No. 477 juin 2008
Session conjointe avec la Région Asie-Océanie
Le Gouvernement central et la Conférence régionale d’Asie-Océanie (AORC) ont conclu leur Session conjointe, le 18 avril, par une Eucharistie, présidée par
le P. Wilhelm STECKLING, Supérieur général.
Les six jours de rencontre, tenue au Centre missionnaire oblat à Quezon City (Philippines), ont abouti à quelques décisions majeures, affectant la mission
des Oblats en Asie-Océanie. Reconnaissant que l’internationalité est un point critique auquel la Congrégation se doit de répondre, l’AORC a été d’accord
de travailler pour établir aux Philippines, une maison internationale de formation, au niveau de la Théologie. Un tel théologat rassemblera des scolastiques
de diverses Unités de la Région et peut-être d’ailleurs dans le monde et leur offrira une expérience de vie communautaire alors qu’ils poursuivront des études
académiques. Le Comité de la Formation de l’AORC s’est vu chargé d’en commencer la préparation et présentera son rapport préliminaire, à la fin de l’année.
Toujours en lien avec la question de l’internationalité, l’AORC a également décidé d’explorer la possibilité d’établir une communauté pilote internationale,
destinée à la pastorale des jeunes. Cette communauté devrait comprendre au moins trois Oblats de la Région (et peut-être plus tard, des jeunes associés),
pour témoigner et servir auprès des jeunes, selon l’esprit de St Eugène, Fondateur des Oblats. L’occasion d’une telle tentative est donnée par les trois
importants événements qui tous se passeront en juillet prochain en Australie : l’Expérience Internationale de la Jeunesse oblate, à Melbourne, les
Journées Mondiales de la Jeunesse à Sydney, et le Congrès International sur la Mission-Jeunes, également à Sydney. Les animateurs de jeunesse – Oblats
et laïcs – se retrouveront pendant ces jours pour échanger leurs expériences sur la pastorale de la jeunesse et pour améliorer la collaboration et les
propositions pastorales, dans les diverses Unités oblates à travers le monde.
Pendant la Session conjointe, le P. Steckling a également présenté une vue d’ensemble de la Région oblate d’Asie-Océanie qui engage les Oblats à cultiver
une immense espérance en Jésus, alors qu’ils s’efforcent de proclamer la Bonne Nouvelle dans les divers contextes, souvent difficiles qui constituent l’Asie-Océanie.
Il a souligné les domaines de l’Inculturation, de Justice et Paix, du Dialogue interreligieux et de la Mission à la sécularité comme étant les caractéristiques
principales selon lesquelles les Oblats sont envoyés servir les pauvres dans la Région. Il leur a enjoint de créer de meilleures communautés apostoliques
et d’être ouverts au travail avec les partenaires oblats dans la mission, spécialement les jeunes. Il leur a également rappelé le devoir vital de former
les Oblats actuels et futurs au charisme du Fondateur et aux meilleures valeurs de la Congrégation. Son dernier défi enfin était pour un meilleur exercice
de l’autorité en chaque Unité oblate et dans l’ensemble de la Région.
Pour les Philippines, il est significatif de mentionner que l’établissement de liens plus profonds avec la Thaïlande, le Japon et la Corée se poursuit
comme processus qui s’inscrit dans les efforts de restructuration, nécessaire pour redonner une vitalité nouvelle à la mission dans ces Unités. Le Supérieur
général presse les responsables de ces Unités de maintenir le processus en marche pendant les deux prochaines années.
Vingt-six Oblats ont participé à la Session conjointe. Onze membres du Gouvernement central et quatorze Supérieurs majeurs ou représentants des Unités oblates
d’Asie-Océanie : Harry Dyer (Australie), Andri Atmaka (Indonésie), Mariathas Selvaratnam (Jaffna), Paul Nadchethiram (Jaffna), Clement Waidyasekara
(Colombo/Sri Lanka), Jude Peirispulle (Japon), Claudio Bertuccio (Thaïlande), Francis Nallappan (Inde), A. Don Joseph Alex (Pakistan), Emil Moraes (Bangladesh)
, Vincenzo Bordo (Corée), Andrzej Madej (Turkménistan), Jacques Nguyen van Thom (Vietnam), et Ramon Bernabe (Philippines), qui est également l’actuel Président
de la Région. Peter STOLL, le secrétaire exécutif de l’AORC, était lui aussi présent. Pour cause de maladie, David ULLRICH (Chine) n’a pas réussi à s’y
rendre.
P. Christopher O’LEARY, Directeur du Centre missionnaire oblat, a conduit la session avec la compétence qu’on lui connaît et les PP. Dennis GUI, Filadelfo
ESTRELLA, Francis ZABALA, Modesto PAGCO et quelques scolastiques en ont assuré les multiples services. (Ramon Bernabe)
Administration Générale
COMITÉ POST-CAPITULAIRE SUR LE GOUVERNEMENT
Un taux de réponses satisfaisant à une première consultation
Comme première étape, le Comité post-capitulaire sur le gouvernement a consulté, en janvier 2008, environ 300 Oblats pour recueillir leur point de vue sur
des propositions de changement de la section « Gouvernement » dans la troisième partie des
Constitutions et Règles. Il s’agissait de répondre à un
bref questionnaire portant sur des idées spécifiques que le comité étudiait. Il était adressé à des Oblats ayant eu des expériences à divers échelons du
gouvernement : membres du Conseil général (de 1992 à aujourd’hui), les Provinciaux actuels et leurs deux prédécesseurs immédiats, les actuels Supérieurs
de Délégations ; les membres de l’Administration générale de 1992 à aujourd’hui : c’est-à-dire les Officiers généraux et les chefs des Services
généraux ; les capitulants de 1998 et de 2004. Il était en outre demandé aux Provinciaux d’inviter leurs conseils et trésoriers à participer également à la
consultation.
Le comité a été satisfait de voir que plus de la moitié des Oblats concernés ont répondu au questionnaire. Comme souvent en de telles enquêtes, certaines
propositions ont été fortement appuyées et d’autres moins.
Dans sa rencontre des 14-17 avril, à la Maison générale, le comité a étudié en détail les réponses et les commentaires éventuels. Il a ainsi introduit quelques
modifications dans ses propositions. Il prépare maintenant la prochaine étape, et rédige un deuxième questionnaire pour consulter la Congrégation dans son
ensemble. Il voudrait que cette deuxième consultation, à large échelle, soit prête pour la fin octobre 2008. Elle sera envoyée à tous les Oblats par leurs
Provinciaux ou Supérieurs de Délégations respectifs. On pourra répondre par courrier, fax ou électroniquement (par courriel ou par une entrée spéciale sur
le site web de la Congrégation).
Le Chapitre général de 2004 a donné mandat au Supérieur général et à son Conseil d’établir ce comité chargé de réviser les structures et le fonctionnement
du gouvernement oblat, tout d’abord quant au Chapitre général, et puis quant au Gouvernement central, celui des Régions et des Unités. Nommés en 2005,
les membres de ce comité sont Ryszard SZMYDKI (président), Jean-Marie BULUMUNA, Filadelfo ESTRELLA, Seamus FINN et Victor SANTOYO. James ALLEN en est
le secrétaire.
