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No. 449 décembre 2005

Une Nouvelle Province en Europe


La nouvelle province de Belgique et Pays-Bas

Le 8 septembre 2005, la nouvelle Province de Belgique et Pays-Bas fût officiellement érigée. L'inauguration de la province, ainsi que l'installation de l'administration provinciale eût lieu au cours d' une célébration eucharistique suivie d'un repas fraternel qui a vu la participation d'une soixantaine d'Oblats, à la maison de Korbeek-Lo (Leuven, Belgique).

Avec la Province de Belgique et Pays-Bas, nous retournons à la situation d'avant 1945, quand il y avait la Province de Belgique, avec des maisons en Belgique et aux Pays-Bas. Suite à la deuxième guerre mondiale, les Oblats néerlandais étaient coupés du reste de la province et fonctionnaient pratiquement comme province autonome. Après la guerre, le 4 décembre 1945, la Province de Hollande fût érigée.

En 1956, le 24 septembre, la Province de Belgique fut divisée en deux Provinces, selon les régions linguistiques: Belgique-Sud (francophone) et Belgique-Nord (néerlandophone).

Ces trois provinces ont connu un temps de croissance, aussi bien en nombre qu'en activités missionnaires, dans leur propre pays et en mission étrangère. Mais, depuis quelques dizaines d'années, il n'y a pratiquement plus de recrutement. Ce qui fait que le nombre d'Oblats diminue et que leur âge augmente. Beaucoup de confrères ont encore un engagement missionnaire, même aux “points chauds” de la société et de l'Eglise, mais là aussi les forces diminuent et les problèmes d'âge et de santé se font sentir. Il est donc nécessaire d'unir les forces, pour être capable - le cas échéant - d'accueillir des missionnaires qui reviennent d'autres Provinces. En effet, plus de 60 Oblats, originaires de Belgique ou des Pays-Bas sont missionnaires en dehors de l'Europe.

En 2003, une première fusion eût lieu: Belgique-Nord et Pays-Bas devenaient la Province de Pays-Bas - Flandre. Deux ans plus tard, la partie francophone de la Belgique (devenue Délégation Générale de Belgique-Sud) se joignait à cette fusion, qui devenait la Province de Belgique et Pays-Bas.

La Province compte 137 membres, divisés en trois secteurs: Belgique-Sud avec 46 oblats (dont un en mission outre-mer), Flandre avec 54 oblats et Pays-Bas avec 37 oblats (dont 6 en mission outre-mer). Il y 14 maisons ou résidences: 5 en Belgique-Sud, 6 en Flandre, 3 aux Pays-Bas. 65 Oblats ont une adresse propre, dont plusieurs sont regroupés en communauté de district. Il n'y a personne en formation première.

Le conseil provincial compte six membres, deux de chaque secteur. Dans chaque secteur, un des conseillers est responsable de secteur. Il est pour son secteur le délégué du provincial pour les affaires ordinaires et joue un rôle d'animation et de contact avec les confrères du secteur. Il est entouré d'un comité consultatif, comprenant l'autre conseiller et encore un ou deux membres. Le provincial assiste à chaque réunion de ces comités.

Le provincial de la nouvelle province est le P. Georges VERVUST. Les conseillers pour les Flandres sont Daniel DELABIE et Fons VAN LOENHOUT; pour la Hollande, Gerard VAN DE BEUKEN et Jan JANSEN; pour Belgique-Sud, François DUPONT et Charles COX. La résidence du Provincial se trouve à Korbeek-Lo, Belgique.

Les deux secteurs, autres que celui de l'économe provincial, ont un économe de secteur, qui s'occupe de la gestion ordinaire, en lien avec l'économe provincial. Cela est nécessaire à cause des différences entre la législation aux Pays-Bas et en Belgique et même à l'intérieur de la Belgique entre les différentes régions.

Dans les statuts de la Province de Belgique et Pays- Bas, sa mission spécifique est décrite comme “fournir un soin convenable et approprié à tous les Oblats au moment où l'âge et la santé font diminuer leurs ressources humaines et matérielles, les soutenir dans leurs projets missionnaires dans leur Eglise locale et dans la poursuite de leurs implications dans la mission oblate de par le monde.”

Cette mission se traduit dans les priorités suivantes:

  • Le soutien et la solidarité envers les membres de la Province dans leurs différents engagements missionnaires et pastoraux.
  • Une assistance suffisante, professionnelle et fraternelle en fonction des besoins de leur santé et de leur âge.
  • Une gestion compétente des biens temporels de la Province pour atteindre les priorités mentionnées plus haut et pour partager le surplus avec les Oblats qui travaillent parmi les pauvres et les personnes abandonnés en d'autres Pays.
  • Ouvrir des voies d'une collaboration avec les laïcs.

Georges Vervust, OMI

Administration générale



ROME
Orientation pour les Supérieurs majeurs

La Maison générale a accueilli, du 31 octobre au 12 novembre, une Session d'orientation pour les Supérieurs majeurs de la Congrégation. Quatorze Provinciaux et Supérieurs de délégation ont participé à cette session organisée et animée par les PP. Eugene KING, OMI, Vicaire général, Federico LABAGLAY, OMI, Conseiller général pour l'Asie-Océanie et Rufus WHITLEY, OMI, Trésorier général.

Ces sessions ont lieu régulièrement pour permettre aux Supérieurs majeurs récemment nommés de se familiariser avec le travail de l'Administration générale, pour les aider également à mieux comprendre comment gérer et animer leur Unité dans le contexte plus large de la Congrégation toute entière et enfin pour leur donner la possibilité de se connaître réciproquement ainsi que de connaître d'autres Unités oblates.

Après avoir écouté un rapport sur l'état présent de la Congrégation, chaque participant a fait une présentation de son Unité. Les autres arguments traités furent: la présentation des structures de gouvernement au service de la mission et de la vie religieuse apostolique; une politique du personnel en fonction de la mission et des priorités religieuses et apostoliques; le recrutement et la formation des nouveaux membres; la gestion des ressources et des finances; les relations mutuelles entre provinces et délégations.

