Turkménistan: premiers fruits Le 29 septembremarquera le troisième anniversaire de l'ouverture de la Mission oblatedu Turkménistan à la demande du Saint-Siège (cf. InfoOMI n1 361sept. 1997). On rappellera que les débuts de lachrétienté dans le territoire qui est aujourd'hui leTurkménistan remontent au deuxième siècle. L'Églises'est graduellement développée jusqu'à ce que Tamerlan(1336-1405) massacre la plupart des chrétiens ou les force àembrasser l'islam. Seuls quelques-uns ont trouvé refuge dans lesmontagnes. Un réveil dela foi chrétienne s'est amorcé au 19ème siècle avecl'annexion du pays par la Russie impériale (tsariste). La plupart deschrétiens qui arrivèrent étaient orthodoxesmais descatholiques romains sont aussi venus. En 1904 et 1905les catholiquesbâtirent une église néo-gothique à Ashgabatlacapitale. La plus grande partie d'entre eux étaient Polonais (environ5.000 y vivaient alors)mais il y en avait également d'autresnationalités. En 1930les autorités soviétiquesdémolirent le clocher qui dominait la ville et l'église futtransformée en cinéma. En 1948un tremblement de terre qui tuales deux tiers des habitants d'Ashgabat détruisit l'église ainsique la plus grande partie des édifices de la ville. Plus tôt cetteannéele p. Pawel LATUSEKProvincial de Polognerendit visite auxOblats. Voici quelques extraits de son rapport pris de la revue missionnaire dela Province Misyjne Drogi. "En dépit debien des restrictions concernant leurs activitésles pp. Andrzej MADEJet Radoslaw ZMITROWICZ continuent avec beaucoup d'enthousiasme et dedévouement à remplir la mission que leur a confiéel'Église. Le décret d'érection de cette "Mission suijuris" stipule que leur tâche n'est pas seulement de s'occuper descatholiques étrangers qui y viventmais aussi d'implanterl'Église catholique dans la population locale." De récentesstatistiques indiquent que 87% des 4.5 millions d'habitants sont musulmans9%orthodoxes de l'Esttandis que 2% auraient une affiliation religieuseinconnue. Le p. Latusek ajouteque la mission est formée de trois groupes: les candidats et deuxgroupes de catéchumènes. Un de ces derniers devait recevoir lebaptême au cours de la Vigile pascale cette année. Durant sonséjourle p. Latusek a eu la joie de présider lacérémonie d'initiation du catéchuménat et deremettre le texte de l'Ave Maria. La prière de l'Ave avec cesgens pour la première fois fut un moment rempli d'émotion. "Lorsque les pp.Madej et Zmitrowicz sont arrivés en 1997écrit le p. Latusekils n'ont trouvé ni égliseni chapelleni groupe defidèles organisésni aucun modèled'évangélisation. Les deux Oblats étaient tout àfait conscients que dans ce paysplus grand que la Pologneils étaientles seuls prêtres et religieux catholiques; lorsqu'ils s'approchaient del'autel ils étaient frappés par le fait que dans un rayon de 1000kilomètres c'était là l'unique endroit oùl'Eucharistie catholique romaine était célébrée." La Mission duTurkménistanmême si elle est une Mission de la Province dePolognefait partie de la Région oblate Asie-Océanieet commeentité ecclésiastique elle est membre associé de la FABC(Conférence des évêques de l'Extrême-Orientasiatique). Philippines Messagers de paix Alors que nous allonssous pressela situation des otages à Jolo et à Cotabato demeureinchangée. (Il est à espérer que lorsque vous lirez ceslignes la situation aura trouvé une heureuse issue.) Il y a eu d'autresépisodes de violence (le meurtre d'un prêtre clarétainlep. Gallardodes grenades lancées sur la place du marché de Joloetc.). Le p. Federico LABAGLAYProvincial des Philippinesdit qu'il estdifficile de connaître la situation à Jolocar les otages sonttenus prisonniers à une vingtaine de kilomètres en dehors de laville et que les déplacements dans ce secteur sont limités. MgrAngelito LAMPONVicaire apostolique de Joloet d'autres responsableschrétiens et musulmans font pression sur les deux côtéspour que cessent les hostilités et que commencent lesnégociations. Mgr Orlando QUEVEDOprésident de la Conférence des évêques desPhilippines et archevêque de Cotabatodans une lettre ouverte auxcommissions de paix du GRP (Gouvernement de la République desPhilippines) et du MILF (Front Moro Islamique de Libération) demande uncessez-le-feu immédiat sur tous les fronts. "Le déploiement desforcesdit-ilque ce soit par la Droite ou par la Gauchepar le Gouvernementou le MILFpar des gardiens civils ou des groupes terroristes ne va pasà la racine des problèmes. Une telle militarisation aggrave leconflit en ignorant ses racines et en visant seulement à terrasserl'autre." Le 5 maidans uneinterview à Fides il disait: "Sous-jacents aux exigences du MILFse trouvent d'authentiques besoins de liberté religieuse et culturellepour les musulmanset d'un développement économique et politiquejuste." Au cours d'une visite à Info OMI à la mi-maiMgrQuevedo a attiré notre attention sur le sérieux problèmedes réfugiésrésultat du conflit militaire: plus de 60000 personnes déplacées: musulmanschrétiens et Lumads.Ils trouvent refuge dans les églisesles salles paroissialeslesgymnases des écolesles mosquéesles écolesprivées et publiqueset même dans des résidencesprivées. "On peut imaginer le manque absolu d'eau potablede toilettesd'hygiène et de services de santé dans de nombreux centres." L'archevêqueajoute que lui-même et le p. Eliseo MERCADO font tout ce qu'ils peuventpour demeurer en communication avec les autorités compétentes etles parties concernées. Le p. Mercado est à la tête de laCommission d'enquête indépendante GRP-MILF. Le Président des Philippines prend en compte leJubilé "En réponseà une demande des évêques catholiquesle Présidentdes PhilippinesJoseph Estradaa suspendu la peine de mort pour le reste del'année 2000. "Le bureau d'Estradadit qu'il est d'accord pour imposer un moratorium sur les exécutions'par égard à la célébration de l'Annéejubilaire par l'Église catholique.' La déclaration préciseque M. Estrada étudiera de nouveau la politique du pays concernant lapeine capitale au début de 2001lorsque le sursis expirera. "Mgr Orlando QUEVEDOà titre de Président de la Conférence desévêquesa envoyé en janvier une lettre à M. Estradalui demandant de suspendre la peine de mort pour l'Année sainte. MgrQuevedo dit que le moratorium est un signe plein d'espoir en faveur d'unchangement dans le système pénal du pays. 'La décision duPrésident vient d'un coeur compatissant et donne un peu de paix àde nombreux prisonniers qui languissent dans les prisons' ajouta-t-il." (parBenedicta CipollaCNS) |