Europe
FRANCE
Accueil des familles à la prison
De nombreux Oblats sont ou ont été aumôniers ou visiteurs de prison. Voici un point de vue complémentaire : l’accueil des familles qui viennent en visite.
En 1990, quelques mois après l’ouverture de la nouvelle maison d’arrêt de Strasbourg, a été fondée une association pour l’accueil des familles. En 2006,
la Caritas-SOS diocésaine a pris la suite de cette association. Depuis octobre 2007, P. Jean Philippe y est présent à raison de deux fois par semaine.
La maison d’arrêt enferme environ 700 « prévenus » et/ou « détenus condamnés » pour une capacité officielle de 400. Les prévenus ont droit à 3 parloirs par
semaine et les autres à 2.
Tout à côté du bureau d’entrée de l’administration, une grande salle avec tables, chaises, toilettes, 3 distributeurs de boissons et de friandises (à prix
modique), 2 bornes électroniques de prise de rendez-vous (très important) et 70 casiers de consigne (gratuite). Une grande mezzanine avec des bénévoles spécialisés
pour l’accueil des mamans et enfants.
A leur arrivée, une demi-heure avant celle du parloir, les visiteurs déposent au bureau leur carte d’identité et viennent à la salle d’accueil. Aux bornes électroniques,
prise des futurs rendez-vous pour les 15 jours à venir, feuille de liste du linge qu’ils apportent au détenu, dépôt dans les casiers de tout ce qui ne peut
pas entrer dans la prison : ceinture, sac à main, portefeuille, clefs, nourriture, même pas « les oranges du prisonnier ».
C’est à ce niveau que nous sommes utiles et même nécessaires pour ceux qui viennent pour la première fois et ignorent tout et ceux (assez nombreux) qui ne
savent pas assez lire et écrire ou manipuler les bornes ni utiliser les casiers de consigne. Il y a aussi le coin pour les poussettes de bébés.
Il y a 4 visites le matin et 5 l’après-midi, du mardi au samedi et ce pour 18 détenus à la fois. Au total, 162 par jour... 810 par semaine.
La visite dure exactement 1 heure. L’appel d’entrée par le sas de contrôle se fait 20 minutes avant. Pour le retour, il faut un quart d’heure. Pour chaque
visite, le visiteur passe environ 2 heures sur place : certains (disons le plus souvent certaines) et même beaucoup viennent 2 ou 3 fois par semaine. C’est
admirable !
Les détenus ne sont pas les seuls à souffrir de l’incarcération. Nous avons parfois des coïncidences dramatiques. Nous sommes tenus au secret. Chaque bénévole
possède la liste mais on ne divulgue aucun renseignement. Voici quelques exemples anonymes mais réels :
* Un homme âgé vient de plus de 100 km. Il a une prothèse métallique : impossible de passer le sas. Il doit revenir avec un certificat médical. Il n’en
avait pas été informé.
* Deux poussettes de même modèle : une neuve et une très usagée. A la sortie, la propriétaire de l’usagée se hâte et emporte la neuve. La propriétaire de
la neuve arrive trop tard. Le lendemain, grâce aux caméras de surveillance, la coupable est reconnue. On lui retire tout permis de visite. Ces deux mamans
habitent le même quartier et se connaissent. De quoi améliorer les relations de voisinage !
* Une grand’mère à mobilité réduite. Elle vient par le tram. Depuis l’arrêt (à 400m) elle se hâte mais arrive deux minutes après l’appel. Elle s’effondre épuisée
sur une chaise. De plus, elle entre à l’hôpital le lendemain pour y subir une lourde opération à la jambe. Quand pourra-t-elle revenir ?
* Rendez-vous mal enregistré à la borne. C’est assez compliqué. En tous cas, visite impossible aujourd’hui.
* Plusieurs fois par jour, quelques casiers ne s’ouvrent pas : oubli du numéro de code ou erreur de casier ou mauvaise manipulation. Il faut appeler le surveillant
qui accompagne la sortie du parloir et qui possède une clef passe partout. Il demande : « quel est le contenu de casier ? » II l’ouvre ensuite. Cette demande
préalable est utile, il y a eu des vols... Il faut l’appeler sans tarder, car il repart pour l’entrée au parloir suivant. Sinon, on attend la fin du parloir
suivant.
A ce propos, un cas tragi-comique : un casier est bloqué. La jeune femme pique une terrible crise de nerfs : hurlements, tambourinage violent sur les casiers
d’alentour, attroupement... Un bénévole vient la calmer et parvient à lui parler : « essayez donc le casier voisin. Qui sait ? » Miracle ! celui-ci était
le bon... Soulagement général. (
OMI France, avril 2008)
IRLANDE
Le lieu d’origine de ses ancêtres se souvient de l’Archevêque D. Hurley
Feu Mgr l’Archevêque Denis HURLEY avait l’habitude de visiter la ville de Skibbereen, dans la partie ouest du Comté de Cork en Irlande. Dans le cimetière
voisin de Abbeystrowry, on peut voir une impressionnante plaque à la mémoire de notre ancien archevêque, libellée ainsi :
À la mémoire de l’Archevêque
Denis E. Hurley O.M.I.
(1916-2004)
Durban, Sud Afrique
de parents nés à Skibbereen
Homme d’Eglise courageux qui a défendu la justice et la liberté en Afrique du Sud.
“Où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté.”
Frère Brendan, un Frère mariste de Durban, a visité récemment cette ville et a passé quelques heures
très plaisantes en compagnie de Dennis and Pauline
O’Sullivan,
cousins de l’Archevêque. Mgr Hurley a logé chez eux à plusieurs reprises lors de ses visites en Irlande et était bien connu en cet endroit dont ses parents
sont originaires. Ce cimetière est le lieu de sépulture de beaucoup de victimes de la famine des années 1845-50, en Irlande. C’est bon de savoir que
la mémoire
de ce grand Oblat est conservée dans le lieu de ses ancêtres. (OMI Natal Update, avril-mai 2008)
ROUMANIE
Deux retraites paroissiales
Pendant le mois de mars, la communauté oblate a prêché deux retraites dans la ville de Braşov. Les 17-19 mars, les trois premiers jours de la Semaine
Sainte, ils ont prêché dans la paroisse catholique romaine de Sainte Croix. Ils ont accueilli les gens au sacrement de Réconciliation et donné l’homélie à la
messe du soir. Les textes bibliques des liturgies de ces jours insistaient sur équences du péché chez les disciples du passé et du présent, et montraient
énéficiaires ’amour pascal du Christ.
Environ un mois plus tard, les Oblats sont revenus à Braşov mais cette fois, invités par la paroisse St Pierre de l’Eglise gréco-catholique, où ils
ont de nouveau prêché trois jours de retraite. Cette communauté, comme toutes les Eglises orientales, suit le calendrier julien selon lequel Pâques tombait
cette année le 27 avril. Les Oblats ont donc laissé le temps pascal pour revenir en Carême, partager avec ces frères une petite étape de leur temps de pénitence.