Ont pris part à cette session totalement en langue anglaise les Supérieurs majeurs suivants: Andri ATMAKA (Indonésie); Stuart BATE (Natal); Ramon BERNABE (Philippines); André BOYER (Lacombe); Fernando DE LA PAZ (Espagne); Louis LOUGEN (Etats-Unis); Paul MARX (Scandinavie); Patrick McGRATH (Brésil Central); Emile MOTEAPHALA (Lesotho); Joseph PHIRI (Zambie); Gilberto PIÑON (Mexique); Miguel PIPOLO (Brésil); Victor SANTOYO (Pérou); Angelo SIANI (Japon).

Une autre session, principalement en langue française, est prévue du 20 mars au 1 er avril 2006.


Europe

POLOGNE
Bx Père Joseph Cebula, patron du petit séminaire de Markowice

De façon non officielle, depuis 1953 et très officiellement, depuis 1957 le petit séminaire de la Province de Pologne se trouve à Markowice. Or le 17 septembre, à la demande de la communauté de Markowice, le provincial Teodor JOCHEM a proclamé le Bx Père Joseph CEBULA, patron principal de ce séminaire et il en a bénit la statue, placée devant la maison. Il nous semblait qu'on ne pouvait pas trouver un meilleur patron pour notre séminaire qu'un Oblat qui faisait partie des premiers junioristes de ce petit séminaire, fondé par les Oblats polonais, tout au debut de notre Province. Ensuite, alors qu'il commençait à peine la deuxième année de philosophie, il fut nommé éducateur et professeur dans le petit séminaire oblat de Lubliniec où il reviendra plus tard comme supérieur pendant six ans. En 1937, il a été nommé supérieur et maître de novices à Markowice et c'est ici que commença son chemin de croix qui l'a conduit à la mort du martyre à Mauthausen.

La statue représente le Père Cebula en tant qu' éducateur de futurs Oblats ; c'est ce qu'indique le geste de sa main qui montre à un élève la croix oblate. Au pied de la statue on a mis la pierre apportée de la carrière de Mauthausen.

Ainsi Père Joseph pourra continuer son rôle d'éducateur de futures générations oblates.

FRANCE
Charles de Foucauld et les Oblats du Sacré-Cœur de Montmartre

La béatification, le 13 novembre, du P. Charles de Foucauld est l'occasion de faire mémoire des relations qu'il a entretenues avec le Sacré-Cœur de Montmartre à Paris. On sait que les Oblats ont été les premiers chapelains de la basilique, dont le cardinal GUIBERT fut le très actif promoteur. Le p. REY y est arrivé en 1876 accompagné notamment du p. Alfred YENVEUX. La communauté des Oblats fut obligée de quitter Montmartre en 1903 à cause des lois françaises interdisant et dissolvant les congrégations religieuses. Le diocèse de Paris prit alors la responsabilité directe de l'œuvre.

Voici ce qu'écrit le p. Jacques Benoist dans son ouvrage très documenté Le Sacré-Cœur de Montmartre. De 1870 à nos jours.

« Au lendemain de sa conversion, dans l'immense campagne de consécrations de 1889, (campagne lancée par le p . VOIRIN ; cette année-là, le sanctuaire accueillit cinq cent mille consécrations dont celles de cent mille familles), le vicomte de Foucauld s'est lui aussi consacré au Cœur de Jésus le 6 juin dans sa paroisse, Saint-Augustin, les formulaires remplis par chacun des fidèles étant reliés et remis en un volume au Sacré-Cœur le 21 juin.

La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus s'amplifie avec l'approfondissement de sa vocation. Le 16 mai 1900, il écrit à l'abbé Huvelin et l'entretient de sa demande à « l'évêque de Montmartre » (joli titre pour le cardinal-archevêque de Paris qui montre son attachement bien connu pour le sanctuaire national), Mgr Richard, de porter l'habit d'ermite du Sacré-Cœur. Le frère Charles veut bien être seul mais ne veut pas rester isolé : le 8 mai 1902, il fait enregistrer à Montmartre le règlement de la confrérie du Sacré-Cœur (poste de Beni-Abbès – Afrique du Nord) dont l'agrégation à l'Archiconfrérie du Vœu national porte le n°619 sur les registres.

Mais cette confrérie ne lui suffit pas. Il veut faire partie de la section sacerdotale fondée par le p. Yenveux. Dans le Bulletin du 21 août 1902, il y a une lettre d'un « ardent missionnaire de l'Afrique » à la date du 16 avril 1902 : « J'ai reçu les imprimés concernant les Prêtres-Apôtres du Sacré-Cœur… ». Quelques mois plus tard on publie « l'Acte de consécration de la mission du Sahara français au Sacré-Cœur de Jésus, fait en la fête de Saint-Joseph… le 19 mars 1902, à Ghardaïa du Mzab ». Mais les contacts ne s'arrêtent pas là. Le F. Charles de Jésus, missionnaire de Beni-Abbès, Sahara Oranais, le 18 décembre 1902, écrit à nouveau. Sa lettre est publiée par deux fois. Il y clame toute sa tristesse de voir ce grand pays et tous ses habitants dans les ténèbres et encore privés de la lumière qui a resplendi à Noël. Dans ses carnets tenus à Beni-Abbès, le 8 janvier 1903, il écrit encore :

« Reçu, hier, une lettre importante de M. l'abbé Yenveux, des chapelains de Montmartre. Il annonce le congrès des Prêtres-Apôtres le 14 janvier et se propose d'y parler en faveur du Maroc. Il me demande aujourd'hui une dépêche et une lettre… Commencement des relations avec Montmartre au sujet de Marguerite… Je mets, autant que cela est possible, l'évangélisation du Maroc et le Maroc lui-même sous la protection de la bienheureuse Marguerite-Marie, la donnant, dans la mesure où je peux au Maroc, comme patronne… »

Pour ce congrès annoncé, le frère Charles envoie au p. Yenveux un appel de sept pages en faveur de la conversion du Maroc par la prière et la pénitence, par la venue de missionnaires et de religieuses. Par ailleurs il tient à participer à la souscription d'un « ex-voto de gratitude… à Montmartre… pour l'installation du Saint Sacrement à Tamanrasset en date du 8 septembre 1905 ». Enfin, dès qu'il est à Paris, il monte passer une nuit d'adoration à la basilique en entraînant Louis Massignon et l'abbé Huvelin. Il faudrait encore préciser la date d'un ultime pèlerinage au Sacré-Cœur de Montmartre. Cette douzaine de contacts autour de 1900 (et il y en a peut-être d'autres à découvrir) entre le P. de Foucauld et la basilique éclairent et cette personnalité exceptionnelle et ce sanctuaire pas tout à fait comme les autres. » (Michel Courvoisier, OMI)

