigne, qui était le coordonnateur du pèlerinage à San Juan, Texas, avait organisé une conférence de presse, une marche à laquelle prenaient part plusieurs centaines de personnes et une messe axée sur les droits des immigrants. Il avait prévu des conférences dans deux universités locales et un repas avec les paroissiens de la paroisse Saint-Esprit de McAllen, Texas. À Laredo, les pèlerins ont pris part à un débat qui a eu lieu à l’université internationale A&M du Texas et à une messe célébrée dans une paroisse oblate de l’endroit par le père Edward Ward. À Del Rio, l’arrêt suivant, les paroissiens et les pasteurs des trois paroisses locales, dont le père James Loiacono, curé de Saint-Joseph d’Eagle Pass, Texas, ont célébré l’eucharistie et pris part à un débat sur la façon dont la communauté pourrait mieux desservir les immigrants. Le
pèlerinage s’est terminé à El Paso, où les pèlerins ont pris part à une rencontre
sur les questions frontalières, écouté les récits de voyage des immigrants
venus trouver du travail et assisté à une cérémonie œcuménique. Le 2 novembre,
des centaines de personnes se rassemblaient sur les deux côtés de la clôture
installée le long de la frontière des États-Unis et du Mexique pour célébrer
l’eucharistie et s’engager à travailler pour que cessent les milliers de morts
qui y surviennent. (Rebecca Phares, comité JPIC des États-Unis.) Côté, Richard (États-Unis): The Missionary Oblates of Mary Immaculate in the Diocese of Duluth 1903-2003 (Les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée dans le diocèse de Duluth (1903-2003). L’histoire d’un siècle passé à répandre la Bonne Nouvelle dans les campagnes pauvres du Minnesota. Manuscrit, 21 p. Czepirski, Krzysztof et autres (Pologne): Podrecznik Oblata Maryi Niepokalanej (Le manuel du Missionnaire Oblat de Marie Immaculée). Recueil de méditations, prières et rites à l’usage des prédicateurs de missions paroissiales. Poznan, édition privée, 1999, 374 p. Layson, Roberto (Philippines): In War, the Real Enemy Is War Itself (Dans une guerre, le véritable ennemi est la guerre elle-même). Expériences personnelles vécues durant les années de guerres à Pikit, Mindanao, Philippines. Davao, Initiatives for International Dialogue, 2003, 68 p. Sherlock, John (Philippines): My Daily Prayer Book (Mon livre de prières quotidiennes). Recueil de prières, de récits et de méditations. Un manuel de prière à l’usage de gens très occupés. 306 p. Lavoie, Sylvain (Sainte-Marie): Together We Heal (Guérir ensemble). Ce livret est une adaptation des douze étapes que suivent les alcooliques anonymes; cette méthode s’est avérée efficace depuis dix ans dans la guérison de plusieurs victimes d’abus sexuels. Il est disponible chez l’auteur au prix de 3,00 $Can plus les frais de poste à l’adresse suivante : Cree Nation Oblate Community (Communauté oblate de la Nation crie), B. P. 171, Makwa, Saskatchewan, Canada S0M 1N0; téléphone: (306) 236-3462; courriel :: slavoie@sasktel.net O’Doherty, John (Indonésie): Litany Prayer of St. Eugene de Mazenod (Litanies de saint Eugène de Mazenod). Ces litanies ont été composées à l’occasion de la canonisation. Le livret donne des explications sur les invocations. Elles sont tirées principalement du livre d’Alfred Hubenig et René Motte, Living in the Spirit’s Fire. Disponible au prix de 2,50 $US à l’adresse suivante : Litany Prayer, c/o Paul S. Hardjana, Jl. Laponda, Kav 68, Perum, «Pondok Gede Molek», Bekasi, 17411, Indonésie.) NOS AÎNÉS
Anniversaires - Janvier 2004 50 ans de profession religieuse
25
ans de profession religieuse
25
ans de sacerdoce
" Nous garderons vivant le souvenir de nos défunts et nous ne manquerons pas de prier pour eux, offrant fidèlement les suffrages prescrits à leur intention. " (Const. 43) |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||