Chaque jour les Oblats ont présenté deux méditations inspirées par quelques textes pris des Lettres de St Paul et ont également édu temps pour donner le
Sacrement de Réconciliation.
Cette année, la communauté gréco-catholique a quitté le sous-sol où elle célébrait jusqu’à présent, pour fêter Pâques à l’étage où s’élève maintenant sa
nouvelle église. La paroisse, aidée par de très nombreux bienfaiteurs, remplace ainsi le lieu de culte que l’Etat lui a confisqué durant le communisme. L’Eglise
orthodoxe a fait en sorte de le conserver, de l’utiliser et d’en défendre la propriété y compris contre les propriétaires légitimes, alors que l’actuel régime
démocratique se montre très lent dans les démarches visant à rendre ces droits si rapidement violés sous la pression de l’idéologie macabre qui régnait
alors. (
OMIRomania, 18 avril 2008)
Amérique Latine
BOLIVIE
Des Oblats font œuvre écologique dans les hautes Andes
En février dernier, j’ai participé à un séminaire international d’une semaine à Cochabamba, à l’intention des Oblats et des laïcs, au service des Peuples
indigènes. A trois heures de bus à peine, dans les hautes Andes se trouve la région minière d’Oruro, où les Oblats ont travaillé pendant 50 ans. Malgré les
milliards de dollars qui sont sortis des mines d’étain et d’argent, au cours des siècles, les gens d’Oruro sont restés parmi les plus pauvres des pauvres.
Le Frère oblat Gilberto PAUWELS qui m’a reçu à Oruro, travaille ici depuis des années. En 1995 il a organisé une équipe autour du thème des mines,
de l’environnement et de l’éducation. Il a fondé le CEPA (Centro de Ecologia y Pueblos Andinos - Centre d’Ecologie et des Peuples Andins). L’équipe qui
vit au centre observe les effets de la mine sur les communautés et publie un bulletin bimensuel ; elle est très engagée en éducation, surtout au
niveau du Collège et de l’Université. Une de ses contributions majeures consiste à aider les enseignants à incorporer dans leurs programmes un enseignement
qui rende les jeunes conscients des pratiques compatibles avec l’environnement. Le CEPA se charge également de surveiller l’environnement en recueillant
les données pour s’assurer que les mines respectent les lois du pays et se comportent en bons citoyens. Ces données sont utilisées ensuite pour former
les gens, en particulier le public étudiant, concernant les dangers causés aux animaux, aux plantes, et à la santé humaine, par la contamination de l’air
et de l’eau, due aux produits nocifs utilisés par les mines.
Dernièrement, le CEPA a acheté une propriété de quelques 65 hectares, proche de la ville pour y établir un nouveau centre de formation en écologie et action
interculturelle et interreligieuse ; « Tambo CEPA Chuzekery » c’est ainsi qu’il s’appelle. Il longe une mine appartenant à Inti Raymi
Mining Compagny qui fait partie de la Newmont Mining Corp. américaine. Le centre CEPA et son terrain sont appelés à devenir un domaine protégé afin de démontrer à la
population environnante que d’autres options existent s’ils choisissaient de ne pas ouvrir de nouvelles mines ou lorsque les mines existantes seront fermées.
Le site CEPA comprend actuellement quelques constructions rustiques qui servent aux activités éducatives: trois serres pour les légumes, une culture de cactus
et un projet de reboisement. Les étudiants peuvent participer à des ateliers d’une journée ou d’un weekend pour faire l’expérience « in situ » des
pratiques sainement écologiques. L’endroit est aride, mais il y a de l’eau dans le sous-sol. En utilisant des technologies traditionnelles et modernes :
- moulins à vent et énergie solaire – l’eau est pompée en surface et peut irriguer les arbres récemment plantés. Les fruits et les légumes sont utilisés
pour les repas des participants. Il faut espérer que ces expériences encouragent les jeunes gens à travailler ensemble pour le changement, faisant naître
ainsi un espoir pour l’avenir. (Daniel LeBlanc, in
JPIC Report, avril 2008)
BRÉSIL
L’enthousiasme missionnaire des jeunes
Roberto VALICOURT travaille désormais dans la formation. Après 38 ans d’Amazonie, il a fait « le grand saut » : il se retrouve dans la
banlieue de São Paulo, à 3 000 km de là ! Il nous raconte ici un peu de ce que vivent les jeunes dont il a la charge.
La vie en communauté est un véritable défi pour ces jeunes qui vivent à une époque où l’individualisme et l’hédonisme règnent en maîtres. La vie religieuse
est une vie à contre-courant.
Alors que d’autres jeunes profitent des fins de semaine pour sortir avec leur copine, pour passer la nuit à danser ou pour faire du sport, nos futurs religieux
se mettent au service des pauvres et de la mission. Il faut y croire !
Je dois avouer que j’ai été agréablement surpris par l’enthousiasme missionnaire de ces garçons. Si on doit les secouer pour balayer la maison ou faire la
vaisselle, on n’a pas besoin de les stimuler à sortir pour le travail pastoral.
Nous essayons de faire un travail missionnaire basé essentiellement sur les visites à domicile. Notre paroisse compte environ 65 000 habitants. Nous y avons
onze communautés catholiques, malheureusement un peu trop refermées sur elles-mêmes. On est loin des
‘communautés de base’ de Belém, qui étaient beaucoup
plus ouvertes sur le monde. Nous essayons de les aider à retrouver l’esprit missionnaire. […]
Nous sommes affrontés à de sérieux problèmes :
* L’alcoolisme. Beaucoup de familles sont brisées á cause de ce vice qui est de plus en plus fréquent. Que faire ?
* La drogue. Les trafiquants font la loi. Ils ont tout un réseau de vente, se servant même des enfants de 10 à 12 ans, et le client qui ne paye pas
est condamné à mort.
Il n’y a pas de pardon. Les jeunes volent pour payer, même les biens de la famille, une télévision, une bicyclette... jusqu’à la cocotte minute !
Que faire ?
* La dépression nerveuse. Impressionnant le nombre d’hommes et de femmes qui souffrent de ce mal. Et chez les jeunes cette plaie entraîne au suicide.
Que d’heures
on passe à écouter, à essayer de remonter le moral.
* Sans parler de tout le reste : les graves problèmes d’éducation, de manque d’habitation, de chômage, de manque de soins de santé...
Et nous n’avons plus nos petites
‘communautés de base’ pour se pencher sur ces problèmes. Beaucoup de nos bons catholiques se réfugient dans la prière
et oublient leurs frères souffrants ou absents.
Voilà que nous essayons de changer avec l’aide de nos jeunes futurs oblats, qui sont très conscients de cette urgence : unir prière et travail. C’est
une spiritualité monastique bien ancienne qu’il nous faut retravailler dans un contexte tout moderne et missionnaire. Nous restons, bien entendu, unis dans
la prière. (
Audacieux pour l’Évangile, avril 2008)
BOLIVIE
Atelier sur les Peuples indigènes - Énoncé de mission
PRÉAMBULE
Nous, les Oblats de Marie Immaculée, de concert avec les Agents pastoraux qui servent les Peuples indigènes des différentes régions du monde, réunis sous
la conduite de l’Esprit Saint autour de quelques membres du Gouvernement central de notre Congrégation à Cochabamba, Bolivie, du 18 au 22 février 2008, présentons
la déclaration suivante :
DES MISSIONNAIRES OBLATS
Nous, Oblats, avons eu des succès et des échecs dans notre ministère auprès des Peuples indigènes. Notre rôle spécifique dans l’Église, comme Congrégation
missionnaire, est de servir les pauvres et les marginalisés du monde.
