La retraite annuelle desprovinces de Colombo et de Jaffna a été exceptionnellecette année en ce quelle apour la première foisen quinze ansréuni au même endroit un nombre sans précédentdOblats des deux provinces. Pour soixante-neuf Oblatsla retraitea été un temps tout désigné pour renouvelerleur solidarité et partager leur vécusurtout au momentoù le pays connaît le cessez-le-feuaprès avoirpassé à travers vingt ans de guerre qui les ont empêchésde se réunir pour vivre des événements semblables. Les aînésont retrouvé les anciens compagnons avec lesquels ils avaientvécuétudié et été ordonnésmais quils navaient pas revus depuis plus de quinze ans.Pour la plupart des Oblats plus jeunescétait loccasionde faire connaissance avec leurs confrères plus âgéset de partager librement leur vécu. Les Oblats de la provincede Jaffna étaient au nombre de vingt-trois tandis que le restedes quarante-six retraitants étaient de la province de Colombo.La rencontre a eu lieu à la maison de retraite de Tewattequele cardinal Thomas Cooray avait fait ériger à côtéde la basilique dédiée à notre bienheureuse MèreNotre-Dame de Lanka. Elle est située à environ 15 km deColombo. Pendant la retraiteunerencontre spéciale a permis aux Oblats de discuter des actionspositives à entreprendre pour promouvoir et soutenir le processusde paix. «Pour nous Oblatsqui formons de loin la plus grandecommunauté masculine de Sri Lankacontribuer au processus depaix constitue un défi à relever»exprime un jeuneOblat de Jaffna. Parmi les propositions faitescelles qui suivent sesont avérées réalisables: Offrir dans les paroisseset les écoles un enseignement sur le sens profond de la paixet de la réconciliation afin de changer les tendances desgens aux préjugés raciaux et à la division. Organiser des rencontresentre les diverses communautés grâce à des programmesdéchanges culturels; elles pourront ainsi apprécierleurs différences culturelles et les valeurs humaines sous-jacentes. Susciter des échangesentre les Oblats des deux provinces pour renforcer les liens desolidarité et donner un exemple de collaboration dans lapromotion du Règne de Dieu parmi leurs gens.
Le père VicenteLouwagie a animé cette retraite avec des conférences vivantesquil a assaisonnées de faits vécus et danecdotescomiques. Il a manifesté un talent précieux en réussissantà faire réfléchir les membres des deux provincessur lappel missionnaire des Oblats daujourdhui. Cest le climat politiquecréé par la signature dun protocole dententeentre le Gouvernement de Sri Lanka et les Tigres libérateursde lEelam tamoul qui a permis de réunir un si grand nombredOblats. Le Gouvernement et les Tigres sont les deux principauxprotagonistes de cette guerre qui a duré vingt anscoûtéla vie à plus de 65 000 personnes et déraciné plusieurscentaines de milliers de civils. Cette guerre affreuse non seulementa divisé les trois principales communautés de ce payscingalaisetamoule et musulmanemais est parvenue à réduireléconomie du pays à un taux de croissance nul. Le chemin à parcourirpour en arriver à la paix et à la réconciliationsera long et fastidieux. Plusieurs groupements civilsorganismes religieuxet professionnels appuient le processus de paix et font tout pour conserverles fruits que la paix et la réconciliation apporteront àtoute la population de Sri Lanka. Dautrescependantsont prêtsà gêner et étouffer le processus pour protégerleurs intérêts. Parmi ceux-ciil y a les trafiquants darmessans scrupulescertains partis politiques et ceux qui ont fait de laguerre une source lucrative de revenus. La principale aspirationde tous les gensquils soient du Nord ou du Sudest dêtretraités également dans le respect et la dignitéet de jouir des mêmes droits en tant que citoyens de ce pays.Dautres questionscomme celles de la décentralisationdes pouvoirs à travers un conseil administratif intérimairede la notion de patriede nationalité et dautodéterminationseront certainement au cur des prochaines discussions qui aurontlieu en Thaïlandeau début de juinentre le Gouvernementde Sri Lanka et les Tigres libérateurs de lEelam tamoul(TLET) (Texte rédigé par quelques retraitants). |