Lapproche positivedu p. Jetté devant les problèmessa capacité deprendre des décisions aux moments difficilesson profond attachementà lÉgliseà lImmaculée et àlInstitut tous ces facteurs ont contribuésansaucun douteà la décision de le réélirepour un deuxième mandat au cours du Chapitre de 1980. Avant son électioncomme Supérieur général en 1974quelques membresdu Chapitre avaient exprimé des doutes sur la possibilitépour le p. Jettéde voyager comme lavait fait son prédécesseur.Il apparaissait à certains comme un homme de type administrateurqui devrait continuer en tant que Vicaire général. Ilslavaient sous-estimé. Au commencement de son rapport auChapitre général il sexprima ainsi : Au cours des sixdernières annéesjai pu visiter lensembledes provincesvice-provinces et délégationssauf Tahitiet les deux délégations de Bornéo
Limpressionqui men reste
est une admiration profonde devant la générositéle dévouementlamour des Oblats pour les pauvres. »[cf. Doc. OMI 98/80 §2] Laction missionnairede la Congrégation Progrès ou recul ? [§11-15] « Si maintenantje me reporte à lévaluation présentéeau Chapitre en 1974 et aux questions posées alorsque puis-jedire? 1. « Les six dernières annéesfurent des année de continuité et de progrès dansles lignes tracées à ce moment-là. Elles furentdes années de maturation. On a surtout creusé le sillon.Assez peu doptions nouvelles sauf lengagement pour la justice mais approfondissement et mise en application des options prises:révision des engagements à la lumière du charismeoblatréponse à de nouveaux appels missionnaires
2. « Concernant certaines questionscontro-versées: interprétations pratiques de La ViséeMissionnaireplace des charismes personnels dans lInstitutlattitude est plus calmeplus nuancée quil y a sixansmême si des divergences profondes demeurentmais quijecroiraissexpriment moins. 3. A-t-on fait des évaluationssérieuses et planifiées durant et après les expériences?Parfois ouisouvent non
Cest là une attitude quinest pas encore pleinement entrée chez nous. On y acheminepeu à peu. Il faudra accélérer le mouvement. » La vie religieuse de la Congrégation [§17-19] « Il y a uneattitude de plus grande simplicité et humilité. Danslensembleon est moins sur de soi; on a réalise les limitesde ses propres formules et expériences et on est devenu plusaccueillantplus ouvert à dautres formulesquilsagisse de vie de prière ou daction apostolique.» [17] « Autre attitude: celle de la recherche de lapprofondissement spirituel
en même temps toutefoischez plusieurspersiste une répugnancemarquée pour les exercices spirituels et la discipline de vie
Et pourtant lexpérience est là pour le dire : onne deviendra jamais homme de prière si on ne sarrêtepas pour prieret on ne réussira pas à sarrêtersi on ne simpose pas un règlement de viesouple et adapteoui ! mais bien réel. Attendre davoir envie de le faireou attendre den avoir le tempspour prierest tout simplementune illusion. » [19] « Une dernièreattitude : le besoin dunitédintégrationde la vie religieuse et de lapostolat
Plusieurs redoutentencore beaucoup le dualisme. Lunité entre prièreet actionvie religieuse et apostolat est essentielle dans une vocationcomme la nôtre. Ce souci dunité a présidéau travail de la révision des Constitutions. Que notre prièrenotre vie communautairenos vuxloin de nous détournerdes hommes et de lactionnous y poussent plutôtet quenretourla rencontre des hommes et laction apostolique deviennenteux-mêmes sources et aliments de notre prière
»[19] Réflexions sur la criseque nous venons de traverser [§20-22] « Les annéesde crise que nous avons passées nous ont assagis
Effectivementcomme groupe il faut le reconnaître nous avonsété aussi faiblesaussi vulnérables que tous lesautreset parfois même davantage. Cest ce que nous disentles chiffres. Alors que nous aurions dû confirmer les chrétiensconfirmer nos frères dans le sacerdocebeaucoup parmi nous onttout simplement abandonné la lutte. Pourquoi? [20] « Les temps furentdifficiles. LÉglise et le monde furent ébranlés.Mais lépreuve ne nous rend pas plus faibles; elle révèleseulement les faiblesses que nous portions déjà en nous.[21] « Aujourdhuinous sommes à lheure dun nouveau départ. Nousnous connaissons mieux nous-mêmes avec nos grandeurs et nos misèresnous savons davantage ce que fut notre fondateur et ce quil attendde nousnous sommes à la veille de nous donner des nouvellesConstitutions; il ne faudrait pas manquer ce nouveau départ.Cest là une autre grâceet une grâce qui devradurer. De plusla Congrégation compte toujours en ses rangsbeaucoup dhommes qui sont en même temps des vrais spirituelset des vrais apôtres. Ces Oblats ferventsPères et Frèresdont on parle peumais quon rencontre en toutes les provinceset en tous les ministèressont la plus grande richesse de lInstitut.Par leur prièrepar leur humble dévouementpar leurindéfectible fidélitéils en demeurent les plussolides soutiens pour le présent et pour lavenir. »[22] Le dèfi à relever « Face àlavenirque faut-il faire ?