Nous sommes reconnaissants pour la présence dans nos rangs d’Oblats d’origine indigène, car ils apportent une contribution missionnaire et pastorale basée
sur leur identité particulière.
Nous encourageons et supportons nos frères et sœurs qui exercent un ministère auprès des Peuples indigènes, et nous reprenons l’engagement de continuer notre
ministère auprès d’eux.
Nous nous sentons appelés à aider et à participer dans le processus de guérison et de réconciliation dans quelque endroit où le besoin se fait sentir.
Dans notre Évangélisation, nous devons être toujours ouverts, de cœur et d’âme, aux valeurs culturelles et à l’intégrité spirituelle des Peuples indigènes.
Nous encourageons activement l’éveil de vocations parmi les Peuples indigènes ; et nous y serons culturellement sensibles en les accompagnant
dans leur formation.
Nous continuons à utiliser les mass médias dans notre ministère auprès des Peuples indigènes, en vue de les encourager et les aider à exprimer leur culture
et défendre leurs droits.
Nous intensifierons et nous nous efforcerons de mettre en réseau les Oblats et d’autres personnes travaillant avec les Peuples indigènes, tout en maintenant
notre identité missionnaire et religieuse.
Nous supportons et encourageons un engagement actif dans les endroits où se prennent les décisions, tels que : les Nations Unies et autres institutions.
DE L’INTÉGRITÉ DE LA CRÉATION
Comme Oblats, nous collaborons avec les Peuples indigènes en tendant vers une gestion des ressources de l’environnement dans le cadre des traditions et des
enseignements vécus des peuples et de l’évangile.
Nous nous engageons à travailler pour la justice sociale, économique et environnementale.
Nous reconnaissons la connexion spirituelle des Peuples indigènes avec les terres et les domaines de leurs ancêtres.
Nous défendrons les droits des Peules indigènes à exprimer leur opinion et à participer dans la prise de décisions concernant l’usage et la protection des
terres et des ressources naturelles (minéraux, eau, forêts, poisson et faune).
Nous encourageons la mise en application de la Déclaration des Droits des Peuples indigènes des nations Unies.
DE L’INCULTURATION
Nous serons proches et en solidarité avec les Peuples indigènes dans la lutte pour leurs droits et intérêts.
Nous reconnaissons les droits des Peuples indigènes à vivre selon leur culture, leurs connaissances traditionnelles et leurs pratiques spirituelles et
religieuses.
Nous, Oblats, agissons comme facilitateurs dans la création d’occasions de dialogue entre les Peuples indigènes et les décideurs de l’Église catholique et
d’autres Églises, et le dialogue interreligieux avec les convictions et les pratiques religieuses traditionnelles.
Nous aiderons à établir des initiatives de recherche locales entreprises par les communautés indigènes en accord avec leur culture, leur ethnicité, l’histoire
et l’évangélisation.
Nous facilitons le processus d’inculturation et créons des ministères qui répondent aux besoins des communautés.
Nous facilitons le développement d’une Église indigène ayant sa propre théologie indigène, son ministère, les signes et symboles de sa liturgie.
ESPÉRANCE POUR L’AVENIR
Nous sommes préoccupés par le fait que la migration aboutit souvent, pour les Peuples indigènes, à la perte de leur identité et de leurs liens communautaires.
Nous supportons les Peuples indigènes dans leurs efforts pour recouvrer et revitaliser leur ethno-estime (recouvrement d’identité, de langues et de lieux
sacrés, en même temps que renouveau culturel et spirituel).
Nous facilitons le dialogue interculturel et recherchons une coexistence équitable, fondée socialement, économiquement, politiquement et spirituellement
sur un pied d’égalité.
Nous encourageons les Peuples indigènes à avoir un droit de parole aux différents niveaux de gouvernement.
Nous reconnaissons le droit des Peuples indigènes à accéder à tous les niveaux d’éducation.
Nous voulons reconnaître les réussites significatives des Peuples indigènes de Bolivie.
PARAGUAY
La Bible des Enfants en Nivaclé
Ce fut notre rêve pendant des années d’avoir une édition de la fameuse « Bible des Enfants » qui existe déjà en 130 langues, et de l’avoir aussi
en nivaclé, pour les enfants auprès desquels les Oblats travaillent depuis 1925.
“Kirche in Not” (Eglise en détresse), une organisation catholique allemande, a fait sien ce projet, sous la direction du P. Miguel FRITZ, qui travaille avec
cette population depuis 1988.
P. Miguel a trouvé un enseignant nivaclé, capable de faire ce travail. En 2006, celui-ci termina la traduction des 99 chapitres prévus pour cette édition.
Ensuite Miguel a dû réviser le tout et le corriger ; un travail qui se révéla difficile quand il fut nommé Provincial et dût quitter le Chaco.
Durant l’un de ses voyages, P. Miguel a pu revoir ses corrections avec le traducteur. L’ouvrage est maintenant publié ; 10.000 exemplaires sont arrivés à la
fin avril 2008 au port d’Asunción (il manquait tout de même six paquets, comme d’habitude à la douane…) Selon l’accord passé avec les Mennonites, la moitié du
stock va chez eux car ils travaillent aussi avec cette population.
Il y aura une première présentation de l’ouvrage dans la capitale (malheureusement sans la présence du P. Miguel). Une autre aura lieu en juin, au Chaco,
parmi les catéchistes nivaclés. Il existe déjà une traduction complète de la Bible en nivaclé, faite par les Mennonites (à l’orthographe un peu différent
et à la théologie encore plus différente)
Pour l’instant, c’est la première traduction catholique qui s’adresse spécialement à la catéchèse des enfants, avec les illustrations correspondantes.
(Miguel FRITZ, OMI)
Canada—États-Unis
ETATS UNIS
Les Oblats disent non au mur frontière entre le Mexique et les USA
Les Oblats du Texas vivant le long de la frontière des Etats Unis avec le Mexique ont pris la tête de la lutte visant à bloquer la clôture ou le mur frontière.
A la fin de 2006, le Congrès et le Président Bush ont approuvé la loi pour des frontières sûres, qui ordonnait la construction d’une clôture à double épaisseur,
le long des 670 milles de la frontière sud.
L’adoption de la loi mettait un terme à une année de débats furieux concernant la politique d’immigration de la nation. Tout le monde s’accordait pour dire
que la politique de l’époque était terminée. Mais des rapports incendiaires parus dans les journaux ainsi qu’une opinion publique polarisée ont fait que
tout compromis sur des réformes politiques devenait impossible.