ROUMANIE
Une joyeuse expérience d'œcuménisme

L'été dernier dans la ville de Roman, les pré-novices oblats de Roumanie ont eu une expérience d'« œcuménisme en action ». Ils ont organisé un camp pour les enfants et les ados d'une paroisse orthodoxe. Tout près de l'hôpital qui appartient à cette paroisse, ils ont animé ce tout jeune public avec les moyens habituels des camps : chants, danses, jeux, visites à la ville et liturgies dans l'église orthodoxe. Un coup de main fut donné aussi par des scolastiques roumains qui étudient en Italie. Même quelques malades de l'hôpital se sont joints au groupe pour chanter et danser.

Qui sait ? C'est peut-être une expérience unique où des catholiques se mettent au service d'une paroisse orthodoxe. Mais les Oblats de Roumanie croient que l'œcuménisme passe par cette manière de vivre, jouer, chanter et prier ensemble.


Asie-Océanie



CORÉE
Un panier de fraises rouges


P. Vincenzo BORDO.
Un panier de fraises rouges, un gros pull rouge très voyant, en route sur une bonne distance... je ne suis pas entrain de vous raconter l'histoire du Chaperon Rouge, mais ma dernière visite à Mira. Ici aussi il y a une forêt dense et un loup féroce qui dévore tant d'adolescents démunis et innocents.

Lors de ma dernière visite à Mira, une belle fille de 32 ans, elle avait manifesté le souhait de manger des fraises ; me voilà donc maintenant, avec mon panier de fraises, sur le chemin de l'hôpital psychiatrique de la province, où 2500 hôtes sont gentiment confinés comme dans une grande prison. Ce lieu qui ressemble à une grande jungle obscure et sinistre, cache en son intérieur un ogre terrible appelé maladie mentale et qui dévore impitoyablement tant de jeunes vies. Mira est encore belle, même sans maquillage, portant l'uniforme - un pyjama délavé - que l'hôpital fait endosser à tout le monde. Quand elle me raconte son histoire, me viennent à l'esprit les visages de dizaines d'amis que j'ai rencontrés dans ces corridors.

Une histoire qui ressemble à tant d'autres : une famille pauvre (je n'ai jamais bien su s'ils étaient pauvres parce que le père buvait ou si le père buvait parce qu'ils étaient pauvres), souvenirs de sa mère battue, de disputes féroces, de marques sur le visage qui restaient des semaines... et un jour, la mère, épuisée par cette non-vie, s'en est allée sans un mot. Le père laissé seul s'est remarié. La belle-mère s'est amenée avec son fils et un tas de prétentions.

Le fils avait droit à toutes les attentions et gâteries, mais pour Mira et son frère, les coups, les punitions et de maigres repas, tant et si bien que le frère plus âgé, dégoûté et furieux, a claqué la porte et personne ne l'a plus revu. Mira était une fillette fragile physiquement et psychologiquement, elle n'a pas tenu le coup et les premiers troubles psychologiques se sont manifestés quand elle avait à peine 14 ans. Elle commençait ainsi son calvaire, d'un hôpital à l'autre. La situation n'a fait qu'empirer au point que les parents, impuissants disaient-ils, l'ont amené à l'hôpital psychiatrique, promettant de lui rendre visite toutes les semaines et de la ramener à la maison, lorsque la cure serait finie.

Dix-huit ans ont passé, elle n'a plus jamais revu le visage des siens. Elle est restée prisonnière dans ce fourré obscur et lentement le terrible monstre de la dépression a consumé son jeune esprit. Aujourd'hui du moins, elle pourra manger des fraises rouges rouges, dans la joie.

Le minibus avale les kilomètres qui me séparent de l'hôpital et les pensées se bousculent dans mon esprit. Que notre société moderne est loin de la pensée de Jésus qui nous a enseigné à aimer les pauvres, les petits, les abandonnés, les pécheurs ! Elle ne s'intéresse qu'aux puissants, aux riches aux beaux, aux forts, aux malins qui réussissent... Jésus, par contre, nous a envoyés, comme bons pasteurs, à la recherche de la brebis perdue, blessée, abandonnée dans les rochers et les chemins tortueux et difficiles de la vie. Nous préférons souvent rester au bercail bien clôturé, bien meublé, avec nos amis fidèles, à l'abri des incertitudes d'un monde dévasté et dangereux.

Peut-être parce que depuis tant d'années déjà je me trouve à parcourir des chemins de traverse, dans les dangers, loin du confort du bercail, je ressens davantage le cri de douleur, les pleurs de désespoir de tant d'hommes et de femmes qui mendient une main qui bande leurs plaies putrides, qui caresse leurs solitudes dévastantes, une parole de réconfort pour leur souffrances aiguës, un verre de lait pour leurs petits faméliques, une poignée de riz contre les crampes de la faim. Alors je me fais mendiant au nom de ces frères et je vais frapper aux portails fastueux des riches. Et quand je m'entends dire que « malheureusement l'économie va mal et qu'il n'y a rien à partager », alors que m'arrivent de l'intérieur les bruits de bombance et les rires gras des repus qui banquettent et s'enfichent, que « le PNB n'augmente pas et qu'il faut réduire les projets sociaux », alors que des milliards d'Euros sont là prêts à financer des guerres cruelles, égoïstes et mesquines... alors j'enrage.