et dabordle premierprophétisme dune famille religieusesi missionnaire quellesoitsera toujours celui de la qualité de son être etde la sainteté de ses membres. LÉglise a besoinde notre action ; elle a encore plus besoin de notre sainteté
» [23] « En second lieunotre apostolat est ecclésial et communautaire. Comme nous ledemande encore le FondateurIl faut tout oser pour étendrele Royaume de Jésus-Christ (Préface) et enseignerlÉvangile aux pauvresmais il faut le faire dans le discernementcommunautairedans la clarté de lobéissance eten lien avec lÉglise. Cette dépendance pourra êtrecause de souffrance. Cela fait partie du mystère pascal et delengagement pris au jour de la profession religieuse. »[24] « Troisièmementil nous faut redécouvrir la pauvreté évangélique.Précédemment jaffirmais que loption pour lespauvres existe chez nous. Celaje le crois fermement. Y a-t-il un choixréelcorrespondantde la pauvreté dans nos viesoudu moins une orientation vers ce choix ? En quelques provincesoui; mais en plusieurs autresjen doute fort. « Le contexte socialil est vraisurtout en Occidentne nous aide pas. Rarement nous devonsnous en remettre à la Providence pour assurer notre avenir etnous avons peu tendance à le faire
Étant donnéles charges qui sont nôtresà cause du vieillissementdu personnel surtoutles conseillers en affaires nous diront : Vousnêtes pas riches ! Mais les gens ordinairesles salariésqui ont une famille et peu de sécurité financièrenous trouveront pas mal riches ! de bons richescertesqui sont généreuxqui partagent beaucoup de leur surplusmais qui nen demeurentpas moins des riches. « Pour la Congrégationil y a là un véritable danger
En ce domaineunsérieux examen est à fairenon pas à la lumièredun système économiquequil soit libéralou socialistemais à la lumière de lÉvangile.Avons-nous vraiment le cur libre ? Notre style de vie est-il assezsimple ? Notre partage est-il suffisant ? Sommes-nous trop prévoyantspour lavenir ? Que me demande et que demande le Seigneur àla Congrégation en cette matière aujourdhui ? »[25] Cest là lestyle typique du p. Jetté : aucun triomphalisme dans ce rapportmais plutôt une appréciation exacte de la réalitéspécialement en ce qui concerne la vie de communautéla grande importance de la lutte pour la justicele besoin dêtreapôtres dans une dimension ecclésiale et communautaire.Marqué par la foice rapport a inspiré confiance. Ilfut reçu par les capitulants par des applaudissements prolongés.Le 5 novembre 1980le p. Jetté était rééluau premier scrutin par 104 voix sur 111. [Info. OMI168/80p. 3] Extrait de lhomélieà la messe daction de grâces après son élection [Info. OMI169/80] Cest dabordavec beaucoup de confiance que je commence ce second terme. Je me connaisdavantage moi-même avec mes limites et mes faiblesses
depuissix ans jen ai le sentiment très ferme leChrist ne nous a pas manqué
Il est demeuré avecnousil a agi en nousil a collaboré avec nous
et celamalgré toutes nos misères
Certainement il continuerade le fairesurtout si nous-mêmes nous efforçons dêtrepour lui des disciples encore plus fidèles etpour sa Mèredes fils encore plus aimants. » [pp. 1-2] « Ouverture au mondeouverture au Christ
Regard sur le monderegard sur le Christ
Pour nousOblatsles deux sont inséparables. Il ne faut avoirpeur ni de lun ni de lautre. Le défi consiste enceci : ne jamais séparer ces deux regards et rendre nos yeuxsi purssi simplessi apostoliques que quand ils souvrent surle mondeils y rencontrent le Christ et y portent le Christ ; et quandils souvrent sur le Christils y découvrent le monde ettoute sa dignitétout le prix quil a coûtéau Fils de Dieu. Aussi longtemps que ces deux aspects ne se trouverontpas unis dans un seul et même regardil ny aura pas dunitéprofonde dans nos vies dOblats. » « La Congrégationsera dautant plus forteplus stableplus efficace quunplus grand nombre de ses membres auront atteint cette unité intérieure.» [p. 3] Approbation du texte révisédes Constitutions et Règles (1982) Un élémentmajeur de laction du p. Jetté pendant les douze ans oùil exerça sa charge futsans aucun doutelapprobationdu texte révisé des Constitutions et Règlescequi mit fin à un processus commencé en 1953soit vingt-septannées auparavant. Le p. Jetté fit en sorte que toutela Congrégation soit engagée dans la préparationde ce textelequel fut rédigé par le Chapitre généralde 1980 et approuvé par le Saint-Siège en 1982. La conclusionde sa lettre à la Congrégation à loccasionde lapprobationdécritdune certaine manièrece qui fut pour lui une contribution majeure au cours de ces douze annéespassées comme responsable. «Avec cette approbationun pas de plus est fait pour nous engager dans une nouvelle étapeet aller résolument vers lavenir
. « Forts de cetteapprobationrenouvelons-nous tous dans lesprit de notre vocationqui est un esprit de dévouement total pour la gloire deDieule service de lÉglise et le salut des âmes(Lettre à Tempier22 août 1817). Allons vers laveniravec de grands désirsavec une espérance et un courageinébranlablesen considérant limmensitédu champ apostolique qui souvre devant nous. » [Lettresaux Oblatspp. 118-119] |