Au milieu de la confusion générale, les politiciens de Washington n’ont réussi à se mettre d’accord que sur une seule proposition: bâtir un mur. Beaucoup
de Démocrates, y compris les candidats à la prochaine présidence, Barack Obama et Hillary Clinton, ont voté avec presque tous les Républicains pour faire
passer la loi. Enfin, les chefs pouvaient dire à leurs électeurs qu’ils avaient fait quelque chose pour résoudre le problème de l’immigration.
Tous semblaient satisfaits excepté ceux qui vivent le long de la frontière. Le Texas est passé alors dans l’opposition. Ce qui n’existe pas dans les autres
Etats, au Texas la propriété de la frontière est principalement en mains privées. Il y a encore des propriétaires qui possèdent des terrains, donnés à leurs
ancêtres, il y a des siècles par la Couronne espagnole. La fierté des propriétaires a des racines profondes, il en est de même du ressentiment contre ceux
qui se mêlent de leurs droits. D’autres résidents ont vu le mur comme une menace à la prospérité grandissante de leur région. Pendant longtemps, l’une des
régions les plus pauvres du pays, la frontière du Texas a vu son taux de chômage diminuer drastiquement ces dernières années. Beaucoup de gens font confiance à l’ALENA
et le commerce international se multiplie. Les gens sur place craignent que le Mexique considère le mur comme un affront et cherche ailleurs ses partenaires
commerciaux. D’autres frontaliers texans se soucient des conséquences humanitaires et écologiques du mur. Le mur menacerait la vie des immigrants et des
rares oiseaux et mammifères du lieu.
La controverse a fait naître des étranges tandems. Des affairistes se sont unis avec des défenseurs de l’environnement, des chefs religieux avec des organisateurs
de communautés. Les voitures tout le long de la frontière portent des autocollants sur les pare-chocs disant « pas de mur sur la frontière ».
Les Oblats du Texas ont été au premier rang de la controverse. P. Roy SNIPES, curé de la paroisse de ND de Guadalupe à Mission, a été bouleversé en apprenant
que la chapelle La Lomita, une référence religieuse, se trouverait sur le côté mexicain du mur. Snipes a parlé contre le mur dans plusieurs rassemblements
importants. Il a aussi amené des reporters visiter la chapelle et les berges du fleuve, afin de mieux comprendre les futures conséquences du mur.
« Ce serait un terrible symbole, »“ disait Snipes, « un symbole d’hostilité et de paranoïa. Cette chapelle et la communauté catholique existent
ici depuis des années, de la guerre civile à la guerre en Irak, et nous n’avons jamais paniqué au point de devoir nous cacher derrière un mur. »
Ce prêtre a aussi abrité des opposants au mur tel Jay Castro. L’an dernier, Castro a fait à pied tout le chemin de Del Rio à Brownsville, plusieurs centaines
de milles afin de démontrer la folie du mur. Quand il arriva à Mission, le P. Snipes a permis qu’il demeure sur la propriété de l’église.
En décembre 2007, P. John LASSEIGNE et P. Jerry MCGOVERN ont accompagné à San Juan une quinzaine de leurs paroissiens de la paroisse de St Jean Baptiste,
pour participer à un rallye contre le mur de la frontière. Ce rallye se tenait dans un centre des congrès. Alors que le rallye se tenait d’un côté du centre,
le Département de la Sécurité du territoire était de l’autre côté, recueillant les avis du public concernant l’impact du mur sur l’environnement. Les deux
prêtres ont aussi témoigné dans ces consultations. Beaucoup de paroisses, y compris les paroisses oblates ont participé dans les campagnes de pétitions. « Vallée
Inter-foi », une organisation communautaire, a recueilli des milliers de signatures à sa pétition demandant que les impôts soient dépensés pour
les familles et non pour les murs.
De telles protestations et les procès intentés par les propriétaires et les défenseurs de l’environnement ont obligé de retarder la construction du mur.
Il devait être achevé en 2008, il a pris maintenant un sérieux retard. En mars 2008, il y a moins de 20 milles sur les 670 qui ont été construits conformément à la
loi. La section achevée de cette clôture se trouve en Arizona. Plusieurs prédisent que le mur va prendre de plus en plus de retard, et deviendra comme le
budget toujours déficitaire de la guerre en Irak, un problème qu’héritera le prochain président. Pour des gens comme les Missionnaires oblats du sud Texas,
ce serait en effet, un résultat bienvenu. (
Rapport JPIC, avril 2008).
OMI LACOMBE
Puissance et pouvoir du Peuple de Dieu
Le Frère Jerry PRAZMA parle de comment il a appris les voies de Dieu travaillant dans son Peuple.
« Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons… » (
Lc 9, 1)
Plusieurs années passées, alors que j’étais à la paroisse
St. Helen au Lac
South Indian, Manitoba, Pietro Bignami, le curé de la paroisse,
m’a demandé de m’occuper de la requête des paroissiens de bénir les maisons.
Un jour, un paroissien qui semblait très tourmenté, m’a demandé de bénir sa maison. Sa famille et lui avaient peur, car certains membres de la famille éprouvaient
certains évènements singuliers et effrayants qui se déroulaient chez eux. Ils craignaient que leur maison soit hantée.
J’ai été pris au dépourvu. Il ne s’agissait pas seulement de bénir gentiment la maison et je n’étais pas sûr comment faire disparaître le « sort » dans
cette maison hantée. Je n’étais pas prêt pour cela, j’ai tergiversé pour gagner du temps. « En toute honnêteté » j’ai bégayé, « présentement, je
ne suis pas prêt à bénir la maison. Nous devrions peut-être prier quelques jours à propos de cela et puis, nous trouverons un jour lorsque nous serons
tous libres pour nous rassembler. » J’ai suggéré que peut-être qu’ils aimeraient inviter des amis pour l’occasion. Ils étaient d’accord. Alors, je suis
retourné chez moi pour prier et faire de la recherche sur comment je pourrais transiger avec un mauvais esprit qui pourrait se cacher dans la maison.
Je connaissais peu de choses des exorcismes – encore moins être officiellement nommé pour en accomplir un. Je comprenais que les exorcismes étaient des évènements
désagréables et que l’on ne pouvait jamais être assuré de réussir. Être officiellement nommé l’exorciste du diocèse n’était pas ce que je convoitais et je
ne voulais pas m’aventurer dans cette voie. Alors, feuilletant ma bible sur laquelle je comptais, j’ai relu certains des extraits où les démons ont rencontré Jésus.
Je me suis rendu compte lorsque Jésus rencontrait un possédé, les mauvais esprits très répugnés par sa présence, criaient : « Es-tu venu pour nous
perdre? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. » (
Lc 4, 34)
Dans un cas, les mauvais esprits ont supplié Jésus de ne pas les précipiter dans l’abîme. Jésus entend leur supplication et leur permet d’entrer dans le
troupeau de porcs qui se précipite du haut de l’escarpement dans le lac et se noie. N’ayant pas de porcs au Lac
South Indian (et ce n’était pas
le temps approprié de l’année pour le caribou), nous ne pouvions certes prendre cette voie. Par la prière et la réflexion, il me vient à l’esprit quand Jésus
rencontre le mal, sa présence est tellement bouleversante qu’il prend toute la place. Le mal existe seulement là où il y a un vide. Si nous laissons un vide
dans nos esprits et nos cœurs, le mal peut s’infiltrer et exister là. Au contraire, lorsque Jésus est invité à y entrer, le mal doit sortir. Les Écritures
nous disent également que là où deux ou trois sont réunis en son nom, Jésus est là parmi eux.