Je ne joue plus à ce jeu hypocrite et mensonger. Je ne veux plus d'une armée hi-tec, nickel et super chère pour défendre le pouvoir des riches. Je veux des assistants sociaux et une maison de soins à taille humaine pour ma pauvre Mira. Je ne veux plus de ces courses de voiles qui coûtent des millions, avec l'excuse de défendre les couleurs nationales et d'amuser les puissants et les entrepreneurs qui s'ennuient. Je veux un bol de riz pour mes amis affamés qui vivent dans la rue. Je ne veux plus d'un appareil politique dispendieux et bureaucratique et pour lequel les fonds sont toujours disponibles et abondants. Je veux une famille pour la petite Sabine, abandonnée par ses parents. (Vincenzo BORDO, OMI)

INDONÉSIE
Dialogue islamo chrétien

Deux étudiants musulmans ont récemment invité le P. Charlie BURROWS, OMI, à tenir un séminaire sur « religion et science », à l'occasion de l'ouverture de la bibliothèque d'une école d'enseignement religieux à Cigaru, Majenang, Indonésie.

Peu de temps auparavant, le P. Charlie avait eu l'occasion de suivre une interview télévisée d'un physicien australien qui, interrogé sur sa foi, avait répondu ne pas croire à ce Dieu prêché le dimanche matin dans les églises, parce que dans ses études et ses recherches il avait découvert un Dieu plus merveilleux, surprenant, infiniment complexe, intéressant, envoûtant et impressionnant. Impossible d'« encapsuler » ce Dieu dans de simples paroles humaines car il défie toute analyse ou définition.

Le dimanche suivant, dans son homélie, le P. Charlie expliqua aux fidèles qu'ils devaient aller à l'extérieur et trouver ce Dieu merveilleux, surprenant, infiniment complexe, intéressant, envoûtant et impressionnant, à travers leur expérience, une expérience bien à eux. Ils avaient besoin d'avoir une expérience personnelle de ce Dieu.

Ce fut la même idée qui l'inspira quand il vint parler au séminaire, organisé par les étudiants musulmans. Rappelant que l'un des plus importants chants quotidiens de l'Islam est “Allahu Akbar” – « Dieu est le tout grand » – le P. Charlie essaya d'expliquer comment l'homme de science australien avait non seulement trouvé « Dieu dans la création » mais, en scrutant la création avec son coeur, il avait « joui » de la création de Dieu et avait vu Dieu se refléter en elle.

Durant la crise économique qui affecta l'Indonésie de 1998-2000, quelques prêcheurs avaient interprété que Dieu était fâché avec les Indonésiens et que par cette crise il était en train de les punir. Dans son discours à cet auditoire musulman, notre missionnaire oblat riposta en se fondant sur l'idée que l'immensité de Dieu se reflète, non seulement dans la création en général, mais aussi dans chacun d'eux, présents dans la salle. Nous devons admettre, en toute humilité, que notre perception de Dieu est immensément déficiente, ainsi chaque fois que nous parlons de Dieu nous devrions demander pardon pour l'inadéquation de notre discours. Il souligna aussi que la religion sans foi est dangereuse et que l'on ne peut trouver la foi que dans l'humilité.

« J'ai essayé de remplir la demi heure que vous m'avez allouée – dit-il – et autour de moi j'ai vu vos sourires et j'ai senti une atmosphère d'ouverture et de respect pour la foi des autres. Personne n'aurait pu rejeter le Dieu, qui est Dieu, le Dieu de cet homme de science. »


Amérique Latine



PARAGUAY
Les premiers catholiques parmi les indigènes Angaité

L'Église continue de grandir avec la présence des Missionnaires Oblats de Mare Immaculée dans le Chaco au Paraguay.

En 1940, eut lieu le premier baptême d'un indigène de la nation Nivaclé ; en 1994 ce fût le baptême d'un Enenlhet, puis en 1996 celui d'un indigène Sanapana. Maintenant, un parcours catéchuménal dans la communauté Angaité de Santo Domingo a porté ses fruits. Le 30 octobre, jour anniversaire de la mort d'un missionnaire du Chaco, le Père José SEELWISCHE, OMI, le Père Miguel FRITZ, OMI, pouvait baptiser un premier groupe d'adultes et d'enfants de la communauté Angaité.

On attendit cet évènement avec espérance, ce qui nécessita beaucoup de patience malgré de nombreux obstacles. Le projet missionnaire de l'Église au Paraguay prévoit une phase « pre-kérygmatique ». La communauté elle-même doit prendre les premières mesures. Pendant de nombreuses années, le contact se bornait à des visites amicales. Ce n'est par hasard que la communauté en revint à sa mémoire culturelle et célébra, après une longue interruption, une fête traditionnelle de façon à entrer dans un dialogue inter-religieux.

Maintenant, l'Église s'est enrichie, parce qu'elle compte en son sein une communauté d'indigènes Angaité.

GUYANE FRANÇAISE
Avec les immigrés brésiliens, chercheurs d'or

Le P. Elie LAGRILLE, Oblat français, longtemps missionnaire au Brésil, fait actuellement partie du groupe oblat de Guyane française. Il est curé de Saint Elie, une commune isolée au coeur de la forêt et peuplée actuellement à 90% de Brésiliens clandestins. Ils y sont attirés par les nombreux gisements d'or qui se trouvent aux alentours, dans la forêt et que l'on tient le plus secrets possible pour ne pas attirer les autres chercheurs d'or et pour tenter d'échapper aux gendarmes.

Les Brésiliens se réfugient en Guyane pour fuir les difficultés économiques de leur pays et attirés par la possibilité de trouver de l'or. Il leur suffit de traverser la rivière de l' Oyapock et ils y sont, à condition de déjouer les contrôles des gendarmes.

Sur place, c'est la loi de la jungle, le « chacun pour soi ». Sur les chantiers de l'or, la tâche est rendue difficile tant par la longueur des journées et la dureté de l'environnement. Mais ils ne se découragent jamais : l'or justifie tous les sacrifices. Ils doivent à tout prix offrir à leur famille, restée au Brésil, une qualité de vie plus acceptable.

Un certain nombre de structures essaient de leur venir en aide. Parmi elles, l'Eglise occupe une place particulière. Le P. Elie Lagrille, OMI, partage avec la communauté brésilienne cette étrange vie. Il tente de rassembler régulièrement les habitants pour les socialiser et les unir. Seule la messe permet de les rassembler. Les Brésiliens sont avant tout un peuple fervent ; la foi les aide à rester dignes. (D'après « Eglise en Guyane », octobre 2005)

URUGUAY
Une Délégation petite mais très vivante

Après la retraite annuelle prêché par le P. Paolo ARCHIATI, Assistant général, la Délégation d'Uruguay s'apprête à vivre une autre année avec enthousiasme et intensité.

Elle vient de s'enrichir de la présence de deux Pères oblats provenant de Pologne, Mario BOSEK et Damián DYBALA, et de deux scolastiques en stage, l'espagnol David MUÑOZ et l'italien Carmine MARRONE.

Par contre, les véhicules de la Délégation sont à peu près tous en bout de course. Une camionnette est définitivement perdue et les autres se ressentent d'un long service et de très nombreux kilomètres. Mais il en faut plus pour décourager le P. Pippo MAMMANA, supérieur de la Délégation. « Avec les camionnettes – dit-il – nous avons aussi perdu un peu de notre commodité et c'est positif. Que faire alors ? Nous le savons très bien : travailler ! Comment ? En quel secteur ? C'est simple : donner une forte impulsion à la pastorale des jeunes et des vocations, créer des communautés, chercher des animateurs, créer aussi des centres de jeunes pour les former à la vie chrétienne et donner un avenir aux paroisses. »

L'équipe missionnaire est un autre point important du programme de la Délégation. Elle envisage d'envoyer une proposition missionnaire à tous les curés du pays.

Enfin – et ce n'est pas rien– signalons les communauté de bases (CEB), qui sont fondamentales pour la formation des laïcs et la croissance de l'Eglise. « J'ai été frappé lors d'une visite à Rome – continue Pippo – par les églises de Sainte Marie in Trastevere, Saint Chrysogone et Sainte Cécile, bâties dans le quartier des artisans pauvres, près du cimetière du Vatican, qui était aussi un cimetière des pauvres. Ces églises ont surgi sur les maisons où les premiers chrétiens se réunissaient. Les CEB aussi sont les maisons sur lesquelles l'Eglise se bâtit aujourd'hui. »

En outre Pippo identifie les défis suivants pour la Délégation : être capables d'utiliser les technologies modernes, comme Internet, ses forums et ses « chats », pour un réseau plus rapide de communication entre les jeunes et les communautés oblates ; se faire « pères » des parents qui se sont séparés, de ceux qui souffrent et qui ont des difficultés à tenir le coup dans ce monde qui va si vite ; vaincre les incertitudes grâce à une foi fondée sur la parole de Dieu ; travailler avec ceux qui oeuvrent pour une solidarité qui n'exclue personne ; trouver des signes capables de « sacramentaliser » notre monde.


Canada—États-Unis



ETATS-UNIS
L'installation du P. Ron Rolheiser, OMI,
comme nouveau président de l'« Oblate School of Theology »

Le 21 octobre dernier, le P. Louis LOUGEN, OMI, Provincial de la Province des Etats-Unis, a présidé la célébration de l'installation du P. Ronald ROLHEISER, OMI, comme nouveau président de l'« Oblate School of Theology » (San Antonio, Texas).

Les musiques et les chants furent assurés par le chœur du Séminaire de l'Assomption de San Antonio avec d'autres étudiants de l'école de théologie. L'homélie fut donné par le P. Pat GUIDON, un des anciens présidents. Le P. Rolheiser succède au P. William MORELL, OMI, actuel Vicaire provincial des Etats-Unis.

Le soleil se couchait sur une de ces chaudes après-midi, caractéristiques de la ville de San Antonio, quand les membres de la faculté, dans leurs robes académiques, accompagnés par les notes de l'orgue et d'un ensemble de cuivres, sont entrés en procession dans la chapelle de l'Immaculée Conception, déjà pleine à craquer. Parmi les hôtes étaient aussi présents le P. Marcel DUMAIS, Conseiller général pour la région Canada-Etats-Unis, et d'autres Oblats provenant de différentes parties du pays.

Le P. Warren BROWN, OMI, qui a été Président exécutif l'an dernier, a présenté le P. Rolheiser, tenant un rouleau contenant la vision missionnaire de l'Institut. Le P. Rolheiser a ensuite lu à haute voix la déclaration de principe. Dans son discours il a cité le fameux théologien hollandais Schillebeecks : « Ce qu'une personne rêve toute seule ne reste qu'un rêve. Ce que l'on rêve ensemble peut devenir réalité ». Il a ainsi invité toute l'assistance à rêver ensemble, à travailler et à prier pour que cette école de théologie soit unique au monde et serve les gens de toutes races, couleurs et croyances. « Cette célébration – a-t-il dit – ne concerne pas ma personne, mais notre rêve commun pour cette institution. »

Originaire de l'Ouest canadien, le nouveau président est un conférencier et un écrivain bien connu. Ses livres sont très populaires dans le monde anglophone et sa rubrique hebdomadaire est publiée par plus de cinquante journaux, dans le monde entier. Prêtre depuis 28 ans, il a passé le plus clair de son temps à enseigner la philosophie au « Newman Theological College » d'Edmonton en Alberta, au Canada. De 1998 à 2004, il a été Conseiller général pour le Canada dans l'Administration générale des Oblats de Marie Immaculée.

CANADA
« Pourquoi pas pour Dieu ? »

Le journal d'Edmonton nous a autorisés à utiliser cet article paru dans leur édition du dimanche 28 août 2005.

Le Père Camillo PROSDOLCIMO agrippa la jeune indigène par le bras et la supplia de ne pas s'ôter la vie. Le prêtre de 77 ans, d'origine Italienne se souvient : « Jai dit – ne fais pas ça, je t'en prie. Tu es ma sœur- ». Elle a répondu par une grossièreté . Puis elle est partie.

Le prêtre Oblat avait récupéré la femme angoissée à l'hôpital d'Alberta après qu'on l'eut poignardée au cou lors d'une rixe sauvage au cœur de la ville basse. Sous l'effet de puissants analgésiques, elle avait bruyamment et violemment exigé que les docteurs la libèrent aussitôt après la chirurgie d'urgence. Devant leur refus, elle leur avait demandé de téléphoner à « son prêtre », et donné son téléphone.

Le Père Camillo avait bien connu cette femme au cours des 20 années passées à travailler parmi son peuple dans la réserve dramatiquement pauvre et isolée d'Assumption, à 1000 km au nord d'Edmonton. Elle est l'une de cette multitude d'indigènes auxquels il a consacré sa vie, les aidant et les traitant comme sa famille.