Lisant ces passages, je me suis rappelé lorsque j’étais enfant, que feue ma grand-mère me conseillait de prier Jésus lorsque j’étais confronté au mal. J’ai
grandi dans une communauté des Prairies à un moment où il n’y avait pas de prêtres disponibles pour de longues périodes, alors ma grand-mère a eu beaucoup
d’influence alors qu’elle mettait en pratique le sacerdoce des fidèles. En effet, elle était un leader spirituel très encourageante, priante et pleine d’amour.
Oui! Maintenant, je suis prêt à affronter n’importe quel esprit mauvais qui pourrait se cacher dans un coin de la maison.
J’ai ramassé les objets nécessaires pour bénir une maison – ma bible, une croix processionnelle, une croix à laisser dans la maison, une bougie pour chacun
et chacune, beaucoup d’eau bénie par la communauté elle-même et une prière d’espérance et de confiance dans mon cœur. Autour d’une bougie allumée placée
sur une table avec l’eau bénite, la croix et les bougies, on retrouvait une surprenante foule des membres de la famille, des amis et de la parenté. Nous
avons prié ensemble. J’ai raconté les diverses rencontres de Jésus avec les esprits mauvais et comment sa bouleversante présence d’amour était trop difficile
pour les mauvais esprits à tolérer. Ensuite, guidés par la croix et chaque personne avec sa bougie allumée, nous avons fait une procession à travers la maison,
partageant la tâche de bénir chaque pièce – puis, nous sommes allés dehors dans les environs. De retour dans la maison, nous avons aspergé de l’eau bénite
et nous avons fait une autre bénédiction.
Enfin, nous nous sommes rassemblés pour partager une tasse de thé, des sandwichs et des sucreries. Un calme paisible et reposant a envahi le groupe. Le silence
a été rompu lorsqu’une personne a dit : « Mon Dieu, que c’est paisible ici. » Oui, nous pouvions ressentir la présence du Christ qui était
imprégnée dans la maison et dans la communauté rassemblée. Ma peur d’affronter le mal ne s’est jamais manifestée, car la présence bouleversante de Dieu révélée
par la puissance et le pouvoir du sacerdoce des fidèles n’a laissé dans la pièce que de la paix et de l’amour.
(Soumis par Jerry Prazma et traduit par
Ghislaine Lussier, CSC, dans www.omilacombe.ca)
ETATS UNIS
Les Oblats participent au Forum annuel UNPFII
L’ouverture de l’Instance Permanente sur les Questions Autochtones des Nations Unies /UNPFII) eut lieu cette année à New York, le 21 avril. Plus de 3.000
délégués : autochtones, représentants gouvernementaux, observateurs des ONG et des organisations internationales pour les droits humains, des églises
et des responsables de communautés ont participé à la session d’ouverture. Parmi eux il y avait quelques Oblats : Joseph GOMES (Bangladesh), Daniel
LEBLANC (Pérou), Nicanor SARMIENTO (Lacombe), Rohan SILVA (Colombo), Walter BUTOR (Etats Unis) et Seamus FINN (Etats Unis).
Après la session, les participants Oblats se sont retrouvés avec quelques collaborateurs laïcs pour écouter Walter et Daniel parler de la rencontre, patronnée
par les Oblats, sur la pastorale des Peuples autochtones, tenue à Cochabamba, en Bolivie en février 2008.
Sanjeeb Drong, un collaborateur très lié aux Oblats du Bangladesh, a écrit un article pour le Dhaka Daily Star, qui porte comme titre: “La réunion des Nations
Unies commence par un appel à protéger les droits des peuples autochtones. » En voici quelques extraits :
Les peuples autochtones sont parmi les meilleurs protecteurs de l’environnement et de Mère Terre, le Secrétaire général Mr Ban Ki-moon l’a dit dans
son message à la 7e Session de l’Instance Permanente sur les Questions Autochtones des Nations Unies, à New York, lundi dernier.
Il a affirmé que le respect des droits et de la culture des peuples autochtones est une chance pour le respect de Mère Terre. …
Le thème de la session était “Changement climatique, diversité bio-culturelle et subsistance : le rôle des peuples autochtones comme gardiens du terroir
et les nouveaux défis. »
L invité d’honneur de la session, Evo Morales, Président de Bolivie, a dit lui aussi que le style de vie des autochtones peut protéger Mère Terre. Puis il
ajouta : depuis longtemps les peuples autochtones luttent pour obtenir l’égalité des droits et la justice. …
Les représentants indigènes ont affirmé que le changement du climat exaspère les difficultés que les communautés indigènes rencontraient déjà, y compris
la marginalisation politique et économique, la perte des terres et des ressources, la violation des droits humains, la discrimination et le chômage. Les
peuples autochtones qui choisissent ou sont forcés d’immigrer loin de leurs terres traditionnelles font souvent face à la double discrimination de migrants
et d’indigène. La déforestation, tout particulièrement dans les pays en développement, pousse les familles indigènes, pour des raisons économiques, à se
déplacer en ville. Ils aboutissent souvent dans les bidonvilles urbains.
La session a duré deux semaines, touchant des sujets tels les droits humains, l’éducation, la santé, l’environnement, le développement économique et
social et la culture.
Les représentants autochtones ont dit que la diversité culturelle autour du monde est menacée et qu’il est crucial et très urgent de sauvegarder les langues
indigènes pour assurer la protection de l’identité culturelle et la dignité des peuples autochtones.
Afrique-Madagascar
ZAMBIE
Pour arrêter le SIDA
L’administration de la Délégation oblate de Zambie a pris la tête de la campagne « Arrêter le SIDA et garder la promesse » en participant à la
Journée mondiale du Sida (World Aids Day – WAD). Les membres du bureau ont participé à la prière aux flambeaux qui a eu lieu à la Cathédrale de l’Enfant
Jésus à Lusaka. Ils ont aussi fait la marche organisée par le Ministère de la Santé, District de Lusaka.
Sur une banderole déployée dans le quartier du siège administratif oblat on pouvait lire : « Délégation des Missionnaires Oblats de Zambie. Nous
donnerons l’exemple pour arrêter le SIDA et garder la promesse. Connaissez votre situation, soumettez vous au VCT (Entretien et Test volontaires) aujourd’hui ! » La
banderole est toujours déroulée à la réception et son message continue à être d’actualité. Il y a eu également une conférence donnée par une militante
HIV/SIDA.
Des plans sont en cours d’élaboration pour sensibiliser les ouvriers à la pandémie, et apprendre à mettre en route une politique qui protège les employés
sur le lieu de travail, ceux qui sont peut-être séropositifs et ceux qui peuvent contracter la maladie par accident, au cours de leur travail.