« Elle quitta Assumption très jeune» se souvient-il de sa voix douce et agréable. « Elle a fait sa vie à Edmonton, dans la rue, plongeant dans toutes sortes d'histoires, d'habitudes et de situations détestables, et je l'ai rencontrée par hasard dans la 97 ème rue et notre contact se rétablit. Je dis, - votre maman, votre papa, vos frères et sœurs vous aiment toujours-».

Ce jour là, quand cessa l'effet des analgésiques, et que déferlèrent sur elle les atroces vagues de la douleur, elle devint inconsolable. Elle jurait et martelait les murs et affirmait vouloir mourir. Alors elle le repoussa, et partit. Le Père Camillo essaya d'alerter la police et les assistants sociaux concernés, mais il désespérait de son sort.

« Je revins dans ma chambre et il n'y avait pas moyen de penser ni prier ni lire une Bible » dit-il. Ce soir là j'allais au lit et je n'étais satisfait ni de Dieu, ni de moi, ni de quoi que ce soit. Le lendemain, je m'assis à mon bureau et la Bible était là et je dis – Je ne lis pas. Pas encore prêt ».

Puis le téléphone sonna. « Une voix forte et claire disait, - Je ne l'ai pas fait -- parce que vous m'aidez ! » Ce fut un grand moment » dit-il avec passion. « Un grand, grand moment , et c'est ce qui justifie ce que je suis. J'avais demandé à travailler pour Dieu et il m'a donné un grand travail et je l'aime, même quand il est rude.

Les choses ont souvent été rudes pour le Père Camillo, issu d'une famille de charrons aimante mais pauvre en Italie du nord et qui désespéra ses parents en décidant d'entrer dans l'ordre des Oblats.

Une heure en compagnie du Père Camillo c'est comme entrevoir des temps anciens moins égoïstes. Une époque où humblement beaucoup de jeunes hommes et femmes abandonnaient virtuellement tous les plaisirs terrestres s'ils entendaient l'appel de Dieu. Très peu consentent aujourd'hui de tels sacrifices.

« Au moment de décider de mon orientation à l'Université, je voulais être mécanicien ou ingénieur, une question s'imposa dans mon esprit : Pourquoi pas pour Dieu » dit-il.

Le Père Camillo n'avait jamais envisagé de devenir prêtre. Il envisageait seulement de consacrer ses talents de forgeron et d'ouvrier manuel à l'ordre pour aider à construire des écoles, des églises et des maisons. On le convainquit ensuite d'entrer dans la prêtrise et fut envoyé au Canada pour travailler avec le peuple des Premières Nations.

Il se voit encore clairement arrivant à Montréal et voyageant en train jusqu'à Edmonton.

« Je savais que j'allais dans une mission mais je n'avais encore jamais vu le visage d'un indien ni entendu un mot de leur langue » dit le Père Camillo.

Au milieu de la nuit, dans la traversée des grandes Prairies, le train s'arrêta et il risqua un coup d'œil par la fenêtre pour voir ce qui se produisait. « Je soulevais le rideau et vis des gens traverser les voies, des jeunes » dit-il. « Mon cœur bondit et je dis : - Voilà mon peuple ! C'était les Indiens du Saskatchewan. Sincèrement, je ressentis quelque chose qui était au delà de moi, plus grand que moi. Je ressentis que j'étais déjà en harmonie avec eux. »

Bien qu'il ne parlât pas un mot d'Anglais ou de Cree, il fut très rapidement embarqué à l'arrière d'un camion et envoyé dans le nord, à Grouard. On était en décembre et pendant ce trajet dans un camion ouvert, il se gelait les pieds en dépit des vêtements chauds qu'on lui avait donnés. « Je commençais à réaliser ce qu'était le Canada dit-il en riant ».

Les Oblats le mirent au travail et les indiens locaux l'acceptèrent chaleureusement, commençant par l'aider à apprendre le Cree. Au printemps, il prononça avec leur aide, son premier sermon entièrement en Cree. « Les indiens m'aidèrent car ayant à leur parler du Bon Berger, je ne me souvenais plus du mot pour brebis. J'appelais l'un des garçons et dessinais sur le papier une chèvre d'allure plutôt drôle » se souvient-il.

Son étape suivante fut le Lac Cadotte où avec les frères et sœurs des premières Nations, ils bâtirent l'église qui est encore en service aujourd'hui.

« J'aimais Cadotte car cela fut comme ma première famille » dit-il. Même 40 ans plus tard, les gens continuent à m'appeler et à venir me voir.

Cependant, son plus grand challenge, a peut-être été ses deux décennies à Assumption. « Ils devinrent ma seconde famille » explique-t-il. « Je partageais leur souffrance. Je partageais leurs tragédies. L'alcoolisme, les bagarres, les suicides. J'étais une partie d'eux-mêmes. J'étais l'un d'eux. Je pleurais avec eux ».

Au plan pratique, il apporta son habileté et travailla dur comme forgeron et constructeur. Aux plans des sentiments et du religieux, il apporta son amour et son pardon inconditionnels – plus l'exemple de sa dévotion à Dieu.

L'image d'un rêve : beaucoup de gens qui marchent ensemble, voilà sa vision de sa mission là-bas. « Nous marchions ensemble et j'avais envie de vociférer sur les plus fainéants. Ils restaient assis dans le caniveau. Ainsi, voilà ma mission. Marcher avec vous et si je le peux, vous encourager à vous lever et à marcher. Nous allons à la maison. Nous allons tous à la maison ».

Il se souvient du jour où des fonctionnaires Canadiens du recensement vinrent à la réserve compter et enregistrer tous les noms et remarquèrent un homme blanc travaillant dans la cour près du bureau du camp. « Qui est cet homme ? demandèrent-ils à la secrétaire du camp. – C'est le Père- répondit-elle. – Quel est son nom ? Interrogèrent-ils. – je ne sais pas- répondit-elle, - père c'est tout -. Alors ils demandèrent depuis combien de temps est-il là ? Elle répondit, - « depuis toujours ».

Pour le Père Camillo, tout est là. « ce sont les petites choses qui emplissent mon cœur » dit-il, en effleurant du doigt la grande croix suspendue à son cou. « Ce fut une touche de gentillesse, de vérité, de joie. Ce fut une récompense ».

Ensuite il fut muté à Edmonton, où il travailla avec les détenusdes Premières Nations au Centre de détention et avec l'Institut d'Edmonton. C'est ainsi qu'il tomba sur la jeune femme d'Assumption qu'il aida à échapper au suicide.

Aujourd'hui, il remplit sans doute son ultime mission à Saddle Lake. Il se rappelle clairement les larmes qu'il a versées le jour où un jeune garçon particulièrement talentueux et prometteur se donna la mort, quand la fille qu'il aimait le quitta pour un autre garçon . Le Père Camillo comprit qu'il y avait un vide dans le cœur du garçon. Quand il se brisa, il n'eut rien à quoi se raccrocher.

« Que mettez-vous dans ce cœur pendant que vous êtes ici ? » demande-t-il « C'est ma sensibilité. La force que je leur donne, pour les renforcer à rester debout, à être quelqu'un, à avoir du respect.

Il dit que les temps ont changé, et qu'il est bien plus difficile aujourd'hui pour les prêtres de cotoyer et aider les jeunes du peuple des Premières Nations. « Je sens que l'esprit est différent » dit-il. « Il faut une approche différente ».

Et qu'a-t-il apporté à tous ces gens des Premières Nations avec lesquelles il a vécu et travaillé ces 44 dernières années ?

« Moi » dit-il sans détour. « Tel que j'étais. Tel que je suis. Je n'ai jamais imaginé être un évangéliste ou un professeur. J'étais là comme forgeron, charpentier, conducteur de camion, infirmier, comme ami. Toute la bienveillance que j'ai dans le cœur. J'ai essayé d'offrir cela.


Afrique-Madagascar



ZAMBIE
Le P. Joseph Phiri, OMI, invité à une réunion des Nations Unies

Au cours du sommet des Nations Unies pour le « Millenium » en l'année 2000, les leaders politiques ont réussi, de façon surprenante, à se mettre d'accord sur un certain nombre d'échéances et d'objectifs vérifiables, pour combattre quelques problèmes majeurs, auxquels la communauté mondiale est confrontée. Ils ont identifié huit enjeux, connus maintenant sous le nom d'« Objectifs du Millénaire pour le Développement » (OMD).

Le P. Joseph PHIRI, OMI, Supérieur de la Délégation de Zambie depuis février 2005, était l'un des 25 invités à une réunion de cette organisation des Nations Unies, qui s'est tenue à Glen Cove, New York, du 14 au 16 novembre 2005. Il était l'un des deux représentants africains, invités pour évaluer la première phase de la campagne OMD (2003-2005).

Le P. Phiri est actuellement aussi le président du Conseil OMD dans son pays.

Né au Malawi, encore enfant il émigra en Zambie. Il a fait partie du deuxième groupe des pré novices zambiens. Après avoir complété ses études à Cedara en Afrique du Sud, il fut ordonné prêtre en 1998. Avant de devenir Supérieur de la Délégation, il a travaillé dans les paroisses de Lukulu e Kalabo. Dans les deux cas il devait beaucoup se déplacer pour visiter les différents postes de mission.

Sa conviction est que l'une des clefs de succès du programme OMD va être la participation des gens eux-mêmes. « Sans le soutien des gens, tout cela risque de n'être que du baratin. Il doit y avoir moyen d'impliquer les gens, au point qu'ils en arrivent à poser des questions à leur Gouvernement : le Gouvernement utilise-t-il les fonds qu'il reçoit pour aider réellement les gens ? Les gens doivent demander au Gouvernement de tenir ses promesses. »

Et il ajoute : « nous avons besoin de faire prendre conscience du déséquilibre existant dans le commerce. Notre rôle, spécialement dans la brousse, est important. Là les gens n'obtiennent pas une juste rémunération pour ce qu'il produisent. Ils sont exploités et nous devons les aider à prendre conscience que l'argent qu'ils touchent est loin de ce qu'ils devraient toucher en justice. »

« Bien sûr, dit-il en terminant, il y a de l'opposition. Quand vous parlez de ces thèmes, vous êtes regardés comme un groupement politique ; quand vous posez des questions sur le rôle des députés élus, on vous soupçonne de vouloir les saper et il vous disent : Vous devriez prêcher l'Evangile, et ne pas faire cela.  »

Les Oblats en Zambie sont en train de mettre sur pied une Commission de Justice, Paix et Intégrité de la Création, dans les paroisses qu'ils desservent, et ils espèrent conscientiser leurs paroissiens sur le programme OMD et les encourager à travailler en vue de ses objectifs qui sont les suivants:

1. Eradiquer la pauvreté extrême et la faim;
2. Permettre à tout le monde d'accéder à l'éducation primaire;
3. Travailler à l'égalité des sexes et à la promotion de la femme;
4. Réduire la mortalité infantile;
5. Améliorer les soins maternels;
6. Combattre le SIDA, la malaria, et d'autres maladies;
7. Assurer un environnement durable;
8. Développer un partenariat pour le développement.

NIGERIA
Des oblats victimes d'une agression

Dans la nuit de 18-19 octobre, les PP. Jacques OMPEY, Expétit KOYE et Paulin BEWA, récemment ordonné, ont été victimes d'une agression de bandits, hautement armés, dans la communauté oblate de Jos. Ils ont emportés tout ce qu'ils ont pu : argent, ordinateur, téléphones, montres, torches... Dieu merci, il n'y a pas eu de perte humaine, car le pire pouvait arriver. « Malgré tout – nous disent-ils – nous nous ne perdons pas courage pour la mission du Nigeria. »


Anniversaires—janvier 2006


60 ans de profession religieuse

1946.01.06

08113

P. John Ngubane

Natal

1946.01.25

08102

P. Jozef Pielorz

Pologne

50 ans de profession religieuse

1956.01.06

10068

Mons.Bernard Mohlalisi

Lesotho

1956.01.06

10069

P. Alexander Motanyane

Lesotho

1956.01.06

10071

P. Simon Rampeo

Lesotho

1956.01.25

10070

P. Albert Cimon

Notre-Dame-du-Cap

50 ans de sacerdoce

1956.01.08

08779

P. Lino Maddalena

Italie

25 ans de profession religieuse

1981.01.06

12769

P. Peter Letsatsi

Lesotho

1981.01.06

12700

P. Thomas Molomo Letsepe

Lesotho

1981.01.06

12699

P. Odilon Chevrier Lijo

Lesotho

1981.01.06

12701

P. Joseph-Gerard Motsei Moeketsi

Lesotho

1981.01.26

12578

P. Jakobus Bostander

Namibia

1981.01.26

12586

P. Mark Hay

Natal

1981.01.26

12907

P. Emmanuel Maphoma Mosoeu

Central S. A.