Entretemps, durant la semaine précédant la Journée mondiale du Sida 2007, la paroisse Mary Immaculate a organisé des activités pour sensibiliser les paroissiens à la
pandémie. P. Vincent SAKALA, l’adjoint du Curé, a travaillé très en lien avec les paroissiens, la jeunesse surtout, pour organiser les activités. Des
banderoles avec des messages sur le HIV/SIDA et des rubans rouges couvraient les murs des locaux paroissiaux.
A la veille de la Journées mondiale du Sida, la paroisse a organisé sa prière aux flambeaux pendant laquelle le Docteur Njelesani, ancien représentant auprès
de l’Organisation mondiale de la Santé à Genève, a encouragé l’Eglise à s’engager à lutter contre la maladie. Dans sa causerie aux paroissiens, le Dr. Njelesani
leur a rappelé le grand nombre de personnes encore infectées par le virus du Sida. Il a fait remarquer que les personnes séropositives ont besoin d’aide.
Il a dit que malgré le traitement antirétroviral maintenant disponible, il y a toujours beaucoup de morts dues aux conditions liées au Sida. Il a donc pressé l’Eglise
de faire face au défi du Sida et de montrer le chemin, afin d’atténuer son impact sur la population.
Pendant la prière aux flambeaux, une femme, qui vit avec le virus HIV et qui est de plus, militante anti-Sida, a parlé de son expérience, dès le jour où elle
a appris qu’elle était séropositive. Elle a encouragé les paroissiens à connaître leur situation et à prendre les mesures qui s’imposent: « Si vous
vous trouvez négatifs, faites en sorte de le rester. Si vous constatez que vous êtes séropositifs, vous pouvez encore vivre positivement en mangeant de façon
saine et en suivant les traitements antirétroviraux. »
Elle encouragea les paroissiens, surtout les jeunes à s’abstenir du vagabondage sexuel. A cet effet, pendant la Journée mondiale du Sida, la paroisse Mary
Immaculate a rassemblé les jeunes au centre paroissial pour des activités où l’on trouvait des conférences, du théâtre et des chansons.
La paroisse Mary Immaculate a compris le besoin de ses paroissiens de clarifier leur situation concernant le Sida. Cette connaissance est la première étape
sur le chemin de la prévention, des soins et de l’accompagnement. C’est pourquoi, en lien avec Latkings, une organisation mobile spécialisée en ce domaine,
des entretiens et des tests ont été proposés sur place. Trente-six paroissiens en ont profité et ont reçu les résultats.
M. Ben Miti, Directeur de Latkings dit: “ Nous sommes heureux de la réponse donnée par les paroissiens, la jeunesse en particulier. C’est une expérience
unique pour nous, étant donné qu’habituellement nous travaillons avec les collectivités et non pas avec les Eglises. Je presse les autres Eglises d’en faire
autant.” (
OMI Zambia, Mars-avril 2008)
Asie-Océanie
INDE
Un nouveau Temple: un rêve devient réalité!
Un rêve des Oblats de l’Inde et des chrétiens qui fréquentent l’Ashram Aanmodaya a été réalisé avec la bénédiction du P. Wilhelm STECKLING, Supérieur général.
Celui-ci, le 30 décembre 2007 a béni le temple de l’Ashram Saccidananda en présence du Supérieur de la Délégation, P. Francis NALLAPPAN, ainsi que de beaucoup
de prêtres, des Sœurs, des amis et des bienfaiteurs. L’Ashram Aanmodaya est aussi connu comme le Centre de Spiritualité indienne et de Dialogue interreligieux ;
il se trouve à Kancheepuran et son Directeur est un Oblat, Swami Joseph SAMARAKONE.
Lorsque les premiers plans de l’Ashram ont été établis en 1990-91, on voulait mettre le Temple au centre de l’ensemble. Mais les coûts élevés de la construction
du Temple se sont révélés comme un obstacle difficile à surmonter. Par la suite, il est apparu plus prudent de voir comment les gens répondraient à cet Ashram
naissant. Quand Aanmodaya Ashram a ouvert, le 17 février 1992, il y avait un magnifique « Dhyana Mandapam » (Salle de méditation). Ainsi ceux qui
venaient à l’Ashram pouvaient s’y rassembler pour le culte. L’Eucharistie y était célébrée chaque jour.
Mais comme cette structure était un “espace ouvert” où n’importe qui pouvait venir pour entrer en « en communion avec le divin », et restait ouvert
24h sur 24, les lois liturgiques de l’Eglise n’ont pas permis d’y mettre la réserve du Saint Sacrement ce qui a déçu beaucoup de chrétiens fréquentant l’Ashram ;
ils voulaient en effet passer du temps en prière devant le « Saint Sacrement.»
En 1994, feu l’Archevêque Arul Das James de Madras-Mylapore (aujourd’hui Chennai-Mailai) a rendu visite à l’Ashram et a été déçu de ne pas pouvoir prier
l’Office divin devant le Saint Sacrement. Il encouragea le Directeur de l’Ashram à construire rapidement le Temple.
Les grands séminaristes du Tamil Nadu et d’autres Etats ont commencé à envoyer leurs étudiants en théologie à l’Ashram pour une expérience de prière. Les
Congrégations religieuses d’hommes et de femmes ont fait de même en préparation des premiers vœux ou des vœux perpétuels. L’Ashram est ainsi devenu peu à peu
le Centre d’étude de la spiritualité indienne, de Dialogue interreligieux et d’Inculturation. A ce moment l’urgence d’un Temple pour abriter le Saint Sacrement
s’est fait de plus en plus sentir.
P. Lucien SCHMITT, qui a joué un grand rôle, alors qu’il était Provincial de Sri Lanka, dans l’établissement de la Délégation indienne, s’intéressait
beaucoup au développement de l’Ashram. Il lui a rendu visite chaque fois qu’il est allé en Inde. Après son retour en Allemagne, il a continué à s’y intéresser.
Encouragé par le P. Schmitt, P. Josef MATHUNI de l’AMMI d’Autriche et P. Aloys TERLIESNER de la Province d’Allemagne ont visité l’Ashram. Ils ont été d’accord
de commencer à récolter des fonds pour construire le Temple souhaité depuis longtemps.
Le “Poomi Puja” ou le premier coup de pioche du nouveau temple eut lieu le 29 avril 2006, fête de Ste Catherine de Sienne, la grande mystique italienne.
Son architecte était un Oblat de la Province de Jaffna, P. Hilarion VETHANAYAGAM qui a tracé les magnifiques plans du futur temple. Le plan est basé sur
l’architecture des Temples dravidiens, caractérisés par leurs piliers ornementaux. Le Temple est orienté vers l’est de telle sorte que les premiers rayons
du soleil frappent l’entrée. Les piliers intérieurs sont ornés des symboles de toutes les religions du monde, ainsi chacun qui y vient sera frappé par
l’éthos de base de l’Ashram : être religieux aujourd’hui, c’est être interreligieux. (Adapté de
BORN, février-mars 2008)
CHINE
L’Evangile aux pauvres
P. Slawek Kalisz, un Oblat polonais, travaillant dans la Délégation de Chine, raconte l’histoire de quelques volontaires qui vivent l’appel de Dieu à servir
les pauvres à Hong Kong.