1981.01.26

12585

P. Jabulani Allison Mtolo

Natal

1981.01.26

12771

P. Christopher Richmond

Natal



Livres



BATE Stuart (Natal): Understanding Human Society. An introduction for the general reader to the disciplines of Sociology, Economics, Political Science and Cultural Anthropology that aims to help people understand the social forces that affect their lives. Paulines Publications Africa, Nairobi, 2003, 127 pp.

BOUDENS Robrecht (1920-2003) : Invitation à la bonté (An Invitation to Goodness). French translation of the original Dutch Over liefhebben en goed-zijn published in 1973. Editions JECTA, Brussels, 86 pp.

BOUDENS Robrecht (1920-2003): La richesse de la pauvreté (The Richness of Poverty). French translation of the original Dutch De weelde van het arm-zijn published in 1973. Editions JECTA, Brussels, 92 pp.

CIARDI Fabio (Italy): Un futuro di speranza per la vita consacrata (A Future of Hope for Consecrated Life). A new reading the Apostolic Exhortation Vita Consacrata. Ancora, Milan, 2005, 139 pp.

CONTI GULIA Carmelo (Italy): Colei che indica la Via (The One Who Shows the Way). Meditations on Mary as the guide for our life's journey. Città Nuova, Rome, 2005, 101 pp.

Lacasse Jean-Paul: Les Innus et le territoire (The Inuit and Territory). This book looks at the world of Inuit society, its values and juridical order at the time of the arrival of the Europeans and its subsequent transformation. In the light of Canadian law concerning Inuit lands, the author suggests some ways to solving the related problems. Septentrion, Sillery (Quebec), 2004, 276 pp.

MADEJ Andrzej (Turkmenistan): Predchuvsvie rassveta (Intuition at dawn). Collection of poetry in Russian. Amxadag, 2005, 144 pp.

NUÑO LÓPEZ Ángel (Spain): Aportación de los Misioneros Oblatos Españoles al Nacimiento y Desarrollo de la Misionología (Contribution of the Spanish Missionary Oblates to the Birth and Development of Missiology). Dissertation for the licentiate in missiology submitted to the Pontifical Gregorian University, Rome, 2005, 140 pp.

O'DONOVAN Richard (Anglo-Irish): Irish Oblate Missionaries in Brazil. A history of the Anglo-Irish missionaries work in Brazil covering the period 1962-2002. It includes a selection of letters and reports from the men in the field that portray the joys and sorrows missionary life in that country. Private printing. 332 pp.

PEELMAN Achiel (N.D.-du-Cap): L'Esprit est Amérindien (The Spirit is Amerindian). The author looks at Amerindian spirituality and the place of Christian churches at a time described as a cultural renaissance of the First Nations in Canada. Médiaspaul, Quebec, 2004, 157 pp.

Perniola V., S.J. The Catholic Church in Sri Lanka. The British Period. Volume IX 1893-1923. The Diocese of Galle. The Ceylon Historical Journal Monograph Series – Volume Twenty-Seven. Tisara Press, Dehiwala, Sri Lanka, 2004, 672 pp.

PIELORZ Józef (France-Benelux): Józef Cebula OMI. Polish translation of the biography published earlier in French in the collection Oblate Writings II, 6. Misjonarze Oblaci Maryi Niepokalanej, Poznan, 2005, 238 pp.

PIRSON Joseph (N.D.-du-Cap): Aiamieu-Nikamun Mashinaikan. Translation into the Inuit language of the Bible's 150 Psalms. Private printing. 2004, 258 pp.

Polzelli Rolando: Religiosi e laici per la missione (Religious and laity for mission). A collection of texts from the writings and discourses of Archbishop Marcello ZAGO on the role of laity in mission and their relation to religious. Private printing, Rome, 2005, 160 pp.

POWER David N. (United States): Love Without Calculation. A Reflection on Divine Kenosis. A collection of theological reflections in which the author looks to kenosis as the key to understanding the gift of God given to the world through the missions of Word and Spirit, the life of the Church and its mission, and the presence of the Divine Trinity in history. The Crossroad Publishing Company, New York, 2005, 216 pp.

RAKOTONDRAVELO Philibert Alphonse (Madagascar): L'Eglise et la démocratie (The Church and Democracy). A study of the contribution of Pope John Paul II to the moral analysis of democracy and the implications for the case of Madagascar. Dissertation submitted to the Academia Alfonsiana for the doctorate in Moral Theology. Pontifical Lateran University, Rome, 2005, 313 pp.

SKUP Robert (Poland): La Supervisione nella direzione spirituale (Supervision in Spiritual Direction). Dissertation for the licentiate in spiritual theology submitted to the Pontifical Teresianum Institute of Spirituality. Rome, 2005, 135 pp.


Suffrages pour nos défunts

(No. 80-83)

Nom

Province

Naissance

Mort à

Date

P. Benoît Paris

Manitoba

17/12/1913

Saint-Boniface

15/10/2005

P. Romuald Bernier

Notre-Dame-du-Cap

19/02/1919

Richelieu

24/10/2005

P. Vital Bernier

Lesotho

13/03/1928

Maseru

28/10/2005

F. Jean-Maurice Cantin

Notre-Dame-du-Cap

24/04/1924

Richelieu

08/11/2005



“Nous garderons vivant le souvenir de nos défunts et nous ne manquerons pas de prier pour eux, offrant fidèlement les suffrages prescrits à leur intention.” (Const. 43)

OMI INFORMATION est une publication non officielle
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Comité de rédaction: James Allen (directeur), Raúl Castro, Antonino Bucca
Imprimeur: Rajapakse Francis Rabindra
Expédition: Théophile Le Page


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