St Eugène de Mazenod a choisi comme sa devise personnelle les paroles que le Christ lui-même a utilisé : « Il m’a envoyé apporter l’Evangile
aux pauvres. »
Ces paroles ont inspiré, il y a quatre ans, un groupe de jeunes gens de la paroisse Notre Dame, de se mettre à servir les pauvres et les sans domiciles,
vivant entre Kowloon City et Kwa Wan, à Hong Kong. Depuis lors notre groupe a aidé beaucoup de sans toits et de pauvres dans notre quartier. Beaucoup de
jeunes de différentes paroisses nous ont rejoints pour servir les pauvres.
Par notre service tout simple: apporter de la nourriture, des fruits, des habits… et passer du temps avec les sans domicile et les pauvres, nous leur
apportons réellement l’Evangile. Nous réalisons que l’Evangile ce n’est pas que des mots – c’est une réalité vécue dans la vie de ceux qui sont formés
par et suivent la Bonne Nouvelle du Christ. L’Evangile devient réel et actif à travers les mains et les cœurs des disciples du Christ – dans la vie,
le souffle, l’amour,
le soin, les dons, les embrassades et les sacrifices des gens. En apportant l’Evangile nous apportons le Christ et avec Lui nous nous apportons nous-mêmes.
Maintenant nous pouvons dire que ces sans domiciles et ces pauvres nous sont comme les « membres d’une famille » ; ils nous reconnaissent
comme leurs amis et leur famille. Nous continuerons ce beau service tous les vendredis de 9h à 11h. Que Dieu vous bénisse tous. (
www.oblates.com.au)
PHILIPPINES
À l’origine des soulèvements de Mindanao, il y a l’injustice
Le P. Robert LAYSON, un Oblat, insiste pour dire qu’à l’origine de ces vieux problèmes de soulèvements qui durent depuis des dizaines d’années à Mindanao,
on retrouve l’injustice. P. Layson, qui est aussi un défenseur de la paix, dit qu’aussi longtemps que les injustices se maintiendront, les rébellions ne
s’arrêteront pas. Layson a ajouté que le préjudice encore existant entre quelques catholiques et les Moro et vice-versa, y est pour beaucoup dans le problème.
Il dit aussi que les préjugés et les partis pris doivent être surmontés. Il a même demandé aux chefs religieux musulmans et chrétiens de Mindanao de prendre
une part active dans les efforts pour combler le vide séculaire et les distances entre les deux camps : car, disait-il: « tant le Coran que la
Bible enseignent le respect, la compréhension, la réconciliation et l’amour. ».
Layson a donné une conférence sur la Paix et l’histoire de Mindanao pendant le séminaire consacré aux fondements de la construction de la paix, à l’intention
des responsables interreligieux de la ville. Le séminaire était co-organisé par la Conférences des Evêques et des Ulémas (BUC), les Forces Armées des Philippines
(AFP) et l’aumônerie de la Police nationale des Philippines. (PNP). Il a dit aussi que dans la rébellion « le vrai ennemi n’est pas le rebelle ou le
soldat mais la guerre elle-même. » « Si on peut éviter la guerre, il faut l’éviter à tout prix afin de sauver des vies humaines » c’est toujours
Layson qui parle. « Les vies de civils et des combattant sont également précieuses et sacrées et en tant que responsable religieux, je soutiendrai toujours
le cessez-le-feu et le processus de paix. » Layson a même appelé le gouvernement du Front Moro Islamique de Libération (MILF) à prendre au sérieux les
discussions de paix. Il a plaidé pour que les deux parties retournent à la table de négociation afin de raviver le désir de mettre fin à la rébellion à Mindanao.
(Mark S Ventura -
www.cbcpnews.com in Asia Catholic News Update,
asiacatholic@gmail.com, 25/04/2008)
Anniversaires - juillet 2008
75 ans de vie religieuse
| 1933.07.21 |
05625 |
P. Paul Bazinet |
Notre-Dame-du-Cap |
65 ans de sacerdoce
| 1943.07.26 |
06845 |
P. Henri Janssen |
États-Unis |
60 ans de vie religieuse
| 1948.07.16 |
09029 |
F. Jean-Paul Beaudet |
Notre-Dame-du-Cap |
| 1948.07.16 |
08515 |
P. Martin Roberge |
Notre-Dame-du-Cap |
60 ans de sacerdoce
| 1948.07.04 |
07787 |
P. Henri Chaigneau |
France |
| 1948.07.04 |
07630 |
P. Louis Henry |
France |
| 1948.07.04 |
07756 |
P. Hermann Lübbering |
Prov. Centrale d’Europe |
| 1948.07.04 |
07699 |
P. René Vermeire |
Belgique et Pays Bas |
| 1948.07.11 |
07605 |
P. Karl Struve |
Natal |
50 ans de vie religieuse
| 1958.07.25 |
10457 |
P. Francisco Pintado Garcia |
Espagne |
50 ans de sacerdoce
| 1958.07.06 |
09380 |
P. Jean-Noël Fouquet |
France |
| 1958.07.06 |
09807 |
P. Vincent Igoa |
France |
| 1958.07.06 |
09616 |
P. Julien Mansion |
France |
| 1958.07.06 |
09617 |
P. Michel Oger |
France |
| 1958.07.06 |
09542 |
P. Sjaak Terken |
Belgique et Pays Bas |
| 1958.07.13 |
09291 |
P. Marcel Chénier |
Notre-Dame-du-Cap |
| 1958.07.13 |
09223 |
P. Wilhelm Henkel |
Prov. Centrale d’Europe |
| 1958.07.13 |
09350 |
P. George Kirwin |
États-Unis |
| 1958.07.13 |
09254 |
P. Hubert Lagacé |
Notre-Dame-du-Cap |
| 1958.07.13 |
09217 |
P. Vincent de Paul Siebert |
Australie |
| 1958.07.13 |
09322 |
P. Claude Tardif |
Lacombe |
| 1958.07.27 |
09438 |
P. Heribert Stumpf |
Prov. Centrale d’Europe |
Suffrages pour nos défunts
N° 25-28
| Nom |
Prov./Del. |
Naissance |
Mort à |
Date |
| P. Josef Krasenbrink |
Europe Centrale |
20/02/1933 |
Mainz |
12/04/2008 |
| P. André Rinchon
|
Belgique/Pays Bas |
02/12/1921 |
Zaventem |
16/04/2008 |
| P. Alessandro Costa |
Assomption |
21/04/1925 |
Toronto |
20/04/2008 |
| P. Jean-Marie Lizé |
N.D. du Cap |
03/05/1915f |
Richelieu |
21/04/2008 |
« Ils sont devant Dieu avec le signe, l’espèce de caractère propre de notre Société, les vœux communs à tous ses membres, l’habitude des mêmes vertus. Nous tenons à eux par les liens d’une charité particulière, ils sont encore nos frères, et nous sommes les leurs; ils habitent notre maison-mère, notre chef-lieu; leurs prières, l’amour qu’ils conservent pour nous, nous attireront un jour à eux pour habiter avec eux le lieu de notre repos ».
(Lettre du Fondateur au P. Courtès, 22 juillet 1828)
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